Le gouvernement a tenu, ce vendredi à Rabat, une nouvelle session du dialogue social central, marquée par la présentation d'un bilan détaillé des réalisations depuis le début du mandat et la réaffirmation de ses engagements en matière d'amélioration des revenus, de protection sociale et de poursuite des réformes, en concertation avec les partenaires sociaux et économiques. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le gouvernement a tenu, sous la présidence du chef du gouvernement, une série de réunions dans le cadre de la session d'avril du dialogue social central, réunissant les centrales syndicales les plus représentatives, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ainsi que la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural. Ces rencontres, organisées conformément à la charte nationale du dialogue social et en application des Hautes directives Royales, ont permis de faire le point sur les réalisations du dialogue social ainsi que sur les engagements des différentes parties. Aussi, cette session intervient dans un contexte marqué par un bilan qualifié de riche, résultant de la mobilisation des partenaires et de la mise en œuvre des accords sociaux, ayant contribué à l'augmentation des revenus, à l'amélioration du pouvoir d'achat et au renforcement de la protection sociale. À cette occasion, le chef du gouvernement a présenté un bilan détaillé des différentes sessions tenues durant le mandat gouvernemental. Salaires en hausse Dans le secteur public, une augmentation générale des salaires de 1.000 dirhams nets mensuels a été accordée en deux tranches aux fonctionnaires des administrations publiques, des collectivités territoriales et des établissements publics. Cette mesure s'ajoute à la hausse des allocations familiales, à l'amélioration du quota de promotion et à l'augmentation du salaire minimum dans ce secteur, pour un coût annuel dépassant 14,8 milliards de dirhams (MMDH). Le gouvernement a également mis en œuvre, dans le cadre du dialogue social sectoriel, des mesures spécifiques ayant bénéficié notamment aux secteurs de l'Education nationale (plus de 18,47 MMDH), de la Santé (environ 4 MMDH) et de l'Enseignement supérieur (2 MMDH par an). Ces mesures ont permis de porter le salaire moyen net dans le secteur public de 8.237 dirhams en 2021 à 10.600 dirhams en 2025, soit une hausse d'environ 29%. Le salaire minimum mensuel net a, quant à lui, été relevé de 3.258 dirhams à 4.500 dirhams. Le coût global annuel des mesures en faveur du secteur public, y compris celles liées à la révision de l'impôt sur le revenu, atteindra près de 48,3 MMDH en 2026 et devrait s'élever à 49,7 MMDH en 2027. Dans le secteur privé, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans les activités non agricoles a été augmenté de 20%, passant de 2.828,71 dirhams avant 2021 à 3.422,72 dirhams à compter du 1er janvier 2026, soit une hausse de 594,01 dirhams. Le SMAG, applicable aux activités agricoles, a pour sa part été relevé de 25%, passant de 1.994,2 dirhams à 2.533,44 dirhams à partir du 1er avril 2026, soit une augmentation de 539,24 dirhams. Protection sociale Sur le volet de la protection sociale, les assurés totalisant 1.320 jours de cotisations peuvent désormais bénéficier, pour la première fois, d'une pension de vieillesse, après la réduction du seuil requis de 3.240 à 1.320 jours, avec effet rétroactif au 1er janvier 2023. Les assurés n'atteignant pas ce seuil, ou leurs ayants droit en cas de décès, peuvent récupérer la part patronale des cotisations en plus de la part salariale. Par ailleurs, une révision de l'impôt sur le revenu a été opérée pour les travailleurs des secteurs public et privé, pour un coût de plus de 7,6 MMDH, permettant une amélioration des revenus de plus de 400 dirhams. Le gouvernement a indiqué que les discussions se poursuivront sur cette réforme. Réformes engagées En réponse aux revendications des partenaires sociaux et économiques, l'Exécutif a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mise en œuvre des engagements des accords sociaux et d'ouvrir des discussions sur les questions d'actualité. Il s'est engagé à accélérer les concertations concernant les statuts particuliers de certaines catégories professionnelles, notamment les ingénieurs, administrateurs et techniciens, en vue d'améliorer leurs conditions de travail avant la fin du mandat. Il a également été convenu de modifier le Code du travail afin de réduire la durée quotidienne de travail de 12 à 8 h pour les agents de gardiennage employés par des entreprises du secteur, avec une entrée en vigueur prévue en 2027. S'agissant de la réforme des régimes de retraite, la Commission nationale dédiée a tenu une réunion pour élaborer une vision globale, tandis que la commission technique a engagé des travaux portant sur la méthodologie et le diagnostic financier des régimes. Le gouvernement a également annoncé l'ouverture d'un débat sur la situation des retraités percevant des pensions inférieures au seuil minimal de salaire. Enfin, une nouvelle structure sera mise en place pour la gestion de la formation professionnelle continue dans le secteur privé, afin d'en améliorer la gouvernance et les mécanismes de gestion. Le gouvernement a souligné que la pérennisation de l'institutionnalisation du dialogue social repose sur la régularité du dialogue sectoriel, appelant l'ensemble des départements ministériels à poursuivre les concertations avec les partenaires sociaux et économiques pour répondre aux attentes des travailleurs.