En octobre dernier, à l'ouverture de la dernière année législative de cette mandature, le Roi Mohammed VI avait été on ne peut plus clair. Il appelait les parlementaires à un «travail plus appliqué et plus efficace» pour «mener à bonne fin les processus législatifs» et «plaider la cause des citoyens». Il indiquait, surtout, qu'il ne saurait y avoir «ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux». Six mois plus tard, alors que s'ouvre la session de printemps, la toute dernière avant les élections du 23 septembre, ce message royal ferme résonne comme un ultime avertissement. Car l'heure n'est plus aux discours, mais aux résultats. Pourtant, des textes structurants sont encore en souffrance. Certains n'ont même pas été déposés, d'autres patientent dans les tuyaux parlementaires. Quant au dialogue social, il doit entamer un ultime round dans un climat mitigé. Et alors que la majorité vante un bilan «positif à différents niveaux», l'opposition déroule son chapelet de critiques. Chacun est dans son rôle, après tout. Mais au-delà des postures politiques et du stress des élections qui approchent, se joue la question essentielle de savoir ce qui restera de la législature 2021-2026. Le Roi avait prévenu que la modernisation du pays ne doit pas se faire au détriment des plus vulnérables et que la réforme du droit ne doit pas se faire sans les partenaires sociaux. Cette session de printemps sera le test. Les députés, majorité comme opposition, ont rendez-vous avec leurs responsabilités. Car les Marocains ne retiendront pas les joutes oratoires. Ils retiendront les lois adoptées, les droits avancés et les protections renforcées. Sur ce point, le Parlement n'a plus aucune excuse. Meriem Allam / Les Inspirations ECO