Cette contraction porte l'APD à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis 2015, au moment de l'adoption du Programme de développement durable à l'horizon 2030. En 2025, l'APD consentie par les pays membres du CAD et son Associé[1] s'est établie à 174.3 milliards USD, ce qui représente 0.26 % de leur revenu national brut (RNB) combiné, en baisse par rapport aux 214.6 milliards USD (soit 0.34 % du RNB) enregistrés en 2024. En 2025, les cinq principaux fournisseurs ont été l'Allemagne (29.1 milliards USD) – laquelle est devenue, pour la première fois, le principal fournisseur d'APD –, les Etats‐Unis (29.0 milliards), le Royaume-Uni (17.2 milliards USD), le Japon (16.2 milliards USD) et la France (14.5 milliards USD). C'est la première fois que les cinq principaux fournisseurs procèdent tous, la même année, à une réduction de leur APD – réduction cumulée représentant 95.7 % de la baisse totale de l'APD. Les Etats‐Unis ont réduit leur APD de 56.9 % Huit des 34 pays du CAD ont maintenu ou augmenté leurs budgets d'APD, et quatre pays ont dépassé la cible de 0.7 % fixée par les Nations Unies pour le pourcentage du RNB consacré à l'APD, à savoir le Danemark (0.72 %), le Luxembourg (0.99 %), la Norvège (1.03 %) et la Suède (0.85 %). « Les pressions budgétaires pesant sur les pays en développement s'accentuent, et le conflit en cours au Moyen-Orient représente un risque majeur pour la croissance mondiale et la sécurité alimentaire, a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann. Dans cet environnement difficile, la baisse significative de l'aide publique au développement montre bien qu'il est indispensable de maximiser l'impact des ressources disponibles et de les mettre à profit plus efficacement pour mobiliser de nouvelles sources d'investissement. » L'APD bilatérale en faveur de l'Ukraine a diminué de 38.2 % en 2025, pour s'établir à 10.3 milliards USD ; toutefois, si l'on prend en compte les apports des Institutions de l'Union européenne, elle a augmenté de 18.7 %, pour atteindre 44.9 milliards USD. Il s'agit du volume d'APD le plus important jamais fourni à un pays donné, qui dépasse l'APD bilatérale totale fournie par les membres du CAD destinée à l'ensemble des pays les moins avancés ou à l'ensemble des pays d'Afrique subsaharienne réunis. Ces dernières années, les membres se sont de plus en plus appuyés sur le système multilatéral pour soutenir les pays les moins avancés et compenser les réductions de l'aide bilatérale. Les données définitives concernant 2025, à paraître en décembre 2026, permettront de savoir si cette tendance se confirme. L'APD bilatérale consacrée aux programmes de développement de base (hors coût des réfugiés dans les pays donneurs, aide humanitaire et allégement de dette) a chuté de 26.3 %, soit le recul le plus marqué jamais enregistré, ce qui laisse à penser que les réductions ne se sont pas limitées aux éléments plus variables de l'aide bilatérale. L'aide humanitaire et l'APD destinée à couvrir les coûts des réfugiés dans les pays donneurs ont elles aussi diminué, affichant un recul de, respectivement, 35.8 % et 22.1 %. « Il est extrêmement préoccupant de constater que l'APD a enregistré une chute si brutale en 2025, qui s'explique par les réductions spectaculaires opérées parmi les donneurs les plus importants.D'autres membres du CAD sont également confrontés à des pressions budgétaires, politiques ou liées à la sécurité, tandis que quelques-uns vont à l'encontre de cette tendance, fait observer le Président du CAD de l'OCDE, M. Carsten Staur. Notre époque se caractérise par des besoins humanitaires grandissants, de fortes pressions pesant sur les pays les plus pauvres et les plus fragiles, ainsi que par des incertitudes croissantes sur toute la planète et une insécurité massive.Dans une telle situation, c'est d'une APD plus massive – et non pas en recul – dont le monde a besoin pour pouvoir lutter contre l'extrême pauvreté, améliorer la résilience et mobiliser davantage de ressources privées, mais aussi pour faire avancer la transition écologique et soutenir le système multilatéral. Je ne peux que tenter de convaincre les donneurs du CAD d'inverser cette tendance négative et de recommencer à accroître leur APD. Celle-ci est plus nécessaire que jamais, y compris pour la sécurité mondiale à plus long terme. » Sur la base d'une enquête menée auprès des membres du CAD et d'informations officielles publiées, l'OCDE anticipe une nouvelle baisse de 5.8 % de l'APD en 2026. Avec OCDE