Sous la présidence de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, l'Observatoire national des droits de l'enfant (ONDE) a tenu, lundi 30 mars à Rabat, sa rencontre annuelle avec ses partenaires institutionnels, publics et privés. Une réunion placée dans le sillage des Hautes orientations royales en matière de protection de l'enfance. Au programme : bilan de l'année écoulée et signature de nouveaux accords structurants pour les années à venir. Priorité à la santé et à l'innovation L'année 2025 confirme un recentrage clair sur la santé de l'enfant. L'ONDE a multiplié les actions de plaidoyer, notamment autour de la vaccination contre la rougeole et du programme national de vaccination contre le HPV. Sur le terrain, l'Observatoire a lancé une prise en charge psychothérapeutique gratuite pour les enfants victimes de violences ayant sollicité ses centres d'écoute, tout en déployant une campagne digitale dédiée à l'anxiété en milieu scolaire. Autre indicateur : le renforcement des compétences. En 2025, 1.290 professionnels en contact avec les enfants ont été formés dans le cadre du dispositif psycho-trauma ((DNPTE) de l'enfant déployé par l'ONDE, contre 929 un an plus tôt. Le chantier numérique s'accélère également. Une première version du carnet de santé digital a été mise à disposition des parents. À cela s'ajoutent le lancement d'une plateforme continentale dédiée au réseau africain des droits de l'enfant et la digitalisation des procédures internes. L'ONDE annonce par ailleurs une nouvelle plateforme baptisée « Tofoula », destinée à suivre les indicateurs liés aux droits de l'enfant en lien avec les Objectifs de développement durable. Justice et parole des enfants Sur le volet judiciaire, l'Observatoire a poursuivi ses efforts de formation, notamment auprès de pédopsychiatres, autour des techniques d'audition adaptées aux enfants selon le protocole NICHD. Des modules spécifiques ont également été intégrés dans la formation initiale et continue des magistrats, avec un accent sur la prise en compte de la parole de l'enfant. La 17e édition du Congrès national, organisée sous la présidence effective de la Princesse Lalla Meryem, a rassemblé experts nationaux et internationaux. Objectif : établir un état des lieux précis et formuler des recommandations stratégiques pour orienter les politiques publiques de protection de l'enfance à l'horizon 2030. L'ONDE revendique également une évolution du Parlement de l'Enfant. La réforme des critères de sélection vise davantage d'inclusion : moins de poids accordé à l'excellence scolaire, plus de place aux enfants élus, à ceux en situation de besoins spécifiques ou issus de l'enseignement traditionnel et des missions étrangères. Une manière de renforcer la représentativité et de positionner les enfants comme une force de proposition à part entière. Le Maroc, plateforme africaine Sur le plan international, l'année 2025 marque un tournant avec l'organisation à Rabat du premier Forum africain du Parlement de l'Enfant. Un rendez-vous qui a débouché sur la signature de sept partenariats et l'adoption de la « Déclaration de Rabat » par 28 pays africains. Ce texte entérine la création d'un réseau africain des droits de l'enfant et pose les bases d'une coopération continentale structurée. Point d'orgue de cette rencontre : la signature de dix conventions de partenariat avec des acteurs clés. Parmi ces acteurs, le ministère de l'Education nationale pour un programme de détection précoce des troubles neuro-développementaux dans le préscolaire, ou encore le ministère de la Santé pour renforcer la prévention des troubles psychologiques et déployer le dispositif psycho-trauma à l'échelle régionale. Des accords ont également été conclus avec le Haut-Commissariat au Plan pour la production de données statistiques alimentant la plateforme « Tofoula », ainsi qu'avec l'Observatoire national du développement humain pour une étude d'ampleur sur la santé mentale des enfants et adolescents. Un autre partenariat avec l'UNICEF Maroc porte notamment sur l'analyse de la situation des enfants et le renforcement des capacités de plaidoyer des jeunes parlementaires. Enfin, la collaboration avec la Fondation OCP vise à structurer une Académie africaine dédiée à l'émergence de jeunes leaders citoyens, appelée à devenir un pôle d'excellence continental. À travers ces partenariats, l'ONDE mise sur la convergence des acteurs pour renforcer ses capacités d'anticipation et d'action face aux défis émergents liés à l'enfance. Une montée en puissance assumée, dans un contexte où les enjeux sanitaires, sociaux et numériques redéfinissent les contours de la protection des plus jeunes.