Samedi, c'est Courtrai qui débarque au Standard. Ciman et Benteke ont changé de camp mais Mustapha Oussalah est resté. Ou plutôt, il fait à nouveau reparler de lui. ------------------------------------------------------------------------ Alors, Mous', c'est le match de l'année pour vous, ce Standard-Coutrai? Le match de l'année, non mais ça reste un match particulier: j'ai tout de même fait toute ma formation à Sclessin. Dans l'état actuel des choses, c'est le Standard qui a peur de Courtrai. Le monde à l'envers? Bah, il n'y a que quatre matches qu'on joue... Mais c'est vrai que nous sommes bien. C'est quoi, la force de Courtrai? Ah ça, je le garde pour moi. Si les gens pensent qu'on a une équipe pour terminer quatorzièmes, qu'ils continuent bien à le croire. Nous, on joue sans se poser de question, on fait beaucoup de séances vidéo, on apprend. Sur un plan personnel, on est un peu étonné de vous voir en forme aussitôt après une saison sans jouer. Un an de chômage forcé, c'est vrai. On me dit souvent que cette saison est très importante pour moi car j'arrive en fin de contrat mais ce n'est pas vrai: maintenant, je me fais plaisir, je prends mon pied sur le terrain. Le plus dur, ce fut la saison dernière. J'ai dû m'accrocher pour ne pas craquer. Qu'est-ce qui vous a aidé à tenir le coup? Sans aucun doute la naissance de mon petit garçon, Ryan, qui a eu neuf mois hier. Depuis, mon ambition personnelle et professionnelle passe au second plan. C'est d'abord le bien être de ma famille qui compte. Le retour de Van Haezebrouck, c'était du pain béni pour vous? C'est lui qui m'avait fait venir à Courtrai avant de partir pour Genk mais bon, je me suis tout de même posé la question et j'ai eu une longue discussion avec lui avant de décider de rester. Le Standard cherche un médian gauche capable de jouer en profondeur... Ah bon, vous pensez à Oussalah, les gars? (il rit). Qu'est-ce qui n'a pas marché pour vous à Sclessin, alors que vous étiez le chouchou d'Ivic? Je pense surtout que le Standard d'il y a dix ans n'était pas le même qu'aujourd'hui. Il donnait moins facilement une chance aux jeunes. Et quand il le faisait, il y avait des trentenaires sur le terrain qui vous insultaient à la moindre mauvaise passe. Puis j'ai eu plusieurs blessures, dont ma fracture du pied. J'avais peut-être tendance à commettre trop d'erreurs individuelles, ça ne pardonnait pas. Pourtant, je vous assure que j'écoutais, que ce qu'on me disait restait dans ma tête. Et tout ce que j'ai appris à cette époque me sert encore aujourd'hui. Il y a des similitudes entre Carcela et vous? La nationalité et le numéro sur le maillot (il rit). Mais au Standard, pour le moment, il est le seul capable de faire la différence. Il hésite entre le Maroc et la Belgique. Vous lui conseillez quoi? De suivre son cœur. C'est ce que j'ai fait en optant pour le Maroc. Et je ne l'ai jamais regretté.