Ministère public : Balaoui s'entretient avec le Procureur général d'Azerbaïdjan    Sahara : Le Canada reconnaît le plan d'autonomie marocain « comme initiative sérieuse et crédible »    Energie : Akhannouch confirme la solidité des stocks au Maroc    BTP : Les livraisons de ciment rebondissent de 2,5% à fin mars 2026    Pétrole : Les Emirats arabes unis se retirent de l'Opep le 1er mai    CPS de l'UA : Le Maroc réaffirme sa solidarité agissante et constante avec le Mali    Incendies de forêts : Un budget de 150 MDH pour limiter les risques cet été    Education : Lancement de l'opération « De l'enfant à l'enfant » contre l'abandon scolaire    Football : La 212 Academy ouvre un complexe de 10.000 m2 à Rabat    Théâtre Royal de Rabat : Le Maroc entre dans « la cour des grands »    Visite du commandant de l'AFRICOM en Algérie : un message américain ferme au régime de Tebboune et Chengriha pour cesser de déstabiliser le Sahel    Le projet de loi relatif au CNP adopté en commission sur fond de tensions politiques    Burundi : Ndayishimiye en route vers un second mandat    Balaoui s'entretient avec le Procureur général de la République d'Azerbaïdjan    Moroccan boxing team shines with silver and bronze at World Cup in Brazil    Le Congrès électif de la FIFA 2027 attribué au Royaume du Maroc    Mondial 2026 : Ismaël Baouf veut rejoindre les Lions de l'Atlas après sa saison XXL    Maroc : Nador accueillera la première Coupe du monde de E-Foil en Afrique    Marathon de Londres : Sabastian Sawe entre dans l'histoire avec un temps record    Bourse de Casablanca : clôture en baisse    Domaines Zniber remporte la Médaille d'Or au Concours National des Huiles d'Olive au Maroc    CPS de l'UA : le Maroc réaffirme sa solidarité avec le Mali    Strong thunderstorms expected Tuesday in Morocco    French teacher in Kenitra sentenced for insulting Islam and indecency against minors    Marruecos: -65% de incendios forestales en comparación con el promedio de 10 años    Îles Canaries : Le gouvernement local soutient la position de Madrid sur le Sahara    Casablanca 1996 : le concert fantôme de Michael Jackson    Mawazine 2026 : le rappeur français Ninho ouvrira le bal de la 21ème édition    Madagascar. M'barek Bouhchichi expose "Les mains des poètes" à la Fondation H    Mawazine sous le feu des critiques après l'annonce de Hassan Shakosh    Edito. L'heure des arbitrages    Souveraineté numérique : pourquoi Mistral ne suffira pas    Luka Modrić opéré : saison terminée avec AC Milan, mais le Mondial en ligne de mire    Protection de l'enfance : le CESE appelle à un renforcement des dispositifs de prise en charge    Réunion chez les arbitres marocains : vives discussions autour des décisions de la 16e journée    LdC : Paris Saint-Germain – Bayern Munich, choc XXL pour une place en finale    Dialogue social : 49,7 MMDH de mesures de soutien au pouvoir d'achat    LGV Kénitra-Marrakech : L'ONCF engage 300 MDH pour 53 passerelles métalliques    Agadir : homologation de deux plans d'aménagement    Hilale au Conseil de sécurité: Le Maroc dénonce l'instrumentation des voies maritimes comme cartes de pression et de chantage    Le Maroc aurait proposé aux Etats-Unis d'apporter une réponse concertée face aux menaces iraniennes    Alerte météo : averses orageuses localement fortes lundi et mardi dans plusieurs régions    Attaque armée à Washington : le Maroc exprime sa solidarité avec Trump    Agadir : Coup d'envoi officiel de la 22e édition d"African Lion"    Casablanca célèbre l'âme andalouse : le FMMA revient pour une 4e édition ambitieuse    Tanger : des colonnes métalliques historiques découvertes dans la médina    AES : une compagnie aérienne commune pour relier le Sahel    Marrakech clôture en beauté le FLAM 2026 entre littérature, mémoire et poésie vivante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Joseph-Antoine Bell : Le football camerounais est trop soumis aux mensonges et aux manipulations
Publié dans Lions De l'Atlas le 09 - 02 - 2018

Alors que Joseph-Antoine Bell, ancien gardien de l'équipe de football camerounaise, annonce à demi-mot sa candidature à la prochaine élection de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), le faible niveau de l'équipe locale se justifie, selon lui, par l'emprise politique.
L'ancien gardien de but des Lions indomptables, Joseph-Antoine Bell (63 ans), sera très probablement candidat à la prochaine élection de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Avec son habituelle franchise, Joseph-Antoine Bell aborde les différentes questions liées à la crise qui mine le football de son pays, sans oublier la CAN 2019.
Jeune Afrique : Votre candidature à la prochaine élection de la Fecafoot ne semble plus faire le moindre doute. Après tout, en 2015, vous étiez déjà en course...
Joseph-Antoine Bell : Il est toujours difficile de se déclarer candidat alors qu'au moment où nous nous parlons, on ne connaît toujours pas la date de l'élection. J'avais été candidat en 2015 et j'avais fait en sorte que l'élection de Tombi A Roko soit annulée, car elle était entachée d'irrégularités. C'est d'ailleurs ce qui avait conduit à la mise en place par la FIFA d'un comité de normalisation. Si j'ai la volonté d'être candidat ? Oui. C'est logique, dans la mesure où j'avais des idées il y a trois ans. Et j'ai toujours des idées.
Le comité de normalisation, mis en place en septembre dernier et présidé par Me Dieudonné Happi, doit achever sa mission le 28 février prochain. Il avait pour objectif de préparer l'élection et de mettre les statuts de la Fecafoot en conformité avec les standards internationaux. Comment jugez-vous son action ?
Il est difficile de se prononcer de manière définitive sur l'action du comité et de son président. Quand je l'ai rencontré, il avait la volonté de mettre fin à cette crise institutionnelle, qui dure depuis plusieurs années. Il a eu à gérer les affaires courantes, et plutôt bien.
Cela fait des années que nos clubs ne font rien lors des coupes d'Afrique, qu'ils sont éliminés rapidement, et souvent par des équipes de plus petits pays
Quant à sa mission, à savoir préparer l'élection et mettre les statuts aux normes, nous devrons attendre d'en savoir plus pour pouvoir porter un jugement. Le faire maintenant serait péremptoire. Je pense cependant que ce comité a fait l'objet de pressions, de tentatives de manipulation. Le problème du football camerounais, c'est qu'il est trop politisé. On oublie d'appliquer des règles simples, des règles de base.
La crise institutionnelle de la Fecafoot dure depuis plus de quatre ans...
Quand je dis que notre football est trop politisé, cela signifie qu'il est trop soumis aux mensonges, aux manipulations. On ne se rabat que sur la sélection nationale A, qui, comme elle l'a prouvé en remportant la CAN 2017 au Gabon, est capable de faire des coups. Mais derrière ? On a vu lors du CHAN au Maroc que la sélection locale n'avait pas passé le premier tour. Ce n'est que le reflet du niveau de notre championnat, qui n'est pas d'un bon niveau.
Comment voulez-vous que des investisseurs aient envie de mettre de l'argent dans un football qui renvoie une telle image ?
Cela fait des années que nos clubs ne font rien lors des coupes d'Afrique, qu'ils sont éliminés rapidement, et souvent par des équipes de plus petits pays. Nos stades sont quasiment vides, il ne s'y passe rien. On parle régulièrement de matchs achetés. On doit parfois attendre des mois avant de connaître le résultat définitif d'un match. Et cela ne choque pas grand monde...
Vous dites que le niveau du football local est faible. Est-ce en partie dû au manque de moyens des clubs ?
Oui. Mais comment voulez-vous que des investisseurs aient envie de mettre de l'argent dans un football qui renvoie une telle image ? Si on veut que des gens injectent des fonds dans notre football, il faut leur envoyer un autre message. L'image du football camerounais n'est pas bonne. Je pensais que le titre de champion d'Afrique de l'année dernière nous donnerait une occasion de rebondir et d'amorcer une sortie de crise. Eh bien non ! L'image du Cameroun, ce n'est pas seulement la CAN 2019 que le pays va organiser. C'est tout le reste ! Et cette image est négative.
La vôtre, en revanche, est plutôt bonne...
Si des gens estiment que telle personne, parce qu'elle est propre, intègre, est la plus à même de régler les problèmes et de donner un nouvel élan au football camerounais, et si des gens pensent que j'incarne cette image, ils feront en sorte qu'il y ait du changement... À condition que je sois candidat [rires, ndlr].
Comment jugez-vous la gestion du cas du sélectionneur Hugo Broos, dont le contrat a été résilié en décembre dernier ?
Le comité de normalisation a été mis en place alors qu'Hugo Broos avait été nommé par la fédération alors en place. Le contrat de Broos arrive à son terme le 6 février. Soit avant la fin programmée de la mission du comité. Son contrat n'a pas été renouvelé et cela lui a été signifié en décembre.
A LIRE – Cameroun : l'ex-sélectionneur Hugo Broos va attaquer la Fecafoot
Le comité ne voulait pas prolonger le contrat du coach avant la tenue de l'élection. Je n'ai rien à redire sur la façon dont les choses ont été menées. D'autant plus que le Cameroun ne jouera que des matchs amicaux jusqu'au mois de septembre. Pourquoi se précipiter, alors que des adjoints peuvent très bien assurer l'intérim ?
La CAF a mené une mission d'inspection au Cameroun, dans le cadre de la CAN 2019. Qu'avez-vous pensé des déclarations de Ahmad Ahmad, remettant en doute les capacités du Cameroun à organiser le prochain tournoi, qui ont parfois été mal vécues dans votre pays ?
Il faut avoir une vision rationnelle des choses. Qu'a dit M. Ahmad en août dernier ? Que si la CAN devait démarrer demain, le Cameroun ne serait pas prêt. Quand la CAN aura-t-elle lieu ? En juin 2019 ! Il n'y a donc rien de choquant, puisqu'effectivement, en août ou septembre 2017, le Cameroun n'aurait pas été prêt. Et qu'a dit Paul Biya, le président de la République ? Que le Cameroun sera prêt le jour J !
Ahmad n'a jamais dit que le Cameroun ne sera pas en mesure d'accueillir la CAN 2019
La CAF et le Cameroun travaillent-ils pour autant la main dans la main ? Il est parfois permis d'en douter.
Je peux vous assurer que oui. Quand la mission d'inspection de la CAF se déplace au Cameroun, ce n'est pas pour couper des têtes, mais au contraire pour conseiller les Camerounais. En disant qu'il faut davantage travailler sur tel ou tel site retenu pour la CAN, qu'il faut améliorer ceci ou cela, qu'il faut faire attention à ne pas prendre trop de retard sur tel chantier.
Ahmad n'a jamais dit que le Cameroun ne sera pas en mesure d'accueillir la CAN 2019. Je connais le président de la CAF. Il suit le dossier de près, il fait confiance au Cameroun. Il est normal qu'il soit exigeant. Et moi, je suis très confiant : le Cameroun sera prêt pour accueillir la première CAN à 24 de l'histoire...
L'ancien gardien de but des Lions indomptables, Joseph-Antoine Bell (63 ans), sera très probablement candidat à la prochaine élection de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Avec son habituelle franchise, Joseph-Antoine Bell aborde les différentes questions liées à la crise qui mine le football de son pays, sans oublier la CAN 2019.
Jeune Afrique : Votre candidature à la prochaine élection de la Fecafoot ne semble plus faire le moindre doute. Après tout, en 2015, vous étiez déjà en course...
Joseph-Antoine Bell : Il est toujours difficile de se déclarer candidat alors qu'au moment où nous nous parlons, on ne connaît toujours pas la date de l'élection. J'avais été candidat en 2015 et j'avais fait en sorte que l'élection de Tombi A Roko soit annulée, car elle était entachée d'irrégularités. C'est d'ailleurs ce qui avait conduit à la mise en place par la FIFA d'un comité de normalisation. Si j'ai la volonté d'être candidat ? Oui. C'est logique, dans la mesure où j'avais des idées il y a trois ans. Et j'ai toujours des idées.
Le comité de normalisation, mis en place en septembre dernier et présidé par Me Dieudonné Happi, doit achever sa mission le 28 février prochain. Il avait pour objectif de préparer l'élection et de mettre les statuts de la Fecafoot en conformité avec les standards internationaux. Comment jugez-vous son action ?
Il est difficile de se prononcer de manière définitive sur l'action du comité et de son président. Quand je l'ai rencontré, il avait la volonté de mettre fin à cette crise institutionnelle, qui dure depuis plusieurs années. Il a eu à gérer les affaires courantes, et plutôt bien.
Cela fait des années que nos clubs ne font rien lors des coupes d'Afrique, qu'ils sont éliminés rapidement, et souvent par des équipes de plus petits pays
Quant à sa mission, à savoir préparer l'élection et mettre les statuts aux normes, nous devrons attendre d'en savoir plus pour pouvoir porter un jugement. Le faire maintenant serait péremptoire. Je pense cependant que ce comité a fait l'objet de pressions, de tentatives de manipulation. Le problème du football camerounais, c'est qu'il est trop politisé. On oublie d'appliquer des règles simples, des règles de base.
La crise institutionnelle de la Fecafoot dure depuis plus de quatre ans...
Quand je dis que notre football est trop politisé, cela signifie qu'il est trop soumis aux mensonges, aux manipulations. On ne se rabat que sur la sélection nationale A, qui, comme elle l'a prouvé en remportant la CAN 2017 au Gabon, est capable de faire des coups. Mais derrière ? On a vu lors du CHAN au Maroc que la sélection locale n'avait pas passé le premier tour. Ce n'est que le reflet du niveau de notre championnat, qui n'est pas d'un bon niveau.
Comment voulez-vous que des investisseurs aient envie de mettre de l'argent dans un football qui renvoie une telle image ?
Cela fait des années que nos clubs ne font rien lors des coupes d'Afrique, qu'ils sont éliminés rapidement, et souvent par des équipes de plus petits pays. Nos stades sont quasiment vides, il ne s'y passe rien. On parle régulièrement de matchs achetés. On doit parfois attendre des mois avant de connaître le résultat définitif d'un match. Et cela ne choque pas grand monde...
Vous dites que le niveau du football local est faible. Est-ce en partie dû au manque de moyens des clubs ?
Oui. Mais comment voulez-vous que des investisseurs aient envie de mettre de l'argent dans un football qui renvoie une telle image ? Si on veut que des gens injectent des fonds dans notre football, il faut leur envoyer un autre message. L'image du football camerounais n'est pas bonne. Je pensais que le titre de champion d'Afrique de l'année dernière nous donnerait une occasion de rebondir et d'amorcer une sortie de crise. Eh bien non ! L'image du Cameroun, ce n'est pas seulement la CAN 2019 que le pays va organiser. C'est tout le reste ! Et cette image est négative.
La vôtre, en revanche, est plutôt bonne...
Si des gens estiment que telle personne, parce qu'elle est propre, intègre, est la plus à même de régler les problèmes et de donner un nouvel élan au football camerounais, et si des gens pensent que j'incarne cette image, ils feront en sorte qu'il y ait du changement... À condition que je sois candidat [rires, ndlr].
Comment jugez-vous la gestion du cas du sélectionneur Hugo Broos, dont le contrat a été résilié en décembre dernier ?
Le comité de normalisation a été mis en place alors qu'Hugo Broos avait été nommé par la fédération alors en place. Le contrat de Broos arrive à son terme le 6 février. Soit avant la fin programmée de la mission du comité. Son contrat n'a pas été renouvelé et cela lui a été signifié en décembre.
A LIRE – Cameroun : l'ex-sélectionneur Hugo Broos va attaquer la Fecafoot
Le comité ne voulait pas prolonger le contrat du coach avant la tenue de l'élection. Je n'ai rien à redire sur la façon dont les choses ont été menées. D'autant plus que le Cameroun ne jouera que des matchs amicaux jusqu'au mois de septembre. Pourquoi se précipiter, alors que des adjoints peuvent très bien assurer l'intérim ?
La CAF a mené une mission d'inspection au Cameroun, dans le cadre de la CAN 2019. Qu'avez-vous pensé des déclarations de Ahmad Ahmad, remettant en doute les capacités du Cameroun à organiser le prochain tournoi, qui ont parfois été mal vécues dans votre pays ?
Il faut avoir une vision rationnelle des choses. Qu'a dit M. Ahmad en août dernier ? Que si la CAN devait démarrer demain, le Cameroun ne serait pas prêt. Quand la CAN aura-t-elle lieu ? En juin 2019 ! Il n'y a donc rien de choquant, puisqu'effectivement, en août ou septembre 2017, le Cameroun n'aurait pas été prêt. Et qu'a dit Paul Biya, le président de la République ? Que le Cameroun sera prêt le jour J !
Ahmad n'a jamais dit que le Cameroun ne sera pas en mesure d'accueillir la CAN 2019
La CAF et le Cameroun travaillent-ils pour autant la main dans la main ? Il est parfois permis d'en douter.
Je peux vous assurer que oui. Quand la mission d'inspection de la CAF se déplace au Cameroun, ce n'est pas pour couper des têtes, mais au contraire pour conseiller les Camerounais. En disant qu'il faut davantage travailler sur tel ou tel site retenu pour la CAN, qu'il faut améliorer ceci ou cela, qu'il faut faire attention à ne pas prendre trop de retard sur tel chantier.
Ahmad n'a jamais dit que le Cameroun ne sera pas en mesure d'accueillir la CAN 2019. Je connais le président de la CAF. Il suit le dossier de près, il fait confiance au Cameroun. Il est normal qu'il soit exigeant. Et moi, je suis très confiant : le Cameroun sera prêt pour accueillir la première CAN à 24 de l'histoire...


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.