Qui mieux que l'ex sélectionneur des Fennecs, Rabeh Saâdane, pour nous informer et nous révéler les lacunes et faiblesses d'une équipe nationale Algérienne dont il était le chef d'orchestre. Une Algérie mondialiste qui occupe actuellement la dernière place du groupe D dans cette course pour la CAN 2012 menée conjointement par le Maroc et la R.C.A avec 4 points. L'ex sélectionneur des Fennecs s'accorde avec la majorité des suiveurs en disant « que la qualification pour la CAN 2012 se jouera entre l'Algérie et le Maroc. Les deux prochains matchs entre les deux sélections seront déterminants » précise le technicien Algérien. « A mon départ, j'ai laissé les Verts à la première place du groupe D malgré le nul concédé à domicile face à la Tanzanie. C'est dommage qu'on ait perdu en Centrafrique » Souligne t-il fièrement alors que les 4 nations du groupe D étaient toutes logées à la même enseigne, avec un point chacune après les deux partages de la première journée. « Je dois vous dire que je vois des erreurs dans cette équipe, mais je les garde pour moi. J'essayerai toujours d'avoir des analyses constructives, loin du négatif.» avait-il déclaré lors d'une émission télévisée en parlant des erreurs qu'il a constaté après son départ, mais qu'en est-il des lacunes ? Les conflits entre joueurs locaux et professionnels ne permettent pas à la sélection nationale de se concentrer sur ses objectifs. Selon l'ex sélectionneur national « Le plus important, c'est de conserver l'unité de la sélection et ne pas créer de division entre les locaux et les professionnels ». Une situation qui pourrait profiter au Maroc. Et pourquoi ne pas alimenter cette division dans l'optique de gagner cette guerre psychologique amorcée par le président de la FAF. «Je vois que cette question relative aux joueurs locaux et professionnels ne connaîtra jamais de fin. C'est un faux débat et rien ne sert de toujours polémiquer. Au début, on est partis avec 50% de joueurs locaux, mais petit à petit, les choses ont évolué. Le problème, c'est que certains joueurs locaux ne cherchent que l'argent au détriment de leur carrière. Ils doivent aussi travailler doublement pour espérer atteindre le niveau de leurs compatriotes évoluant en Europe. En Algérie, on est loin du haut niveau et il faudra une vraie réforme pour améliorer les choses.» Fustige t-il les pro-locaux pour justifier ses choix en faveur des joueurs professionnels. Pour Saâdane comme pour son successeur, la carte pro est jouée à fond pour tenter de sauver la maison des verts, d'où la dernière tournée Européenne de Benchikha à la quête de renforts Européens "de seconde zone selon la presse Algériènne" au détriment d'un produit local jugé de meilleur niveau. « Il faut faire preuve de sagesse pour ne pas entrer dans une crise grave. C'est dangereux d'opposer les uns contre les autres. » Avoue Rabeh Saâdane au sujet de cette stabilité des Fennecs fragilisée par des guerres d'intérêts et de personnes. Dangereux admet-il pendant que son successeur prospecte en Europe en poursuivant la même politique au risque d'alimenter davantage ce débat locaux-pros qui fait rage chez nos voisins. Flashback sur le bilan de la saison pour signaler que, depuis le début de la saison 2010, l'Algérie a encaissé 21 buts en 14 matchs contre seulement 7 buts marqués en sa faveur. on précisera que l'Algérie n'a obtenu que 2 courtes victoires, contre le Mali (1-0) et contre l'E.A.U (0-1) et une victoire après prolongation* contre la CIV. En revanche, les mondialistes ont concédé 3 matchs nuls (avec 1 but inscrit en 3 match) et 8 défaites (17 buts encaissés contre 1 seul marqué). Concernant ces statistiques qui démontrent la faiblesse de la ligne offensive qui ne marque pas de buts et celle de la défense qui en encaisse beaucoup; Saâdane précise que « L'EN est limitée sur le plan offensif en l'absence d'attaquants de très haut niveau, à l'image de Forlan qui a mené à lui seul l'Uruguay en demi-finale. Le temps était insuffisant pour améliorer davantage le rendement de l'équipe qui était seulement en apprentissage au Mondial 2010 » et d'ajouter pour défendre ses joueurs et pour se défendre par la même occasion « C'était une première expérience pour ces joueurs. Il ne faut pas être très exigeant envers eux. Etre en Coupe du monde est déjà un exploit pour eux. On avait en plus beaucoup de blessés avant le Mondial. J'ai récupéré tout le monde une semaine seulement avant le premier match contre la Slovénie. » La structure de l'équipe nationale Algérienne a été construite sur base d'une défense "solide" selon Saâdane. Heureusement que l'ancien sélectionneur avait axé son jeu sur cette défense qui a pris malgré tout beaucoup de buts « Si on n'avait pas donné une solide base défensive à l'équipe, on aurait pris des raclées en Afrique du Sud. On était en Coupe du monde. Le niveau était très élevé et on n'a pas été ridicules. C'est le plus important. » Conclut-il.