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Arts plastiques : Ilias Selfati fait fleurir le papier
Publié dans Les ECO le 17 - 04 - 2026

Entre hommage discret et réinvention personnelle, Ilias Selfati investit la Villa des Arts de Casablanca du 21 avril au 31 mai 2026. Sous le commissariat de Jamal Abdennassar, «Papers Blooming in a forest» tisse une rencontre fragile entre la peinture de l'artiste et celle d'Henri Matisse, dont le séjour à Tanger en 1912 est moins une référence qu'un point de départ recomposé.
Du 21 avril au 31 mai prochains, la Villa des Arts de Casablanca accueille «Papers Blooming in a forest», une exposition personnelle de l'artiste Ilias Selfati, sous le commissariat de Jamal Abdennassar. L'événement s'annonce comme une expérience sensible où la peinture, le dessin et la sculpture dialoguent sans jamais se figer. Ilias Selfati n'y propose pas une rétrospective ni une démonstration. Il installe plutôt un espace suspendu, une clairière où l'histoire de la peinture ne se cite pas mais se rejoue, par déplacements successifs. L'artiste convoque discrètement Henri Matisse et son célèbre séjour à Tanger en 1912. Pourtant, il ne s'agit ni d'une référence stabilisée ni d'un modèle à imiter.
Ce moment historique devient, sous le pinceau de Selfati, un simple point de condensation, une origine instable et ouverte à la reconfiguration. Matisse n'est pas regardé, mais résonné. Les deux pratiques entrent ponctuellement en résonance sans jamais se superposer, laissant place à une zone de contact fragile. La fenêtre, motif central de la modernité picturale, est ici déplacée vers une fonction opératoire. Elle n'est plus une ouverture sur le monde, mais la condition de possibilité du regard lui-même. Héritée des constructions perspectivistes de la Renaissance, elle se trouve désactivée en tant qu'outil de maîtrise de l'espace. Elle devient un lieu d'indécision, un seuil où les catégories d'intérieur et d'extérieur cessent d'être pertinentes. Les œuvres de Selfati procèdent par densification : la surface picturale ne s'organise pas autour d'un motif central, mais comme un champ d'intensités où formes et figures émergent sans se fixer.
Certaines présences traversent l'ensemble du travail de l'artiste sans jamais se laisser identifier pleinement. Elles relèvent d'une volonté d'apparition insaisissable, située entre mémoire et projection, entre réminiscence et invention. Ce qui importe n'est pas leur reconnaissance, mais leur persistance, une manière de maintenir ouverte leur capacité de mutation.
Dans les dessins de Selfati, souvent plus immédiats, l'instabilité apparaît à l'état brut. Le trait y agit comme une ligne de tension, une tentative de saisie toujours en train de se dérober. La peinture, quant à elle, absorbe ces lignes, les épaissit, les recouvre ou les laisse affleurer, construisant des strates où le visible se constitue par accumulation et effacement. Quant aux pièces tridimensionnelles, elles prolongent ce mouvement sans jamais le figer. Elles ne viennent pas illustrer la peinture, mais en déplacent le propos dans l'espace : ce qui, sur la toile, relevait d'une apparition incertaine devient volume ambigu, présence à la fois affirmée et insaisissable. On y retrouve des formes évoquant le vivant – notamment animales ou végétales – sans qu'elles se laissent assigner à une identité précise.
Ces figures, récurrentes dans son travail, circulent d'un médium à l'autre, comme si elles appartenaient à un réservoir d'images en transformation continue. Le travail de Selfati devient ainsi un lieu de formation, voire de transformation. Il ne montre pas un monde : il en constitue la possibilité. L'exposition «Papers Blooming in a forest» n'offre ni une lecture historiciste ni une généalogie. Elle ouvre un champ de relations où la peinture se pense à partir de ses propres écarts.
Entre Henri Matisse et Ilias Selfati, il n'y a ni filiation ni rupture, mais une zone de contact fragile, où deux pratiques séparées par le temps interrogent chacune à leur manière ce que peut encore signifier peindre. Ici, la peinture se maintient comme une expérience critique : non pas affirmation d'un langage, mais mise à l'épreuve de ses propres limites. Le vernissage aura lieu le mardi 21 avril à partir de 19h00.
Pratique
Du 21 avril au 31 mai 2026. Villa des Arts de Casablanca.
Vernissage le mardi 21 avril à partir de 19h00.
Entrée libre.
Mounir Jerradi / Les Inspirations ECO


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