Tanger accueille, ce 15 avril, le lancement du cycle national des 12 rencontres régionales consacrées à «L'énergie décentralisée : levier de souveraineté énergétique, de résilience et de compétitivité socioéconomique». Cet événement sera marqué par la présentation du rapport «IMAL» sur le potentiel des systèmes énergétiques renouvelables décentralisés au Maroc. Dans un contexte mondial marqué par des crises successives et des tensions durables sur l'énergie, liées notamment aux chocs géopolitiques et climatiques, ainsi que par une instabilité énergétique persistante et une forte volatilité des prix, l'Initiative IMAL pour le Climat et le développement organise, en collaboration avec l'AMCDD (Alliance marocaine pour le climat et le développement durable), à Tanger, le lancement du cycle national des 12 rencontres régionales consacrées à «L'énergie décentralisée : levier de souveraineté énergétique, de résilience et de compétitivité socioéconomique». Cet événement, prévu ce 15 avril, sera marqué par la présentation du rapport «IMAL» sur le potentiel des systèmes énergétiques renouvelables décentralisés au Maroc, avec un focus particulier sur la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le secteur énergétique connaît aujourd'hui une transformation profonde. Les investissements mondiaux dans les énergies propres ont dépassé 2.000 milliards de dollars, soit plus du double de ceux consacrés aux énergies fossiles, confirmant l'accélération de la transition vers des systèmes énergétiques décentralisés, désormais considérée comme une tendance structurelle irréversible Défis majeurs En raison de sa forte dépendance aux importations des combustibles fossiles pour ses besoins énergétiques (plus de 90%), le Maroc fait face à des défis majeurs : contraintes budgétaires, déficit énergétique, perte de compétitivité et recul du pouvoir d'achat des citoyens. Dans ce contexte, en soutien aux efforts et programmes de l'état, le développement de l'énergie décentralisée et citoyenne apparaît comme une solution stratégique pour renforcer la souveraineté énergétique, la résilience territoriale et la création d'emplois locaux. Le rapport «IMAL» sur le potentiel de l'énergie décentralisée au Maroc met en évidence un potentiel particulièrement structurant à l'échelle nationale à travers différents scénarios de déploiement de photovoltaïque sur les toitures, scénarios qui seront présentés et approfondis lors de la rencontre de Tanger. À l'horizon 2035, il calcule les opportunités d'un scénario médian : 17,15 GW de capacité installée, une production de 40,1 TWh et un marché estimé à 18,65 milliards USD, avec à la clé une réduction significative des émissions de CO2 et la création des dizaines de milliers d'emplois. Nord du Maroc À l'échelle de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ces perspectives se traduisent par des opportunités concrètes en matière d'investissement, d'emplois et de transition énergétique territoriale, avec des résultats chiffrés prometteurs : dans le scénario médian, il serait possible d'achever le déploiement de 1,63 GW sur toitures à Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Cela permettrait de générer 2,94 TWh, soutenant un marché estimé à 1,64 milliard USD, qui contribuerait également à maintenir près de 2.000 emplois à l'horizon 2030. L'événement permettra de présenter les hypothèses, scénarios et leviers d'action pour transformer le potentiel énergétique en projets concrets au service des territoires et des citoyens. Il vise à diffuser les résultats du rapport IMAL, à vulgariser la Loi 82-21 sur l'autoproduction d'électricité et à renforcer le dialogue entre institutions, secteur privé et société civile. Organisée dans le programme de cette rencontre, cette démarche combinera une mise en perspective des enjeux énergétiques, la présentation du potentiel régional, un éclairage sur le cadre juridique et une table ronde multi-acteur. À travers cette initiative, IMAL et l'AMCDD ambitionnent de soutenir une transition énergétique décentralisée, inclusive et territorialisée, contribuant au positionnement du Maroc comme acteur clé de la transition énergétique. Energies propres : le modèle du nord du Maroc Le nord du Maroc connaît un développement rapide des énergies renouvelables, notamment grâce à son fort potentiel éolien. Les régions de Tanger, Tétouan et Fahs-Anjra bénéficient de vents puissants et réguliers, favorisant l'implantation de grands parcs éoliens. Le programme «Nassim Nord», d'une capacité d'environ 400 MW, illustre cette dynamique avec des projets situés à Koudia Al Baida et Dar Chaoui. Par ailleurs, d'autres projets sont en cours de réalisation pour renforcer cette production, avec des parcs pouvant atteindre 200 MW. Ces initiatives s'inscrivent dans la stratégie énergétique nationale visant à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% du mix électrique d'ici 2030. Ainsi, le nord du Royaume devient un pôle stratégique de la transition énergétique, contribuant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à promouvoir un développement durable. Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO