Le Maroc confirme sa place de leader mondial dans l'importation de thé chinois. Selon les dernières données douanières, le Royaume a absorbé à lui seul 15% des ventes totales de thé de la Chine au mois de février dernier, devançant largement le Japon et les Etats-Unis. Une position de choix qui reflète l'ancrage profond de la consommation de thé dans les habitudes marocaines, mais aussi la qualité des relations commerciales entre Rabat et Pékin. Sur les terres arides du Sahara comme dans les salons feutrés des villes impériales, une même tradition rassemble les Marocains : celle du thé à la menthe, préparé avec soin et offert en signe d'hospitalité. Derrière ce rituel quotidien se cache une réalité économique massive. La Chine, premier producteur mondial de thé, voit ses exportations conquérir les marchés internationaux, et le Maroc en est le premier bénéficiaire. Selon les données de février 2026, le Royaume a représenté 15% des ventes totales de thé chinois, loin devant le Japon et les Etats-Unis, mais aussi devant d'autres pays africains comme la Mauritanie et la Côte d'Ivoire, qui ont chacune capté 7% des exportations de Pékin. L'Allemagne, quant à elle, a acheté 5%, tandis que la Russie, malgré une augmentation significative de ses importations (environ 40%), n'a représenté qu'un peu plus de 3% du total, pour une valeur de 3,5 millions de dollars. Des exportations chinoises en forte hausse Les statistiques douanières chinoises confirment la bonne santé du secteur. En 2025, la Chine a exporté du thé pour une valeur totale de 1,55 milliard de dollars, en hausse de 8,9% par rapport à l'année précédente. Le volume des quantités exportées a, lui, progressé de 11,9%, atteignant environ 419.000 tonnes. Une croissance portée par l'augmentation de la production dans les grandes provinces productrices : Zhejiang, Anhui, Hunan, Hubei, Fujian, Jiangxi, Henan, Yunnan, Guizhou et Sichuan. Le Zhejiang se classe en tête avec plus de 185.000 tonnes de thé exportées, pour une valeur de 560 millions de dollars. Suivent l'Anhui (74.000 tonnes, 280 millions de dollars) et le Hunan (56.000 tonnes, 160 millions de dollars). Ces chiffres illustrent l'importance stratégique de cette filière pour l'économie chinoise. Le Maroc, leader incontesté En 2025, le Maroc a été le premier acheteur de thé chinois, suivi par le Sénégal, la Malaisie, la Mauritanie, le Ghana, la Côte d'Ivoire, les Etats-Unis, le Japon, l'Ouzbékistan et l'Algérie. À eux dix, ces pays ont représenté 60,5% de la valeur des exportations chinoises de thé. Le Royaume confirme ainsi son rôle de plaque tournante pour ce produit en Afrique du Nord. Par ailleurs, la Chine n'est pas seulement exportatrice. Elle a également importé pour 1,8 milliard de dollars de marchandises liées au thé l'an dernier, soit une hausse de 17,2%, pour plus de 6 000 tonnes. Ses fournisseurs principaux sont le Sri Lanka, l'Inde, le Vietnam, le Kenya, Taïwan, la Thaïlande, la Pologne, le Burundi, l'Ouganda et le Myanmar, qui concentrent 92,6% des achats chinois. Une relation commerciale ancrée Cette position de premier importateur résulte d'une longue tradition de consommation, mais aussi d'accords commerciaux solides entre le Maroc et la Chine. Le Royaume, qui a rejoint l'initiative « la Ceinture et la Route » en 2017, bénéficie de liens économiques étroits avec Pékin. Les échanges bilatéraux ne cessent de croître, et le thé en est un des symboles les plus parlants. Dans les médinas de Fès, de Marrakech ou de Casablanca, les marchands de thé continuent d'importer des cargaisons entières depuis les provinces chinoises. Chaque année, des centaines de conteneurs de thé vert traversent les océans pour rejoindre les ports marocains, avant d'être infusés dans les bouilloires en argent des familles. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO