L'INRA a signé trois conventions-cadres au SIAM de Meknès pour promouvoir l'agriculture de conservation et le semis direct. Objectif national : passer de 200.000 à 1 million d'hectares d'ici 2030. L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a signé jeudi à Meknès, en marge du SIAM, trois conventions-cadres de partenariat avec des acteurs nationaux, couvrant la promotion d'une agriculture durable et de conservation ainsi que le renforcement de la diffusion des technologies du semis direct. Ces partenariats ambitionnent de procéder à un glissement progressif vers la réduction du travail du sol, la couverture végétale permanente, le renforcement de la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique et l'amélioration de la productivité. Promouvoir l'agriculture de conservation La première convention a été paraphée par la directrice de l'INRA, Lamiae Ghaouti, et le président de l'Association AMAC. Elle vise à établir un cadre structurant la collaboration entre les deux parties pour renforcer la promotion, l'adoption et la diffusion des pratiques de l'agriculture de conservation au Maroc. Concrètement, l'INRA et l'AMAC s'engagent à mettre en place des parcelles pilotes dans différentes zones agro-écologiques du Royaume, à renforcer les capacités des agriculteurs et techniciens à travers des formations et actions de sensibilisation, à faciliter les partenariats et projets de coopération, et à concevoir conjointement des projets scientifiques et techniques. Lamiae Ghaouti a souligné que ce programme revêt une importance capitale pour le Maroc, car il constitue «un levier majeur de résilience face au changement climatique». Actuellement adopté sur plus de 200.000 hectares, le semis direct s'inscrit dans l'objectif national d'atteindre 1 million d'hectares à l'horizon 2030. Elle a également salué l'engagement des producteurs, motivé par la productivité supérieure et la rentabilité de cette méthode, particulièrement en période de sécheresse. Le vice-président de l'AMAC, Jalil Eddaoudi, a affirmé que cette signature marque «une étape clé pour l'avenir des grandes cultures au Maroc», insistant sur le fait que l'alliance entre la recherche et les organisations de terrain est indispensable pour garantir une agriculture plus résiliente et performante. Partenariat avec AGENDA : promouvoir une agriculture durable La deuxième convention a été signée entre Ghaouti et le président de l'Association Agriculture, Environnement et Développement pour l'Avenir (AGENDA), Mohamed El Mourid. Dans ce cadre, l'INRA mobilisera son expertise scientifique en matière de recherche agronomique et de transfert de technologies, tandis qu'AGENDA mettra à contribution son expérience de terrain, son réseau d'agriculteurs et son savoir-faire en matière d'accompagnement et de sensibilisation. El Mourid a souligné que cette collaboration est essentielle pour concrétiser l'ambition nationale d'atteindre un million d'hectares en semis direct d'ici 2030. «Cette technologie apporte un véritable espoir aux agriculteurs marocains en offrant une réponse concrète aux défis du changement climatique, de la sécheresse et du stress hydrique», a-t-il affirmé. Renforcer la diffusion du semis direct Enfin, Lamiae Ghaouti a signé une troisième convention avec la société GGAGRI, visant le renforcement de la diffusion des technologies du semis direct et la promotion des systèmes de production agricoles résilientes. Ce partenariat consolide les acquis des collaborations précédentes, notamment à travers le développement d'un «Living Lab» dans la plaine d'Abda (province de Safi). Les deux partenaires s'engagent à conduire conjointement des actions de recherche-développement, à mettre en œuvre des systèmes de culture innovants adaptés aux conditions agroclimatiques locales, à organiser des démonstrations sur le terrain et à promouvoir les résultats issus de ce partenariat auprès des professionnels. L'ensemble de ces partenariats s'inscrit dans la dynamique nationale visant à généraliser les pratiques agricoles résilientes face au changement climatique. Actuellement déployé sur plus de 200.000 hectares, le semis direct est présenté par l'INRA comme une solution concrète pour faire face à la sécheresse récurrente et au stress hydrique. L'objectif affiché est d'atteindre 1 million d'hectares à l'horizon 2030.