La vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, a indiqué que la proposition marocaine d'autonomie au Sahara était «une solution des plus réalisables» pour le règlement du différend régional. Reçue par le chef de la diplomatie marocaine, elle a par ailleurs annoncé le renforcement de la coopération entre Rabat et Bruxelles. La vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas et le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita ‹ › En visite de travail au Maroc, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, a souligné que la proposition d'autonomie au Sahara, sous la souveraineté du royaume, était «une solution des plus réalisables» pour solutionner le différend régional. Reçue ce jeudi à Rabat par le ministre marocain des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, la responsable a souligné que l'UE appelait les différentes parties à «participer aux discussions sans conditions préalables et sur la base du plan d'autonomie proposé par le Maroc, afin de parvenir à une solution politique définitive», dans un communiqué conjoint à la suite des entretiens. A quelques jours de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, l'UE s'est également félicitée de la volonté de Rabat de développer les déclinaisons de cette autonomie. Par la même occasion, la déclaration salue l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, en appui aux efforts du secrétaire général de l'ONU et de son envoyé personnel pour des négociations fondées sur la proposition marocaine. Lors du point de presse ayant suivi ces entretiens, Kaja Kallas a rappelé que l'ONU avait «annoncé un changement de position en début d'année», ce qui reflète «les progrès significatifs accomplis avec la résolution du Conseil de sécurité, qui appelle à des renégociations sur la base du plan d'autonomie présenté par le Maroc». «Cela souligne également le soutien constant de l'Union européenne au processus mené par les Nations unies. Les accords récents, notamment les pourparlers facilités par les Etats-Unis et l'ONU, sont encourageants.» Kaja Kallas Kaja Kallas s'est rendue au Maroc dans un contexte où les deux parties travaillent notamment à l'élaboration de l'Agenda bilatéral pour les chantiers stratégiques de la coopération maroco-européenne. Cette dynamique, bénéficiant de la position exprimée, confirme un rapprochement des points de vue dans divers domaines. Vers une coopération renforcée Dans ce sillage, Nasser Bourita a rappelé que la semaine dernière, le déplacement de la vice-présidente exécutive de la Commission européenne en charge de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, Henna Virkkunen, au Maroc, avait permis d'établir un nouveau partenariat dans ce domaine. Outre l'accord entre les universités, le ministre marocain de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation, Azzedine El Midaoui, s'est quant à lui entretenu avec la commissaire européenne en charge de la recherche et de l'innovation, Ekaterina Zaharieva. A Bruxelles, cette visite a été l'occasion de signer la deuxième étape du Partenariat pour la recherche et l'innovation dans la région méditerranéenne (PRIMA), pour les domaines de l'eau et de l'agriculture. C'est dans ce contexte que le chef de la diplomatie marocaine souligne que les entretiens avec Kaja Kallas ont «une fois de plus démontré l'existence d'un dialogue sur de nombreux sujets, témoignant ainsi de la profondeur du partenariat entre le Maroc et l'Union européenne». «Nous nous sommes accordés aussi sur la mise en œuvre d'un document, dans lequel nous avons décidé d'engager des pourparlers sur l'avenir du partenariat entre le Maroc et l'UE, afin de parvenir au plus vite à un cadre de partenariat stratégique renforcé, au cours des prochaines années.» Nasser Bourita Par ailleurs, les deux parties ont convenu d'approfondir la coopération aux niveaux international et régional, en mettant en place plusieurs initiatives communes au service des droits humains, de la paix, de la sécurité et de la stabilité mondiale. Les moyens de renforcer la coopération et le dialogue au sein des cercles d'experts communs, en Méditerranée, au Sahel africain et dans l'Atlantique, ont également été à l'ordre du jour. Des décisions tournées vers l'avenir des relations Maroc-UE Kaja Kallas a quant à elle souligné que le Maroc était un partenaire «fiable et stratégique» pour l'UE, qui est le premier partenaire commercial et premier investisseur étranger dans le royaume. Abordant le renforcement de cette dynamique, la responsable a mentionné «un nouveau partenariat stratégique axé sur le commerce, l'investissement et l'immigration», en phase avec un «engagement politique décliné en résultats concrets». «Dans des domaines tels que la transition écologique, l'éducation et l'investissement, nous avons déjà parcouru un long chemin. Nous mettons en place de nouveaux programmes axés sur les compétences, l'entrepreneuriat et l'amélioration du climat des affaires.» Kaja Kallas Récemment, les deux parties ont aussi lancé un nouveau dialogue sur le numérique, orienté vers l'intelligence artificielle, les infrastructures et l'innovation. Kaja Kallas a enfin rappelé le rôle du Maroc dans le développement de la coopération régionale, notamment par sa contribution au Pacte pour la Méditerranée.