Formée à l'Institut Paul Bocuse, elle dirige aujourd'hui La Maison Akissi, un restaurant où la gastronomie dialogue avec l'art contemporain africain. À travers ses plats, elle valorise les produits locaux et les recettes qui ont façonné son identité culinaire, offrant une cuisine qui raconte la Côte d'Ivoire telle qu'elle la vit et l'interprète. Pour Prisca Gilbert, son identité de cheffe se définit par un équilibre entre héritage et liberté créative. Sa cuisine, instinctive et sensorielle, puise dans ses origines, les épices, les sauces et les produits bruts, tout en restant résolument locavore. À la tête de son équipe, elle privilégie la transmission : rigueur et exigence se conjuguent avec humanité. « Je veux que chaque membre de mon équipe comprenne le sens derrière chaque plat », explique-t-elle. Ses expériences à l'international ont renforcé sa vision : la cuisine est avant tout une culture et une manière de vivre. « Chaque pays se découvre à travers son assiette », souligne-t-elle, affirmant que ses voyages nourrissent son imagination et son ambition de créer une gastronomie juste et sincère. Prisca Gilbert évoque également la place des femmes en cuisine professionnelle. Selon elle, si de nombreuses femmes sont restauratrices, elles restent peu nombreuses à diriger des brigades. « La cuisine, à l'origine, est un espace féminin, mais dans le monde professionnel, l'homme semble prédominer », note-t-elle, dénonçant un fossé persistant. Son plat iconique, l'Akpessi, incarne parfaitement sa vision de la Côte d'Ivoire. Servi à La Maison Akissi en bouchée apéritive pour souhaiter la bienvenue, l'Akpessi est une spécialité Agni du matin, traditionnellement préparée avec igname, banane plantain ou taro. «L'Akpessi n'est pas une purée lisse : il est texturé et plein de caractère, avec l'amertume de l'aubergine N'drowa, l'acidité de la tomate, le piquant du piment et la profondeur du poisson fumé », explique-t-elle. Un plat simple mais profond, reflet de ses origines et de son identité culinaire.