C'était le premier objectif. Les deux matchs amicaux disputés par l'équipe de football du Maroc ont le mérite de tourner la page. Non pas d'effacer la douleur encore vive de la finale malheureuse de la CAN, mais d'amorcer un nouveau cycle, plus apaisé, résolument tourné vers l'avenir. La joie des joueurs après le deuxième but face au Paraguay et aussi lors de l'égalisation contre l'Equateur, a mis du baume au cœur des supporters marocains, privés de célébration après la désillusion continentale. Au-delà des résultats, c'est surtout l'empreinte du nouveau sélectionneur qui retient l'attention. Sa communication, claire, précise et sans polémique, contribue à apaiser l'opinion publique et à éviter les «bad buzz» sur les réseaux sociaux. Sur le terrain, Ouahbi a multiplié les essais, assumé ses choix et esquissé les contours d'un projet de jeu qui lui est propre. Surtout, il a adressé un message fort : la sélection sera ouverte et la performance primera sur les statuts établis. À l'approche de la prochaine Coupe du monde, le Maroc n'avancera ni en outsider ni en favori absolu. Fort de son statut de demi-finaliste au Qatar et désormais installé dans le top 10 mondial, il sera attendu, observé et redouté. Les grandes nations, à commencer par le Brésil en quête de renouveau, auront à cœur de faire tomber les Lions de l'Atlas. Mais une compétition de ce niveau exige profondeur et résilience. Le Maroc doit encore élargir son groupe et réduire sa dépendance à certains cadres. Plus que jamais, l'unité et la concurrence saine seront déterminantes. Il est temps, désormais, de laisser les polémiques derrière nous. L'essentiel est ailleurs : dans le jeu, dans l'ambition et dans la capacité à écrire une nouvelle page de l'histoire du football marocain. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO