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Congrès du PJD. Le casse du siècle
Publié dans L'observateur du Maroc le 25 - 04 - 2025

Le débat sur les subventions publiques aux partis politiques n'a jamais eu lieu. Les Marocains regardent leur argent distribué à gauche et à droite sans pouvoir exprimer la moindre opposition. On a l'impression que l'Etat dispose comme il veut de l'argent du contribuable sans possibilité d'opposition.
C'est vrai que tout est légal, aucun doute la dessus.
Mais la légalité ce sont les partis politiques qui la font. Ils ne vont tout de même pas voter une loi qui interdirait les subventions. En plus, le coût-avantage n'a jamais été examiné de sorte que nous puissions être au moins sûrs que cette générosité ait servi à quelque chose.
Cette mentalité de parti assisté a poussé les islamistes du PJD à exiger leur part pour payer les frais de leur congrès. Il est vrai que vu le nombre de leurs élus au Parlement, ils n'ont pas droit à grand-chose. Sur le papier donc, ils sont dans la disette, ce qui justifie leur demande faite au ministre de l'Intérieur. Ils veulent 1,2 million de dirhams. Comment ont-ils fait leurs calculs? On attend leur explication.
Il y a aussi un élément essentiel dont personne ne parle non plus. Le PJD invite des membres du Hamas à son barbecue. Il va donc leur payer les frais de déplacement, d'hébergement, de nourriture en puisant dans les poches du contribuable. Or, jusqu'à plus ample informé, le Hamas est déclaré organisation terroriste et Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne ne les tient pas en haute estime. Il les a même appelés « fils de chiens » lors d'une récente intervention leur demandant de libérer les otages israéliens.
Nous voilà donc bien assis face à un parti qui ne défend pas l'existence d'un Etat palestinien, mais d'une entité qui justement veut mettre la main sur cet Etat au bénéfice de ses commanditaires iraniens. Ce n'est plus une affaire palestinienne, elle est iranienne.
Quand on sait par ailleurs que ce même Iran soutient les séparatistes du Polisario aux côtés de l'Algérie, on se pose alors des questions sur les motivations du PJD.
Pour un Marocain c'est déjà un motif suffisant pour déclarer tout membre du Hamas personae non grata sur le sol marocain.
Sans parler de l'offense impardonnable faite à SM Le Roi Mohammed VI lors de manifestations palestiniennes. Une offense à tous les Marocains. Si le PJD n'y voit aucun problème, eh bien ça va être justement cela le problème.
Maintenant, revenons au racket que s'apprête à opérer le parti des islamistes. On a de la peine à croire vraiment que ce parti manque d'argent. On sait comment ces entités sont financées et qu'elles savent se procurer les fonds dont elles ont besoin.
Il est fort probable que la demande faite au ministère de l'Intérieur ne soit qu'un stratagème destiné à faire croire que le parti respecte scrupuleusement la légalité. En dix ans de mandat, les Marocains ont pu constater le contraire.
Donc, que doit-on faire avec ce parti qui n'existe plus qu'à travers son guide suprême, omniscient et omnipotent qui est le seul à parler et à décider? Il serait fort désagréable pour le Marocain de voir son argent offert à un parti qu'ils ont déjà sévèrement sanctionné.
Le chantage à la paix sociale qui a toujours été la pièce maîtresse de la stratégie du PJD ne peut plus fonctionner. Les manifestations actuelles qui représentent un sérieux danger pour l'économie marocaine et donc la stabilité du pays sont les bienvenues au PJD. Il les exploite pour dire qu'il est le seul capable de calmer les esprits. Ce qui est évidemment tout à fait faux.
Les Marocains n'accepteront jamais le chantage et ne craignent pas la confrontation.
Toutefois, on est obligé de constater que le danger vient moins de l'action des islamistes que de l'inaction des autres partis. Surtout que le chef des islamistes ne fait aucun effort sur son image. Il peut parler vautré sur la banquette de son salon, avec un bonnet, une gandoura et un chapelet. Comme un youtubeur qui n'a pas encore reçu autant de likes qu'il l'aurait souhaité, trop paresseux pour aménager son environnement.


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