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Rester prudent face au paludisme
Publié dans Le Soir Echos le 27 - 04 - 2011

Zéro décès dû au paludisme d'ici 2015 ! La date butoir visée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que l'objectif, en lui-même, peuvent paraître ambitieux au vu des ravages que provoquent encore la maladie de par le monde. Pour rappel, cette maladie infectieuse est due à des parasites transmis à l'homme par des piqûres de moustiques infectés. Piqûres qui peuvent être mortelles dans certains cas.
Comme définie par l'OMS, la réduction de l'impact du paludisme inclut non seulement « la lutte contre la maladie, mais comporte également les objectifs liés aux droits et à la santé des femmes et des enfants, à l'accès à l'éducation et à la réduction de l'extrême pauvreté ». Lutter contre ce fléau demande donc, de la part des pays, plusieurs « efforts collatéraux ».
La quinine aux oubliettes
La semaine dernière, l'OMS a annoncé que désormais, c'est l'Artesunate injectable qui est conseillé pour traiter les enfants atteints de paludisme. Il a en effet été jugé plus efficace et plus facile à administrer que la quinine injectable, ordinairement utilisée pour traiter ces mêmes enfants. C'est ce qui ressort d'études réalisées dans huit pays africains, et dont les résultats ont été divulgués en novembre 2010. Etudes qui ont ainsi montré que la mortalité des enfants traités avec de l'Artesunate était de 22,5% inférieure à celle des enfants qui avaient reçu de la quinine, ancien traitement préconisé. En Afrique, un enfant meurt toutes les 45 secondes du paludisme, qui est à l'origine de près de 20% de l'ensemble des décès d'enfants.
Si la maladie a été éradiquée au Maroc (voir encadré), quelques rares cas continuent à se déclarer. Le plus souvent, la maladie est « importée » par des voyageurs en provenance de pays où le paludisme guette toujours. Et le nomadisme grandissant des Marocains, d'une part, ainsi que le grand nombre de touristes qui foulent notre sol, d'autre part, poussent à la précaution. Sans parler des changements climatiques qui pourraient accroître le nombre de moustiques et qui, parmi eux, comporteraient des moustiques vecteurs de la maladie.
Le fléau éradiqué au Maroc
Depuis le lancement au Maroc, en 1965, du programme de lutte contre le paludisme, le nombre de cas autochtones est passé de 30 893, en 1963, à un millier de cas vers la fin des années 1980. Les efforts fournis ont également permis d'éradiquer, en 1973, l'espèce « Plasmodium falciparum » qui est responsable du paludisme grave. La réduction de l'ampleur de la maladie s'est poursuivie durant les années 1990 avec une baisse importante, aussi bien du nombre de cas que des régions touchées par le paludisme. En 1998, seuls 68 cas autochtones ont été notifiés dans seulement trois provinces. Depuis lors, quatre cas ont été dépistés, en 2003, et un seul cas en 2004, tous résiduels. Et depuis l'année 2005, aucun cas autochtone n'a été dépisté au niveau national. En 2009, l'OMS a décidé d'inscrire le Maroc sur la liste des pays ayant éradiqué ce fléau.
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