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Cinémas Fin de séance
Publié dans L'observateur du Maroc le 17 - 12 - 2009

«Les cinémas du quartier étaient les Maârif d'aujourd'hui. C'était là où les jeunes se mettaient sur leur 31 et se donnaient rendez-vous, juste pour regarder un film», se rappelle cette quadragénaire déçue. Désormais, le cinéma du quartier, qui représentait le premier contact du public avec le 7e art, fait partie des plaisirs jetés aux oubliettes.
«C'est une époque révolue», explique Mohamed Soukri, critique et spécialiste du cinéma. Il ajoute que chaque quartier avait son cinéclub qui accouchait d'une multitude d'intellectuels. Et les chiffres de cette étude élaborée par le cabinet de consulting Valyans confirment ce changement de tendance. De 250 salles de cinéma qui étaient ouvertes au Maroc dans les années 1980, ce chiffre est passé à 92 en 2007. Il y a de quoi s'alarmer. En 2009, on est même à moins de 50 salles dans tout le pays, selon Jamal Mahyaoui, responsable marketing et communication du Mégarama. Dans ces chiffres, il met aussi les 23 salles du multiplexe. Les recettes des salles ont baissé de 42% en dix ans. Pire, 60% de Marocains n'ont jamais vu de film sur grand écran. Les professionnels craignent que le nombre de cinéphiles qui se rendent encore au cinéma ne descende au-dessous de la barre des 2 millions d'ici 2010. La chute prévue est estimée à 77%.
«Au Maroc, il y a de plus en plus de cinéphiles qui ne fréquentent jamais de salles obscures», souligne le critique de cinéma, précisant que cette dégradation du niveau culturel du Marocain est liée avant tout à la déchéance de l'enseignement.
Le ciné et la débauche
Certains cinémas du quartier ne survivent que grâce aux couples qui viennent s'y réfugier pour faire des galipettes à la sauvette, aux drogués qui viennent rouler des joints à l'abri des regards indiscrets et les pickpockets en quête de malheureux pigeons à déplumer. Ce genre de salles de cinéma ne répond pas aux normes de sécurité. C'est là l'une des raisons évoquées par tous ceux qui fuient aujourd'hui les salles obscures.
«Vous imaginez-vous en train de regarder un film au cinéma quand un rat se promène sous vos pieds ? C'était mon cas», raconte Youssef Britel. Cet acteur et réalisateur marocain estime que la disparition des salles de cinéma est une affaire d'Etat. «Outre l'insécurité, le confort et la qualité technique de la projection laissent à désirer», se plaignent d'autres cinéphiles. Quand d'autres évoquent l'inconfort des sièges ou la malpropreté, sans oublier la mauvaise qualité de la sonorisation. En demandant au caissier d'une salle de cinéma à Rabat la raison de ce laisser-aller qui décourage les cinéphiles, la réponse est sans appel : «Comment voulez-vous qu'on rénove la salle alors que les revenus ne couvrent même plus les salaires de ses employés ?». Une réalité amère qui décourage aussi les investisseurs potentiels : la salle de cinéma n'est plus un projet rentable. C'est ainsi que nombre de salles qui baignaient autrefois dans une ambiance de félicité et dont les billets se vendaient au marché noir dans les années 80 sont aujourd'hui fermées, quand elles ne sont pas détruites pour céder la place à des immeubles. A cette déchéance, d'autres explications sont données.
Le Maroc : un as du piratage
«Tous les professionnels du cinéma sont unanimes : le piratage reste la principale raison de cette dégradation», signale J. Mehyaoui. En effet, le piratage, devenu sport national, est la cause majeure de la fermeture d'une centaine de salles de cinéma. Ce péril menace les 50 salles restantes qui se trouvent désertées. Le Maroc a été d'ailleurs le premier pays à avoir diffusé une copie piratée du film «Mission Impossible III», cinq heures seulement après qu'il a été posté sur des serveurs américains. «Il s'agit d'un réseau international de piratage qui a choisi le Maroc pour écouler sa marchandise», explique Y. Britel. Mais comment l'Etat peut-il rester indifférent et garder le silence devant «les marchands-pirates» ? «L'Etat, pour des raisons que lui seul peut expliquer, a laissé les DVD piratés noyer le marché tout en fermant les yeux sur l'agonie des salles de cinéma au Maroc», répond le responsable de communication de Mégarama. Entre Casablanca (Derb Ghallef), Rabat (Joutia du centre-ville), Fès et les régions du Nord, les CD et DVD piratés ne coûtent pas plus de 10 dirhams. Ce qui en fait un business qui marche dans un pays où les cinéphiles ne manquent pas. «Pourquoi ne pas acheter le DVD piraté du dernier film sorti en Europe à seulement 10 dirhams alors que si je vais au Mégarama pour le voir, je peux débourser 40 dirhams à part toutes les dépenses qui suivent?» explique Ali, 24 ans. Ce jeune étudiant Casablancais est un client permanent chez les marchands de Derb Ghallef et n'est pas prêt à laisser tomber son loisir préféré. Selon Youssef Britel, les marchands et les clients ne sont pas conscients que la piraterie est un délit comme la vente de drogues. «On a besoin de grosses campagnes nationales pour montrer au Maroc entier que la piraterie est une grave infraction», s'indigne le jeune acteur. J. Mehyaoui, quant à lui, reste plus optimiste : «L'avantage des DVD piratés, c'est qu'ils montrent que les Marocains aiment le cinéma». Il ajoute que la potion magique n'est autre que d'arrêter le piratage, proposer une bonne projection, une bonne programmation, des services de qualité et le tour est joué.


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