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La plupart des films sur l'immigration sont tragiques !
Publié dans Le Soir Echos le 07 - 12 - 2011

Andalousie mon amour, le premier long-métrage de Mohamed Nadif, sera projeté ce mercredi 7 décembre dans la section «Coup de cœur» du Festival international du film de Marrakech (FIFM). Le scénariste Omar Saghi en parle. Entretien.
Le réalisateur Mohamed Nadif a fait appel pour son premier long-métrage au scénariste Omar Saghi.
Vous avez écrit le scénario d'Andalousie mon amour. Comment avez vous conçu la trame de l'histoire ?
C'est l'histoire de plusieurs personnages qui se croisent, collaborent, s'exploitent mutuellement. Avec cette idée centrale, celle d'une arnaque conçue par le maire et l'imam d'un petit village de bord de mer : faire croire à des immigrés qu'ils sont déjà en Europe. J'ai écrit ce scénario en pensant à quelques éléments que partagent tous les Marocains : notre nostalgie « andalouse », la figure tragi-comique du clandestin et les paysages méditerranéens marocains qui surplombent l'Espagne…
Vous avez écrit le scénario d'Andalousie mon amour. Comment avez vous conçu la trame de l'histoire ?
C'est l'histoire de plusieurs personnages qui se croisent, collaborent, s'exploitent mutuellement. Avec cette idée centrale, celle d'une arnaque conçue par le maire et l'imam d'un petit village de bord de mer : faire croire à des immigrés qu'ils sont déjà en Europe. J'ai écrit ce scénario en pensant à quelques éléments que partagent tous les Marocains : notre nostalgie « andalouse », la figure tragi-comique du clandestin et les paysages méditerranéens marocains qui surplombent l'Espagne…
L'immigration clandestine est le sujet central du film. Comment avez-vous procédé pour éviter de tomber dans des redondances, étant donné que ce thème a été largement consommé au cinéma ?
En réalité, il n'est pas si consommé que ça. La plupart des films traitant de l'immigration le font sur un ton tragique, triste et sérieux, alors qu'il y a un potentiel comique énorme, et qui, en plus, donne à réfléchir sur nos rapports à l'Europe, au rêve occidental et à notre propre histoire.
Ce film est le premier long-métrage et la première expérience de Mohamed Nadif en réalisation. Comment s'est déroulée votre collaboration ?
Très bien. Mohamed Nadif est d'abord un homme de théâtre qui sait révéler le potentiel de chaque acteur, exploiter les situations dramatiques, gérer des équipes. J'ai été assistant-réalisateur stagiaire et j'ai appris énormément sur la manière de passer d'un texte à une image.
Nous avons tourné dans plusieurs sites, avec une équipe technique et artistique exceptionnelle. Le public marocain devrait s'intéresser plus à la manière dont se fait un film, aux cadres techniques, à la production, parce que le pays dispose de techniciens de très haut niveau, avec souvent une solide expérience internationale.
La préparation du film a duré deux ans. Quelles sont les difficultés que vous avez dû affronter durant cette étape ?
Faire un film suppose de passer par plusieurs étapes très différentes. Après l'écriture du scénario, il faut monter des dossiers, rassembler les fonds ; ensuite constituer une équipe, planifier le tournage. C'est un processus long mais nécessaire ; et en principe, des institutions sont là pour accompagner ce processus, à commencer par le Centre cinématographique marocain, qui a fourni l'avance sur recettes.
Le scénario fait partie des faiblesses du cinéma marocain. Selon votre perception personnelle, qu'est-ce qui manque pour développer ce métier ?
Il faudrait surtout donner au scénariste sa juste place. Comme l'écrivain-dramaturge pour le théâtre, le scénariste est à l'origine du processus qui aboutit au film, et le scénario est au cœur de la production. La relative méconnaissance du rôle du scénario n'est pas spécifique au Maroc, on la rencontre dans d'autres pays, même ceux qui disposent d'une vieille tradition cinématographique. C'est le rôle des festivals, des jurys, de la presse spécialisée, de mettre plus l'accent sur le scénario et les scénaristes.


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