Dans une enceinte survoltée au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions de l'Atlas ont livré une prestation de très haut niveau face à l'un des géants du continent, le Nigeria. Acculés à la défense, les coéquipiers d'Osimhen ont été poussés dans leurs retranchements. Et c'est avec beaucoup de mérite, de l'avis même du coach des Aigles Verts, Eric Chelle, que les Marocains ont arraché leur victoire historique, une première à ce stade de la compétition depuis vingt-deux ans. Solides, inspirés et portés par un public qui a pleinement joué son rôle de joueur numéro 12, les protégés de Walid Regragui ont confirmé leur statut de sérieux prétendants au sacre. Pour cette demi-finale capitale, le sélectionneur national a fait le choix de la continuité en reconduisant, pour la troisième fois consécutive, le même Onze de départ. Côté nigérian, un seul changement était à signaler, avec le remplacement de Wilfried Ndidi, suspendu, par Onyedika. Dès l'entame, les Marocains ont affiché leurs intentions. À la 3e minute, Saibari profite d'une relance approximative pour tenter sa chance, sans succès. Très actifs, les Lions de l'Atlas multiplient les offensives, à l'image de Brahim Diaz qui, à la 9e minute, frôle l'ouverture du score d'une frappe enroulée passant à quelques centimètres du poteau. La réaction nigériane intervient rapidement, Lookman obligeant Yassine Bounou à une intervention décisive à la 14e minute. La rencontre s'installe ensuite dans une intense bataille tactique et physique, avec un net ascendant marocain dans la possession et les occasions. Malgré un pressing constant et plusieurs situations dangereuses, notamment par El Kaabi, Hakimi ou Diaz, le verrou nigérian résiste, poussé dès la demi-heure de jeu à évoluer en bloc bas. Juste avant la pause, Nwabali s'illustre à son tour en repoussant un face-à-face de Saibari. Au retour des vestiaires, le scénario reste le même. Le Maroc accentue la pression, particulièrement sur le côté gauche où Ezzalzouli met en difficulté la défense adverse, alimenté par un Mazraoui à la fois combattant et conquérant. Les Super Eagles peinent à se montrer dangereux, étouffés par l'intensité marocaine. À la 79e minute, les Nationaux réclament un penalty, la balle ayant clairement touché la main d'un défenseur nigérian sur un tir de Hakimi, mais l'arbitre laisse le jeu se poursuivre. Ni le temps réglementaire ni les prolongations ne permettent de départager les deux sélections. Il faut alors recourir à la séance des tirs au but, où Yassine Bounou s'impose en héros. Décisif, le gardien marocain permet aux Lions de l'Atlas de s'imposer 4 tirs à 2 et d'arracher une qualification historique. Le Maroc s'offre ainsi une finale de prestige et l'opportunité de conserver le trophée à domicile, face au Sénégal, vainqueur de l'Egypte (1-0) dans l'autre demi-finale. Les Lions de l'Atlas sont proches de leur deuxième étoile après celle décrochée en 1976.