Les nuages se dispersent, le soleil apparaît et les manches se retroussent enfin pour le traditionnel ménage de printemps. Au milieu de cette guerre lancée contre le désordre et la saleté, nombreuses sont les boîtes à médicaments qui sont retrouvées par les fées du logis. Des médicaments le plus souvent périmés. Que faut-il en faire ? Le réflexe acquis par certains est de vider le contenu de ces boîtes dans les toilettes ou la poubelle. Grave erreur écologique ! D'autres les laisseront traîner parmi des médicaments toujours actifs, mettant en danger la santé de leur famille. « Le plus souvent, à la maison, on ne retrouve pas de médicaments utiles comme le paracétamol ou un rouleau de sparadrap », déplore le Dr. Toufik Lahlou, pharmacien et ancien président de l'Ordre national des pharmaciens. « Les gens ne respectent pas la durée de leur traitement lorsqu'ils tombent malades et l'arrêtent dès qu'ils se sentent mieux. Puis, ils gardent la boîte entamée, pour la réutiliser une autre fois ». Sans prêter attention à la date de péremption. Protection de l'environnement et de la santé Ainsi, au-delà de la protection de l'environnement, le bon rangement des comprimés, suppositoires et autres sirops, est essentiel pour éviter les confusions ou les ingestions accidentelles. En France, un kit est disponible dans les pharmacies, encourageant chacun à effectuer un tri de ses médicaments. Au Maroc, le citoyen ne sait pas trop quoi faire de ce danger en boîte et de ces substances actives qui menacent tant l'environnement que la santé publique. « Si aucune campagne n'est réalisée à l'échelle nationale pour encourager chacun à remettre ses médicaments à la pharmacie, chaque pharmacien le fait à son niveau. Mais il est rare que les gens le fassent », se désole le Dr Lahlou. Déchets pharmaceutiques Le pharmacien se doit donc de jouer un rôle de conseiller, pour orienter les choix des patients et décourager ainsi l'automédication qui fait fureur dans notre pays. Pour insister sur la dangerosité des médicaments périmés, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) les a même qualifiés de « déchets pharmaceutiques », divisés en quatre catégories distinctes. « Tous les sirops ou collyres dont l'emballage a été ouvert (qu'ils soient périmés ou non), tous les médicaments non périmés mais endommagés au cours de la chaîne du froid (insuline, vaccins), tous les comprimés et capsules en vrac ou à l'unité, et tous les tubes de crème, onguent, etc. dont l'emballage est ouvert (qu'ils soient périmés ou non) » sont à rendre au pharmacien. Le Dr Lahlou ajoute dans ce sens que « même pour les médicaments pour lesquels aucune date de péremption n'a été établie, une durée de validité de cinq ans a été appliquée ». C'est dire le danger que représentent les médicaments lorsqu'ils ne sont ni employés pour l'usage qui leur est assigné, ni utilisés au moment opportun.