Près de 8.000 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur les routes migratoires en 2025, selon le rapport annuel de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un chiffre en légère baisse par rapport au record de 9.200 enregistré en 2024, mais que l'organisation refuse de présenter comme un progrès. «Les près de 8.000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l'aggravation d'un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables», tranche l'OIM dans son rapport annuel présenté mardi à Genève. Depuis que l'organisation a commencé à recueillir ces données en 2014, plus de 80.000 migrants sont morts ou ont été portés disparus dans le monde. À ce bilan s'ajoutent environ 1.500 personnes supplémentaires présumées mortes, non encore officiellement comptabilisées. Et depuis le début de l'année 2026, l'OIM a déjà enregistré 1.723 nouveaux cas. La Méditerranée et l'Atlantique, toujours les routes les plus meurtrières Sur les routes maritimes vers l'Europe, 3.400 morts et disparitions ont été recensés en 2025, soit 43% du bilan mondial. La Méditerranée centrale reste la route la plus meurtrière avec 1.330 décès, suivie de près par la route Afrique de l'Ouest vers les îles Canaries, où plus de 1.200 morts ont été vérifiées. En Asie, l'OIM signale un nombre de décès sans précédent, parmi lesquels des centaines de Rohingyas et d'Afghans. «Ceux qui fuient les conflits et les persécutions continuent d'être exposés à des risques mortels», a déclaré Maria Moita, directrice du département Réponse humanitaire à l'OIM. Une baisse trompeuse, en partie liée au sous-recensement La diminution globale des chiffres par rapport à 2024 mérite d'être nuancée. Sur le continent américain, les décès ont chuté de 1.272 en 2024 à 408 en 2025 — une baisse spectaculaire que l'OIM attribue en partie au durcissement de la politique migratoire américaine et à la fermeture de la frontière sud. Mais l'organisation met en garde : «Une diminution des arrivées à un endroit donné ne signifie pas que moins de personnes se déplacent, ni que la migration est devenue plus sûre. Dans de nombreux cas, les risques deviennent simplement moins visibles.» Les données de fin d'année sur les décès à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique n'ont d'ailleurs été communiquées par aucun des deux pays. Les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires chargés de documenter les décès constituent un autre facteur explicatif de la baisse apparente des chiffres.