Dans cette dynamique, le continent accélère la création de pôles technologiques afin de structurer l'innovation et capter une part croissante de la valeur numérique mondiale. De nombreux pays investissent dans des hubs dédiés, conçus pour regrouper start-up, centres de recherche, universités et grandes entreprises, avec l'ambition de reproduire, à leur échelle, le modèle de la Silicon Valley. Des hubs pionniers déjà structurés Certains écosystèmes se distinguent déjà comme des références. À Nairobi, surnommée « Silicon Savannah », l'innovation s'appuie sur un environnement dynamique, notamment dans la fintech et les services mobiles. Le succès de M-Pesa a largement contribué à positionner le Kenya comme l'un des leaders africains du paiement numérique. Le projet Konza Technopolis illustre cette ambition à travers le développement d'une véritable ville technologique. Au Nigeria, Lagos s'impose comme la principale capitale technologique du continent, attirant une part importante des investissements en capital-risque. Cette dynamique repose notamment sur des projets comme Itana ou Ekiti Knowledge Zone, conçus pour favoriser l'implantation d'entreprises technologiques. À Kigali, la stratégie repose sur une forte impulsion publique. Le projet Kigali Innovation City vise à créer un écosystème intégré réunissant formation, recherche et industrie. Ces hubs partagent plusieurs caractéristiques : une forte concentration de talents, la présence d'incubateurs et d'accélérateurs, des infrastructures adaptées et une attractivité croissante pour les investisseurs. Une nouvelle génération de projets Au-delà de ces pionniers, une nouvelle vague de hubs illustre l'intensification de la compétition entre pays africains. Au Bénin, Sèmè City s'impose déjà comme un modèle opérationnel, combinant formation, entrepreneuriat et recherche. Le projet ambitionne de former des dizaines de milliers de diplômés et de générer plus de 100 000 emplois d'ici 2030. En Guinée, la Cité des Sciences et de l'Innovation de Guinée, lancée en 2024, reflète cette volonté de structurer un écosystème technologique national. D'autres initiatives émergent également, comme le Parc des technologies numériques de Diamniadio au Sénégal, ou encore le futur village technologique au Gabon, signe d'une dynamique désormais généralisée sur le continent. Une stratégie portée par les infrastructures D'après l'International Trade Center (ITC), l'Afrique comptait plus de 1 000 hubs technologiques en 2024, contre moins de 600 en 2019 selon la GSMA. Cette progression témoigne d'un changement stratégique majeur : les Etats ne se limitent plus au soutien des start-up, mais investissent désormais dans des infrastructures capables de structurer des écosystèmes complets. Ces hubs permettent de concentrer les ressources, de favoriser les synergies entre acteurs et d'attirer les investissements. Ils s'imposent ainsi comme des leviers essentiels pour stimuler une innovation durable et renforcer la compétitivité de l'Afrique dans l'économie numérique mondiale, rapporte wearetechafrica.