Invitée dans l'émission Yes We CAN, l'ambassadrice de la République de Guinée-Bissau au Royaume du Maroc, Filomena Mendes Mascarenhas Tipote estime que la réussite de la CAN 2025 commence par un mot : l'anticipation. « L'organisation ne se juge pas sur les discours, mais sur les résultats », insiste-t-elle. Infrastructures modernes, sécurité maîtrisée, circulation fluide, mobilisation des forces de l'ordre et civisme des citoyens : autant d'éléments qui, selon elle, traduisent une vision claire portée par le Maroc. Au-delà des stades, la diplomate met en avant les fan zones, les dispositifs d'accueil et l'inclusion du public qui n'a pas accès aux tribunes. « Même hors des stades, la CAN se vit », souligne-t-elle, évoquant un événement pensé pour rassembler largement. Absente sportivement de cette édition, la Guinée-Bissau n'en est pas moins présente dans l'ambiance de la CAN. Au pays comme au sein de la diaspora installée au Maroc, la compétition est suivie avec ferveur. Etudiants, communautés africaines et supporters participent activement à des tournois parallèles et à des initiatives culturelles en marge de l'événement. Pour l'ambassadrice, cette implication confirme que la CAN n'est pas réservée aux nations qualifiées : elle appartient à tout le continent. La diplomate reste par ailleurs convaincue que le football possède une force que les outils diplomatiques traditionnels n'atteignent pas. « Quand on parle de football, on ne voit plus la religion, ni la nationalité. On voit l'autre», explique t-elle. La CAN, pour elle, devient ainsi un espace de cohabitation, de visibilité culturelle et de découverte mutuelle. Costumes traditionnels, musiques, récits historiques, figures africaines revisitées par la jeunesse : autant de signes d'une diplomatie populaire à l'œuvre, bien au-delà des ambassades. Un accélérateur de coopération Sud-Sud Pour la diplomate, l'impact de la CAN se mesure aussi dans les coulisses. Les échanges économiques, éducatifs et sportifs s'intensifient, les perceptions évoluent, et les comparaisons s'installent. « Beaucoup repartent en se disant : si le Maroc a réussi, pourquoi pas nous ?», déclare t-elle. Cette prise de conscience nourrit aussi bien les initiatives publiques que privées, notamment dans le développement des académies sportives, la formation des jeunes et les partenariats économiques. En conclusion, la CAN 2025 apparaît, dans son discours, comme un miroir du continent : ses forces, ses retards, mais aussi ses immenses possibilités. L'exemple marocain, estime-t-elle, montre qu'une vision partagée peut produire des résultats tangibles. « Si chaque pays pense se développer seul, il devient fragile. L'Afrique doit avancer unie », affirme-t-elle. Au-delà des scores et des trophées, la CAN 2025 s'impose ainsi comme un moment politique au sens noble : celui où le football devient un langage commun, capable de rapprocher les peuples africains et de projeter le continent vers l'avenir.