Ceux-ci n'existent que depuis 2004 au Maroc l La couverture du risque non encore perçue comme une nécessité Le risque de change a de quoi déstabiliser aussi bien les grandes sociétés que les PME. En effet, à partir du moment où une transaction est tributaire d'une devise ou du cours d'une matière première, la prudence recommande de se prémunir contre le risque de change, grâce à des produits dérivés. Le marché financier marocain a introduit ceux-ci en 2004, mais depuis, quelle utilisation en a été faite? C'est la question à laquelle a essayé de répondre l'AMTE (Association marocaine des trésoriers d'entreprise), à travers un débat organisé à la fin de la semaine précédente. Une question tout à fait légitime, vu le marasme financier qui a ébranlé l'économie mondiale entre 2008 et 2009. Les produits dérivés existent depuis 2004 au Maroc, date à laquelle deux circulaires de Bank Al-Maghrib et de l'Office des changes ont donné aux banques la possibilité d'offrir à leurs clients des solutions contre les risques de change. «Au- delà de la simple question de l'opportunité de la couverture, nombre d'entreprises ont commencé à se poser des questions sur le moment idéal pour se couvrir. Celui-ci peut différer selon l'activité de l'entreprise», explique un professionnel. Et d'ajouter que «la réflexion sur les aspects de couverture doit se faire en interne, à travers une lecture spécifique du business concerné». L'engouement n'y est pas encore Cependant, les produits dérivés demeurent encore peu utilisés, leurs mécanismes étant complexes et encore relativement peu connus. Rien d'étonnant dès lors à ce que certaines entreprises passent outre ces produits et continuent donc d'acheter et de vendre leurs devises et matières premières en faisant fi de toute gestion prévisionnelle. De plus, le coût de ces services est souvent considéré comme dissuasif. Le tarif à payer est généralement vu comme une charge sur les deniers de l'entreprise, au lieu d'une assurance contre les fluctuations négatives des cours. Les professionnels considèrent néanmoins que l'utilisation des dérivés évolue positivement d'une année à l'autre. Principales dispositions Les circulaires de BAM et de l'Office des changes ont posé les jalons d'une réglementation de base pour les produits dérivés, et qui sera probablement amenée à évoluer avec l'état du marché. Ainsi, les banques sont autorisées à intervenir sur les marchés réglementés et organisés pour le compte de leurs clients. Ces derniers peuvent avoir recours aux courtiers-négociateurs internationaux ou aux banques nationales. La compensation des opérations devra se faire auprès d'un compensateur unique. Préalablement à toute opération de couverture, un compte multidevises ad hoc devra être ouvert auprès d'une banque marocaine. Ce compte devra enregistrer l'intégralité des flux financiers relatifs à l'opération (dépôt de garantie, appels de marge, primes reçues ou versées). Par ailleurs, le montant des opérations de couverture réalisées par la clientèle ne doit pas excéder en fin d'exercice le volume moyen enregistré sur la base des trois derniers chiffres d'affaires. Les banques intermédiaires agréées doivent définir les risques-crédit autorisés sur chaque client et émettre des garanties à due concurrence en faveur du seul courtier compensateur sélectionné.