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« L'œuvre d'art passe par mon corps » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 20 - 04 - 2012

Une sagesse sensuelle et une fragilité pesante se dégagent des œuvres de Safaa Erruas. Dans « Transduction », l'artiste ligote, fend, coupe, brûle et fragmente le tissu, s'aidant de la froideur du métal. Rencontre.
Dans «Transduction», Safaa Erruas préoccupée par les travers du monde, cristallise un univers féminin, truffé d'antagonisme et de tension, à l'Atelier 21 jusqu'au 25 mai.
Les peaux triturées de Safaa Erruas, ses tissus fins incrustés de subtiles chaînettes en argent et en or, de lames de rasoir, d'aiguilles, de fils transparents et de lambeaux de tissus ne sont pas une ode au féminisme. L'élégance féminine de ses monochromes distille plutôt le poids des combats humains. Ses gestes obsessionnels, proches de l'agression, pourtant subtils comme un cri étouffé, créent une symbiose entre fragilité et douce révolte. La peau s'ouvre, puis se referme, dans un ballet incessant, magnifique réceptacle d'une philosophie de vie. Discussion.
De nouveaux éléments viennent émailler vos œuvres dont les lames de rasoir, et les chaînettes en or.
Je travaille sur l'antagonisme, sur des éléments qui s'incrustent et s'agrafent comme les chaînes en argent et en or, symbiose qui crée mon propre langage, comme un travail de fragmentation qui implique des matériaux froids et minimalistes. Il est vrai que c'est la première fois que j'utilise la chaîne en or, en tant qu'élément précieux, que j'ai ajouté aux matériaux fragiles et transparents comme le fil, que j'utilise. Dans les tiroirs qui font figure d'espaces intimes, j'ai laissé les chaînes déborder, comme des volumes qui sortent, pour appuyer la notion de l'espace dans le travail, et créer de petits microcosmes, pour suggérer l'enfermement, ou la protection.
Est-ce aussi une symbolique de femme, comme l'utilisation de l'aiguille et le fil ?
Tout ce que je fais découle de ma sensibilité de femme, c'est sans équivoque. J'aime me voir dans l'œuvre, qui devient une partie de moi. L'œuvre d'art passe toujours par mon corps, et cet aspect-là de tension et de déchirure est omniprésent dans mes œuvres. Comme je suis de Tétouan, travailler sur la broderie est très propre aux femmes du nord, et cette tradition est encore très présente. Je cite, dans ce contexte, l'artiste Marina Abramovic qui réalise des performances et de la photographie, et qui exprime les mêmes préoccupations que moi.
L'omniprésence des formes féminines, voire sexuelles, qui ponctuent vos oeuvres est-elle donc symbole d'une bataille féministe?
C'est une volonté certes, mais ce n'est pas la base de mon travail. C'est la blessure de l'homme en général qui m'intéresse. Mes œuvres sont liées à l'humain, et les surfaces sont comme des corps pour moi, comme la peau qui se place entre le physique et le reste du monde. Je suis très touchée par tout ce qui se passe autour de nous, qui très paradoxal et déchirant pour l'être humain. Il y a des horreurs, des indifférences et des injustices dans le monde et c'est tellement fort qu'on se sent petit et impuissant. On s'empêche d'être heureux, et ceci m'inquiète constamment. Et cette réflexion inclut la dimension intime aussi bien que la dimension universelle.
La cage métallique est le seul élément dénué de blanc, qui imprègne toutes vos oeuvres. Pourquoi avoir opté pour un travail uniquement en métal?
J'ai travaillé sur l'idée de la cage comme espace enfermé, et j'ai créé une ambigüité entre espace fermé et espace ouvert avec des éléments piégés à l'intérieur, des fils qui s'entremêlent et s'enferment, et des épines qui débordent comme pour s'échapper, toujours dans l'idée d'une douce révolte. Comme pour insinuer que le monde arabe a subi une révolution, qui n'en est pas vraiment une.
Vous assez aussi eu recours au papier en coton brûlé, autre élément nouveau ?
Ce travail relève aussi de la fragilité et l'ambiguité. J'ai réalisé des trous brûlés avec du laser sur du papier en coton, un élément nouveau effectivement, pour créer des dessins qui tracent des formes de rasoirs.
Vous avez gravé des chaînes sur le tissu. Un travail subtil dans la forme, mais brutal dans le fond et lourd de sens. C'est l'idée de l'enchaînement, une sorte de tatouage ou de cicatrice à vie. J'ai voulu gravé une vraie chaîne dans le papier, ce qui a coupé littéralement le papier tellement le poids était fort. Pour marquer la peau à vie.


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