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Moralisation publique | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 18 - 07 - 2012

C'est une levée de boucliers que le ministre de la Justice , Mustapha Ramid, a provoquée en annonçant que, désormais, les libertés sexuelles deviendront restrictives. Cette déclaration survient , comme par hasard, à un moment où la même justice était saisie de l'affaire de fatwa qu'un intégriste avait lancée contre un journaliste d'Al Ahdat al-Maghribya !
Khalid Alioua, USFPéiste de premier ordre, a été lâché par les dirigeants du parti de la Rose après son arrestation dans le cadre de l'affaire du CIH.
Dire que l'une a conditionné l'autre constitue un pari qu'il ne faut certainement pas assumer, tant le débat est aujourd'hui à la fois aigu, passionné et dévoyé. Nous assistons à un déballage effréné à la fois des « affaires » et d'une certaine propension à l'incivisme. Les « affaires » n'en finissent pas de nous infliger une autre image du Maroc, celle de la concussion et de la corruption, qui telles une ombre omniprésente se sont logées dans nos pratiques et nos mœurs. Mais, la corruption, est-elle vraiment nouvelle et inédite au point qu'elle nous surprend à présent et nous tire par la nuque ?
Opacité et irrégularités
Il faut être novice pour dire le contraire, il faut surtout avoir la mémoire courte, ou ne pas avoir de mémoire, faire de l'amnésie un critère pour oublier que les marchés publics, les transactions publiques ou les simples opérations financières – dont les délits d'initiés à la Bourse – avaient jusque-là constitué le lot commun et quotidien de notre « morale » ! Les « affaires » ne sont à vrai dire que la « part d'ombre » d'un système occulte qui a fonctionné comme l'un des ressorts essentiels de l'économie, du commerce et, paradoxalement, de la politique elle-même. Jusqu'à l'avènement de Mohammed VI en juillet 1999, les élections législatives ou municipales, voire même professionnelles ne cessaient d'être entachées d'irrégularités et obéissaient à la règle de non transparence qu'un certain ci-devant puissant ministre de l'Intérieur avait instituée.
Perspectives…
Les élections législatives de 2007 avaient fait porter l'espoir aux uns et aux autres d'une transparence absolue. Et de fait, tant bien que mal, elles se déroulèrent dans un climat relativement serein. La majorité à dominante istiqlalienne qui en était issue nous donnait le change, la vague du changement traversant effectivement le pays, avec de nouveaux hommes, de jeunes visages et une alternance arrimée à la volonté royale de réforme globale. Celles de 2011 ont accentué la tendance, marquée du sceau de la régularité, de la transparence totale qui nous ont permis de conclure à la nécessité d'une autre carte politique. La relative victoire du PJD, la formation d'un nouveau gouvernement où il occupe la première force, l'adhésion populaire exprimée d'un bout à l'autre du pays, ne pouvaient pas ne pas nous interpeller ! Six mois sont passés, et un examen, pour ne pas dire un bilan d'étape s'impose de lui-même, à la fois sur l'impact du semestre écoulé, sur ce qui a été promis et réalisé ou le contraire, et en particulier ce qui nous attend... La prospective a ses lois, c'est une méthode de travail. On mesure le chemin parcouru au travers des réalisations, on prévoit l'avenir sur la base, une base quantitative du présent. Sauf à persister dans l'affirmation selon laquelle « l'avenir n'appartient qu'à Dieu », nous sommes enclins à dire que le climat politique, économique bien entendu et social n'a pas ou n'a plus bonne presse. Le débat , si tant est qu'il existe, s'enferre dans le jeu suicidaire du voyeurisme et de la délation. Tiré vers le bas par une certaine presse, non pas de caniveau mais de journaux électroniques qui – concurrence au faux scoop oblige – n'en démordent pas de démolir la réputation des uns et des autres, faisant leur miel des scandales. Comme on dit toujours, « la justice n'est pas chargée de dire le vrai, mais le droit », et la présomption d'innocence, ce morceau sacré du texte de loi, est prévu au cœur de celle-ci pour défendre tout présumé et même tout accusé. Or, il se passe quelque chose d'étrange, comme le déroulement d'un processus qui est l'anticipation hâtive avant la conviction, avant la raison. On juge déjà, avec empressement. La presse, les commentateurs zélés des chaumières, l'opinion publique happée par d'amères émotions jugent et condamnent... avant même que la justice, censée protéger les uns et les autres, ne dise son mot. Autrement dit non pas la vérité mais le droit. Le gouvernement pourrait-il se prévaloir d'autre chose, jusqu'à preuve du contraire, que de ce déballage qui dure des mois et des mois ? Ici les agréments, là le cahier des charges, là encore les corruptions au ministère de l'Education nationale, là encore et encore les primes auto-octroyées par un ministre des Finances ? Il y a comme les prémisses d'un vaste séisme, comme l'existence d'une « main noire », le pathétique délateur en titre qui, passant outre l'obligation de réserve inhérent à son administration, subtilise des documents officiels de l'Etat pour les livrer en pâté à la presse. Avec le déballage des affaires en cours, ce sont deux partis politiques significatifs qui voient leur réputation sérieusement entamée : l'USFP dont les membres dirigeants se sont vite empressés d'abandonner à son propre sort Khalid Alioua alors qu'il en fut, à certains égards, l'étoile montante ; le RNI qui voit aussi son leader en exercice, Salah Eddine Mezouar, subir les Fourches caudines de la justice assigné par la convocation d'un ministre de la Justice du PJD. Il ne faut pas établir de lien automatique entre l'un et l'autre, un seul lien commun les place à présent dans l'orbite madiatico-politique : l'instruction judiciaire ! D'où l'impératif de ne pas se hasarder à porter un jugement hâtif tant que la justice n'a pas dit son mot. Mais, peut-on pour autant se garder de l'exercice périlleux de commenter et de décortiquer, enfin de se délecter des malheurs qui frappent les grands symboles de l'Etat, redevenus normaux , autrefois si puissants, à présent ordinaires ?
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