L'histoire du film suit Naïma, une mère vivant seule avec son fils Ahmed, âgé de 11 ans, dans un bidonville en périphérie de Casablanca. Lorsque les autorités décident de raser le quartier et de reloger les familles, l'enfant est contraint de changer d'école. Une démarche en apparence simple se heurte pourtant à une contrainte administrative majeure : la loi impose la signature du père, un homme absent depuis plusieurs années. À travers ce récit intime, le film met en lumière une problématique sociale profondément ancrée dans le droit marocain. Avec ce premier passage à la fiction, Sonia Terrab prolonge un travail déjà amorcé dans ses documentaires, en s'intéressant aux invisibles, aux femmes et à la jeunesse marocaine. Tourné en immersion avec de vrais habitants, le film se distingue par son ancrage dans le réel et sa volonté de donner une voix à ceux que l'on entend peu. L'histoire de Naïma fait écho à une situation encore fréquente au Maroc. Le Code de la famille, la Moudawana, continue d'accorder la tutelle légale exclusive au père, même en cas d'abandon. Dans un contexte où la réforme de ce texte est attendue depuis plusieurs années sans aboutir, le film résonne comme une œuvre nécessaire et actuelle. Depuis sa première mondiale au Festival International du Film Francophone de Namur, Les Jardins du Paradis poursuit un parcours remarquable. Il a notamment obtenu une mention spéciale du jury au Festival International du Cinéma Francophone en Acadie et a été sélectionné dans de nombreux festivals à travers le monde, dont ceux de Berlin, Tanger, Louxor, Malmö, Montréal, Lunel et Dakar. Coproduit entre le Maroc et la France par Iris Productions et Cinenovo, le film s'impose aujourd'hui comme une œuvre forte, à la croisée du cinéma engagé et du témoignage social.