Le Club des avocats au Maroc (CAM), présidé par Mourad Elajouti, hausse le ton dans le dossier opposant le Maroc au Sénégal. À l'occasion du match face au Pérou au Stade de France, un commissaire de justice a été mandaté pour constater les faits liés à la présentation du trophée de la CAN. En amont de l'événement, deux mises en demeure ont été adressées aux principaux acteurs impliqués dans l'organisation. Sont notamment concernés le gestionnaire du Stade de France ainsi que le groupe GL Events, chargé de la logistique. À travers ces courriers, le Club des avocats entend alerter sur les risques juridiques liés à la tenue d'une cérémonie autour d'un titre contesté, estimant que cette initiative pourrait constituer une violation manifeste des règlements internationaux. « En s'affichant publiquement avec un trophée dont elle n'est plus la détentrice légale, la Fédération sénégalaise fournit elle-même la preuve irréfutable de sa mauvaise foi et de son mépris des instances juridictionnelles de la CAF», peut-on lire sur le communiqué. Un commissaire de justice mandaté pour "constater les faits" Dans le prolongement de cette démarche, un commissaire de justice a été dépêché sur place. Sa mission : établir un constat précis et opposable des éléments entourant la célébration. Le Club des Avocats Au Maroc a mandaté un commissaire de justice afin de constater les faits au Stade de France. — Mourad Elajouti (@Elajouti) March 28, 2026 Seront notamment consignés : l'identité des organisateurs présents, les dispositifs visuels et les logos utilisés, ainsi que l'exposition effective du trophée devant le public. Ce procès-verbal sera ensuite transmis à la FIFA, avec pour finalité de saisir sa commission d'éthique et d'engager une éventuelle procédure. Sur le fond, l'argumentaire développé repose sur une qualification juridique claire : celle d'une violation des décisions des instances sportives. « L'infraction de défiance est caractérisée par la violation de l'article 15 du Code disciplinaire de la FIFA, qui sanctionne tout non-respect d'une décision rendue par un organe juridictionnel d'une confédération comme le Jury d'appel de la CAF», précise le Club des Avocats du Maroc. L'infraction de défiance est caractérisée par la violation de l'article 15 du Code disciplinaire de la https://t.co/Iq4FnfQib2 fédération sénégalaise commet un acte de déloyauté et un comportement antisportif tombant sous le coup des articles 11 et 13 du Code d'éthique de la FIFA — Mourad Elajouti (@Elajouti) March 28, 2026 Autrement dit, le fait de célébrer un titre officiellement retiré pourrait être interprété comme un acte de défi à l'autorité des instances. La Fédération sénégalaise dans le viseur La Fédération sénégalaise de football (FSF) est explicitement mise en cause dans cette démarche, accusée d'entretenir une confusion volontaire autour de son statut de champion. « En organisant une cérémonie pour un titre révoqué, la Fédération sénégalaise commet un acte de déloyauté et un comportement antisportif. » Les auteurs évoquent également une possible violation des articles 11 et 13 du Code d'éthique de la FIFA, relatifs à l'intégrité et au respect des institutions. Cette initiative intervient alors que le dossier est toujours en cours devant le Tribunal arbitral du sport, saisi par la partie sénégalaise pour contester la décision de la CAF. Selon les initiateurs de l'action, cette mise en scène publique pourrait se retourner contre le Sénégal : « La célébration prévue constitue une erreur stratégique majeure, une véritable épée de Damoclès qui pèsera lors de l'examen du fond du dossier. » Une lecture particulièrement sévère, qui illustre la montée en tension autour de cette affaire. Une bataille désormais institutionnelle Ce nouvel épisode confirme que le conflit dépasse largement le cadre du terrain. Entre droit, communication et rapports de force institutionnels, l'affaire Maroc–Sénégal s'inscrit désormais dans une confrontation globale. « Ce comportement d'insubordination institutionnelle pèsera lourd dans la balance des arbitres du TAS », souligne le CAM. À l'approche du verdict, chaque geste, chaque prise de position et chaque événement public devient un élément stratégique dans un dossier aussi explosif que symbolique.