Le ministère de l'Education nationale, du Préscolaire et des Sports enclenche une vaste opération de mise à jour de sa base de données RH et durcit, dans le même élan, son dispositif de contrôle de la présence des fonctionnaires. Une circulaire datée du 20 novembre, adressée aux directions régionales et provinciales, acte le démarrage du recensement national 2025 et fixe de nouvelles règles pour encadrer l'assiduité au sein du secteur. Contrôle resserré Dans cette note, le département de Mohammed Saad Berrada rappelle que la présence physique au poste de travail « n'est plus négociable». Les chefs de service sont désormais tenus d'assurer une surveillance quotidienne des horaires d'entrée et de sortie, avec obligation d'utiliser le système électronique de gestion du temps. L'objectif affiché : mettre fin aux zones grises administratives, aux lacunes de suivi et aux pratiques informelles qui pénalisent l'efficacité du service public, comme l'explique le document. La circulaire exige par ailleurs que tout cas d'absence non justifiée soit signalé sans délai. Le rappel est ferme : aucune tolérance ne sera accordée, et la législation relative aux retenues sur salaire doit être appliquée immédiatement. En cas d'absence injustifiée, une retenue automatique est opérée, calculée sur la base d'1/30 ou d'1/60 du salaire mensuel. La note souligne également qu'aucune régularisation n'est possible sans justificatif écrit préalable. Le supérieur peut toutefois exiger un courrier explicatif du fonctionnaire concerné avant toute décision. En cas de récidive, la procédure disciplinaire pourra être enclenchée. Le ministère rappelle la possibilité de mobiliser l'article 75 du Statut général de la fonction publique, qui encadre les sanctions pour abandon de poste ou manquement grave au devoir professionnel. Fait notable : les supérieurs hiérarchiques eux-mêmes peuvent être sanctionnés en cas de dissimulation d'absences illégales. Un recensement massif Parallèlement au durcissement des contrôles, le ministère déploie le recensement national des fonctionnaires de l'Education pour l'année 2025. Une large opération qui vise à uniformiser les données RH et à alimenter d'une manière efficace et uniforme le système national ESISE RefRH, explique la même source. Chaque fonctionnaire sera donc classé selon sa situation administrative : en activité normale, en mise à disposition (syndicats, institutions...), en congé (administratif, médical, court, moyen, long, maternité), en disponibilité, ou encore en situation d'abandon de poste, procédure disciplinaire ou décès. Cette catégorisation détaillée doit permettre une lecture homogène des effectifs et un pilotage plus clair au niveau national, précise la circulaire ministérielle. Mise à jour obligatoire Autre chantier annoncé par le ministère : l'actualisation des données individuelles. Tous les fonctionnaires et agents sont appelés à mettre à jour leurs diplômes, spécialités, situations administratives et l'ensemble de leurs informations professionnelles, en suivant les nouveaux codes unifiés annexés à la circulaire. Ce recensement s'étendra jusqu'au 31 décembre 2025. Les responsables hiérarchiques devront certifier l'exercice effectif des fonctions de chaque agent et contrôler la validité des données enregistrées. Les instructions prévoient notamment : la suppression du système des agents en formation, en disponibilité ou en cours de mutation, l'intégration immédiate de ceux ayant rejoint leurs postes et la vérification obligatoire du dernier diplôme universitaire détenu.