L'Institut international de recherche agricole pour les zones arides (ICARDA), l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l'Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l'arganier (ANDZOA) ont conclu un protocole d'accord majeur pour la mise en place de plateformes de recherche appliquée au service des régions arides et désertiques nationales. L'accord a été signé à Erfoud, en marge du 2e Congrès international des oasis et du palmier dattier, tenu sous l'égide du ministère de l'agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. La cérémonie a réuni Aly Abousabaa, directeur général de l'ICARDA, Latifa Yaacoubi, directrice générale de l'ANDZOA et Lamiae Ghaouti, directrice de l'INRA. Cette entente tripartite entend jeter les bases d'une coopération structurée, ancrée dans les territoires, et résolument tournée vers la préservation des équilibres écologiques, la sécurité alimentaire et le renforcement des moyens d'existence dans les zones les plus vulnérables du pays. Le Maroc, dont environ 65 % de la superficie – soit plus de 710 000 km2 – relèvent de zones arides ou semi-arides, se trouve à la croisée de plusieurs défis : raréfaction des ressources hydriques, érosion des sols, pressions climatiques et marginalisation des espaces oasiens. Bien que riches en savoirs endogènes, ces territoires demeurent peu exploités au regard de leur potentiel. «En conjuguant nos efforts avec l'INRA et l'ANDZOA, nous édifions une architecture de coopération scientifique capable de faire émerger des modèles agricoles adaptés aux réalités désertiques, tout en accompagnant les agriculteurs face aux dérèglements climatiques», a déclaré M. Abousabaa. Le protocole prévoit notamment la création de stations de recherche dans les zones clés, le développement de systèmes agro-sylvo-pastoraux inspirés des dynamiques locales – à l'image de la biosphère de l'arganier – ainsi qu'un soutien accru aux communautés rurales, en particulier les femmes et les jeunes. Pour Mme Ghaouti, directrice de l'INRA, «ce partenariat vient consacrer l'excellence scientifique marocaine et positionne le Royaume comme trait d'union entre les savoirs du Nord et les urgences du Sud. Il ouvre également la voie à une coopération renforcée avec le Sahel, le Maghreb et le Moyen-Orient». Par cette entente, les trois institutions affirment leur volonté commune d'élaborer des réponses concertées, sobres en ressources, résilientes et durables, au service d'un avenir agricole plus équitable dans les zones désertiques du monde.