ACAPS : Hausse de 3,3% des primes émises à fin mars    Le 1er Congrès national sur l'utilisation des dérivés du cannabis prévu à Tanger    Compteur coronavirus : 2.436 cas actifs, 6.458.947 personnes vaccinées    RAIDS ISRAELIENS SUR LA BANDE DE GAZA: ACHARNEMENT CONTRE LE MAROC    Couverture des événements à Gaza : la douteuse moralité journalistique de la Deutsche Welle    Abdellatif Hammouchi inaugure de nouvelles infrastructures sécuritaires    Covid-19 / Maroc : La situation épidémiologique au 17 mai 2021 à 16H00    Décès de l'acteur marocain Hammadi Ammor, 90 ans : Un immense artiste s'en va    Célébration du 200ème anniversaire de la Légation américaine de Tanger    Cause palestinienne : Gare à l'effet de compensation !    Aide humanitaire aux Palestiniens: Le Maroc fidèle à ses engagements    Un candidat au poste de gouverneur de la Californie fait campagne avec un ours    Botola Pro : Le Hassania Agadir s'impose à domicile face au Youssoufia Berrechid    Hervé Renard : "On m'a promis l'enfer avec les Lions de l'Atlas"    Algérie : un parti d'opposition dénonce une répression d'une « extrême violence » à l'égard des manifestants    La loi N°56.20 offrira un nouveau cadre juridique à la création de musées, avec un label officiel (FNM)    Bourses d'excellence «Moroccan Scholarships for African Youth»: Bien outillée, la jeunesse africaine face aux défis de demain    Visas Schengen: les conditions imposées par l'Espagne    Israël devrait-il se méfier de la scène que le Qatar donne à Haniyeh, alors que la confrontation avec le Hamas entre dans son huitième jour?    Industrie automobile, l'embellie se concrétise !    ONMT : 3 partenariats conclus à Dubaï    RAM: Abdelhamid Addou élu au Conseil des Gouverneurs de l'IATA    Coronavirus : Sanofi lancera fin mai la production de son vaccin    65ème anniversaire de la DGSN : Fière chandelle aux agents de la Sûreté nationale dans ce contexte de la Covid    Abdelfattah El Belamachi: "Le Maroc donne à l'Espagne, à l'Allemagne et à l'UE plus qu'il n'en reçoit"    Evénements de Cheikh Jarrah: Le silence complice de la communauté internationale    Un Technopark à Fès pour consolider l'attractivité économique de la région    Algérie : garde à vue prolongée pour une journaliste, arrêtée lors de la manifestation du vendredi    Nouvelles frappes aériennes d'Israël contre Gaza, électricité coupée    Abdou Diop: « Le marché de l'audit évolue pour répondre aux besoins et attentes des clients »    Echange de données bancaires : La loi bloquée au Parlement ?    Liga : Dimanche prochain, aura lieu la bataille de Madrid pour le titre !    Centre national de l'arganier : Les travaux seront lancés cette année    Covid-19 : l'Algérie annonce une réouverture partielle de ses frontières malgré le contexte sanitaire difficile    Défaite de Chelsea en finale de la FA Cup : Pour Tuchel, Ziyech responsable !    Zidane, entraineur du Real de Madrid, en colère : « Je ne dirai jamais cela à mes joueurs ! »    Rabat: Le Café des Oudayas rouvre ses portes    Fin du rêve européen pour Selim Amallah et Mehdi Carcela    Edito : Piqures de rappel    Gaza: au moins 42 Palestiniens tués dans les raids israéliens, plus lourd bilan quotidien depuis lundi (ministère)    Chelsea défait en finale par Leicester    Hammadi Ammor, figure de la création nationale, s'est éteint    «Il faut travailler sur des œuvres théâtrales dans l'expectative d'une reprise culturelle»    Walid Halimi rend hommage au célèbre Tony Allen    Visionnage boulimique des séries : La guerre ouverte contre le sommeil    Le droit à la différence au coeur "La Cigogne Volubile "    Jordanie: Arrivée du deuxième lot de l'aide humanitaire d'urgence au profit des Palestiniens sur Très Hautes Instructions Royales    Botola Pro D1 « Inwi » (17è journée): Résultats et programme    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'Afrique théâtrale à Avignon
Publié dans Le Soir Echos le 19 - 07 - 2013

Vous êtes ici : Actualités / A La Une / L'Afrique théâtrale à Avignon
Pour cette 67e édition de l'incontournable festival d'Avignon, l'accent est mis sur les créations émergentes du théâtre africain. Forte de 21 créations et 12 premières en France, la programmation met en avant des metteurs en scène qui viennent de Brazzaville, Kisangani, Ouagadougou, Lagos, Le Cap. Parmi ces pointures, le Congolais Dieudonné Niangouna a fait sensation. Premier artiste-associé africain du festival, il signe une sorte d'épopée en trois parties : « peur », « solitude », « urgence ». Ces trois états rejoignent complètement les trois actes de la pièce, et le leitmotiv de ses personnages. « Ecrire Shéda, qui est l'une des plus grandes pièces de ma vie, c'était aussi une manière de visiter toutes mes angoisses, mes peurs, mes beautés du théâtre », a-t-il déclaré à France 24.
La pièce oscille entre théâtre, poésie et performance. Une forme théâtrale ambiguë – mélange en swahili de «shida» («transaction louche») et de «shéta» («diable», «démon») – accentuée par un jeu d'acteurs fougueux, à la lisière de la folie et une musique puissante. L'écriture de Dieudonné Niangouna est déconcertante : pas de trame linéaire, pas de narration, à peine une évolution des personnages. Au centre du cirque, une ville morte et son gardien, un servant au regard fou qui profère des paroles incompréhensibles en tournant en rond entre les décors : une marre aux crocodiles, une maison de chats et une cheminée de fonderie. Des cris résonnent au loin, plusieurs acteurs de la troupe courent en cadence sur les bords du précipice. Les grossièretés rebondissent à chaque phrase, et les monologues, digressions et emportements donnent lieu à des moments forts de théâtre.
Une écriture sauvage et intense
Même décousue, la pièce est portée par des acteurs dont le jeu frise la virtuosité. Shéda se joue à « Nulle part », un endroit qui s'appelle Kakouma en Swahili. Les habitants n'y sont pas nés, mais tombent littéralement du ciel. Ils viennent d'horizons différents, d'époques différentes, de cultures différentes. Tous ces personnages qui ne se connaissent pas, et que rien ne lie « Le père Francis de Saint-Aimé », le « mécanicien des étoiles », « le Seigneur » créent une vraie dynamique, parfois sismique et cherchent à inventer la vie dans ce « désert de pierres où tout est très difficile ». Interrogé par France 24 sur son écriture erratique, le metteur en scène répond : « Le théâtre appartient à celui qui le fait. Ce n'est pas figé sur une page, ce n'est pas une formule. Dès qu'on dessine un théâtre avec des contours, ce n'est plus du théâtre, ça devient une science. Le théâtre vient de l'impulsion, de la sensibilité et de l'imagination d'une personne ». Shéda n'évoque pas les problématiques d'un pays africain, mais revient sur des situations universelles, qu'on peut trouver en Afrique comme ailleurs. Voilà pourquoi les rôles sur scène sont attribués à des comédiens de Brazzaville, sénégalais, camerounais, roumains. « Shéda parle des influences de beaucoup de cultures, de gens de ma génération qui ont traversé des guerres, des crises. C'est autour de cela que va se baser la pièce pour chercher à se reconstruire à partir des violences qu'ils ont vécu, pour s'en sortir et trouver une humanité », martèle le metteur en scène.
Quand le vécu parle
Pour comprendre l'écriture de Niangouna, il convient de comprendre son vécu de rescapé de guerre. Lorsque la guerre civile battait son plein au Congo, le metteur en scène a échappé d'une fusillade et a survécu grâce au théâtre. S'il a imaginé des hommes tombant du ciel – dans la pièce des mannequins en tissus projetés depuis la falaise, haute de plusieurs dizaines de mètres « justement parce qu'il a vu des avions et des obus tomber du ciel à quelques mètres de lui. Il faut dire que le festival reflète le vécu, le travail et la spécificité des artistes africains, notamment leur façon d'appréhender le théâtre, d'écrire, de chanter, de danser. Au festival d'Avignon, il s'agit plus de célébrer le théâtre qu'un continent ». La programmation reflète moins un travail « ontologique » que des écritures personnelles qui racontent l'Afrique, et des visions émergentes du monde et de l'âme humaine. Citons L'édition 2013 du Festival d'Avignon met les pleins phares sur les artistes émergents en Afrique et les nouvelles écritures théâtrales qui s'y créent. Les temps forts des nouvelles écritures théâtrales: Faustin Linyekula du Congo et sa chorégraphie «Drums and Digging», DeLaVallet Bidiefono militant de la danse contemporaine et son spectacle «Au-Delà», Qudus Onikeku du Nigeria qui présente Qaddish. Des expressions d'une force rare qui tentent désespérément d'exprimer le chaos du monde


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.