Depuis le début du conflit fin février 2026, de nombreux sites culturels iraniens ont subi des dégâts. Selon les autorités iraniennes, au moins 56 musées et lieux historiques ont été touchés à divers degrés. Ces dommages sont principalement liés à des frappes visant des installations militaires ou institutionnelles situées à proximité. Les ondes de choc, les débris et les explosions ont ainsi affecté des bâtiments historiques sans qu'ils soient nécessairement des cibles directes. Des sites emblématiques touchés Parmi les lieux affectés figure le palais du Golestan à Téhéran, classé au patrimoine mondial, endommagé par une explosion survenue dans sa zone de protection. À Ispahan, plusieurs monuments majeurs ont également été atteints, notamment la mosquée Jameh et le palais de Chehel Sotoun. La célèbre place Naqsh e Jahan, cœur historique de la ville, a aussi subi des dégâts. Certains bâtiments ont été plus lourdement touchés. Le site historique de Rashk e Jenan, datant de l'époque safavide, a été totalement détruit lors d'une frappe directe en mars 2026. Un patrimoine exposé aux réalités de la guerre Les organisations internationales, dont l'UNESCO, ont exprimé leur inquiétude face aux risques pesant sur ces sites. Plusieurs lieux inscrits au patrimoine mondial ont déjà été endommagés, et d'autres restent exposés. Toutefois, ces destructions s'inscrivent dans un contexte de guerre moderne où les zones urbaines concentrent à la fois des infrastructures stratégiques et des sites historiques. Malgré la transmission des coordonnées des lieux protégés aux belligérants, les dégâts collatéraux restent difficiles à éviter. Par ailleurs, le conflit ne se limite pas au territoire iranien. Des sites culturels dans d'autres pays de la région ont également été touchés, illustrant une dynamique de destruction réciproque. Entre communication politique et réalité du terrain La question du patrimoine est aussi devenue un enjeu de communication. Les autorités iraniennes dénoncent des atteintes culturelles, tandis que leurs adversaires mettent en avant des frappes ciblées contre des objectifs militaires. Dans ce contexte, il est difficile de distinguer les destructions intentionnelles des conséquences indirectes des combats. Certaines accusations de "guerre contre la culture" sont contestées, notamment en raison de l'absence de preuves systématiques de ciblage délibéré des sites historiques. Un héritage fragilisé à long terme Au-delà des destructions visibles, les experts alertent sur les effets durables du conflit. Les vibrations, les fissures et l'absence d'entretien risquent d'accélérer la dégradation de monuments parfois vieux de plusieurs siècles. L'Iran compte près de trente sites inscrits au patrimoine mondial, témoins d'une histoire riche et complexe. Leur préservation dépendra non seulement de la fin des hostilités, mais aussi de la capacité à restaurer et sécuriser ces lieux dans un environnement encore instable. Une perte qui dépasse les frontières Si ces sites sont situés en Iran, leur valeur dépasse largement le cadre national. Leur dégradation pose une question plus large sur la protection du patrimoine en temps de guerre, dans une région où les conflits récents ont déjà causé des pertes irréversibles. Dans ce contexte, la destruction du patrimoine apparaît moins comme une exception que comme une conséquence récurrente des conflits contemporains, où l'histoire se retrouve souvent prise au piège des stratégies militaires.