«Le gouvernement responsable devant l'opinion publique»…    Penser le concret    La CAF envisage différents scénarios pour boucler les compétitions    McKennie, Sancho et Hakimi devant la commission de discipline    Vrai ou Fake sur la covid-19 au Maroc, mardi 2 juin    Prolongation de l'exposition «Maroc: une identité moderne»    Un nouveau projet de trémie à Rabat pour 40 millions de DH    Une bouteille d'eau du temps de la pandémie corona    Assurer la continuité des services dans le respect des règles de sécurité    Accrocs frontaliers dans l'Himalaya…    Le PNB en hausse de 14% au T1-2020    Rabbah met l'accent sur le rôle des investissements pour assurer la sécurité énergétique    Non à un gouvernement de compétences ou de salut national    Aziz Akhannouch: Les exportations de produits agricoles totalisent 17,5 milliards de DH jusqu'à présent    Le Maroc accède au 2ème rang africain en tests de dépistage du Covid-19    Le Maroc, consommateur de fast-food en plein confinement    Coronavirus : 26 nouveaux cas, 7.859 au total, mardi 2 juin à 10h    La CAF accélère le décaissement de l'aide financière destinée aux Associations membres    Achraf Hakimi de nouveau buteur    La capitale des alizés prépare sa relance post-confinement    La culture en détresse    Les différentes pistes du CMC pour relancer l'économie nationale    Le Bureau politique réitère son appel à tous les militants de rester unis autour de leur parti    Violents affrontements entre manifestants et miliciens du Polisario devant le bagne d'Errachid    Pr Abderrahmane Machraoui : Les mesures prises par les autorités marocaines ont été prudentes, sages et exemplaires    Arrestations pour violation de l'état d'urgence sanitaire à Essaouira    De la drogue saisie par les FAR près du mur de protection    Les humanitaires espagnols en effroi devant le détournement des aides destinées aux camps de Tindouf    Christo, l'artiste «emballeur» n'est plus    Hyperpuissance    Foot: LaLiga fixe le calendrier de reprise    Les Etats-Unis s'embrasent    France: C'est l'heure de la reprise économique    Mendyl, direction Bordeaux?    L'Amérique et ses démons    Turquie-Grèce: Bruits de bottes à la frontière…    Les syndicats interpellent El Othmani    Trump met fin au partenariat des Etats-Unis avec l'OMS    Décès à Tanger de la libraire et éditrice Marie-Louise Belarbi    Taïa: «Le Covid-19 a créé une misère plus mortelle que le virus»    Message de condoléances d'Abbas El Fassi    Ursula von der Leyen dit "Shukran" au Maroc    Epidémies... Ces romanciers qui ont tout vu !    Pillages et échauffourées aux Etats-Unis malgré des couvre-feux    Hicham Sabir, une étoile montante de l'écriture…    La coupe du Trône, un cadeau d'adieu avant l'heure    Danielle Skalli tire sa révérence    CIO : Kamal Lahlou réélu au sein de la commission Marketing    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'enseignement à distance à l'ère du coronavirus
Publié dans Libération le 09 - 04 - 2020

Afin d'éviter la propagation de l'épidémie du coronavirus et pour assurer la continuité de l'enseignement pendant la période du confinement consécutif à la déclaration de l'état d'urgence sanitaire par le gouvernement marocain, un dispositif de cours à distance, présentés sur une panoplie de chaînes TV, de stations radios et de portails électroniques, a été mis en place et lancé le 16 mars 2020 par le ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les cours présentiels étant annulés suite à la décision de fermeture des établissements scolaires et universitaires jusqu'à nouvel ordre, d'autres méthodes d'enseignement s'imposent. Des cours numériques ont été, donc, immédiatement publiés sur des plateformes conçues pour ce genre d'opérations, d'autres diffusés à la radio et d'autres encore télévisés pour permettre aux élèves et étudiants de poursuivre leurs études, dans ces circonstances difficiles et sans précédent.
Or, il faut bien noter que le recours intensif des autorités marocaines à ce type de supports éducatifs et d'outils pédagogiques remonte à la première décennie du siècle présent. C'est en 2005 que le Maroc avait connu la naissance d'une chaîne publique baptisée à l'époque "L'Educative", et également appelée "la Quatrième". Cette chaîne à vocation éducative s'est positionnée depuis son lancement comme une chaîne de proximité dont le but principal est d'investir les champs de l'éducation avec des émissions consacrées au soutien scolaire, à l'alphabétisation, à la culture et à l'emploi.

Et c'est en 2005 aussi qu'a été lancé le Programme GENIE (Généralisation des technologies d'information et de communication dans l'enseignement au Maroc) qui est venu traduire la volonté nationale d'intégrer les TIC dans l'éducation. Ceci, sans oublier les autres formations qui avaient eu lieu dans plusieurs AREF du Royaume dans le cadre de projets pilotes, montés en partenariat avec des organismes internationaux, et qui avaient pour objectif de préparer les enseignants à l'expérimentation des ressources numériques.
Aujourd'hui, en ces temps de coronavirus, le ministère a certes réussi à faire comprendre aux concernés, par ses mesures exceptionnelles, qu'il ne s'agit pas de vacances et donc à les pousser à rester en contact avec leurs milieux scolaires et universitaires. Mais, il ne faut pas éloigner la possibilité d'existence d'un certain nombre de familles marocaines qui ne disposent ni d'un accès Internet ni d'une télé. Cela étant, les intervenants dans le processus décisionnel sont tous appelés à prendre en considération cet état de fait irréfutable, avant de passer à la numérisation des examens et des évaluations, pour éviter toute injustice à l'égard de ces victimes de la digitalisation précoce des contenus pédagogiques.
A vrai dire, s'il est juste d'applaudir la réaction rapide du ministère de tutelle et les efforts colossaux déployés par toutes les composantes du système éducatif marocain pour réussir ce chantier national, il est aussi obligatoire de nous arrêter sur certaines remarques générales que nous pouvons résumer ainsi:
1- Les enjeux sont certainement grands et importants mais les défis/obstacles semblent énormes et plus grands.
2- L'adhésion spontanée, citoyenne et responsable des enseignants, tous cycles confondus et malgré toutes les difficultés techniques et logistiques rencontrées, est à saluer chaleureusement. Leur implication consciente et inconditionnée est plus qu'honorable.
3 - La précipitation, l'empressement, l'improvisation et la "théâtralisation" nous ont mis devant des capsules vidéos conçues à la va-vite et qui regorgent d'erreurs imposantes.
4 - A cause des disparités socioéconomiques et géographiques, des élèves/étudiants, issus de familles démunies ou tout simplement habitant dans des cantons non couverts par les réseaux Internet, se sont trouvés privés de leur droit d'apprendre.
5 - S'ils sont d'usage et bien accueillis dans certaines sphères scientifiques d'ordre purement théorique, les polycopiés sont loin d'être fructueux quand il s'agit d'une discipline de réflexion expérimentale basée sur des travaux pratiques ou dirigés.
6 - La réception et le degré d'appréhension des cours à distance varient d'une personne à une autre en fonction de facteurs extra-intellectuels. C'est ce qui peut engendrer des inégalités cognitives conséquentes.
7 - L'enseignement à distance ne peut en aucun cas remplacer le contact direct, la réactivité et l'interactivité nécessaires à la transmission de certains savoirs et savoir-faire.
8 - Les contenus de certains cours se construisent graduellement et en fonction de la complicité affective qui anime les échanges et attise le débat entre l'enseignant et l'apprenant.
9 - Loin des considérations purement scientifiques, l'opération d'enseignement/apprentissage est avant tout une opération émotionnelle. Le travail de l'enseignant dépasse de très loin celui de la machine : il est un éducateur, un modèle, un médiateur, un facilitateur...
10 - La programmation de formations variées sur l'usage des NTIC et l'élargissement de l'offre technologique dans les écoles et universités s'avèrent inéluctables pour familiariser les acteurs du champ éducatif avec cette nouvelle donne internationale qu'est la numérisation du savoir.
Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, nous invitons le ministère à se pencher sur des solutions susceptibles de remédier aux défaillances constatées et l'informons que les enseignants seront toujours là pour répondre oui à l'appel de la patrie.
* Enseignant-chercheur à l'Université Abdelmalek Essaadi


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.