Dans cet ensemble, le Tchad se distingue comme le moteur de la croissance, avec une progression estimée à 5,2 %, nettement supérieure à la moyenne régionale et aux prévisions précédentes (3,6 %). À l'inverse, le Cameroun voit ses perspectives revues à la baisse : attendu initialement en tête, il devrait finalement enregistrer une croissance de 3,3 %, contre 4,1 % auparavant. La République du Congo maintient une trajectoire stable à 2,8 %, suivie de près par le Gabon (2,7 %) et la République centrafricaine (2,6 %). La situation est plus préoccupante pour la Guinée équatoriale, dont l'économie devrait se contracter de 2,7 %, alors qu'une légère croissance de 0,5 % était encore envisagée en octobre. Globalement, cette prévision de 3 % reste légèrement supérieure aux estimations du Banque des Etats de l'Afrique centrale, dont le Comité de politique monétaire tablait récemment sur une croissance de 2,9 %. Ce ralentissement s'inscrit dans un contexte plus large de révision à la baisse des perspectives pour l'Afrique subsaharienne, désormais attendue à 4,3 % en 2026, soit 0,3 point de moins que prévu par le FMI. En toile de fond, les tensions liées au Moyen-Orient pèsent sur les équilibres économiques mondiaux. La hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, ainsi que l'augmentation des coûts du transport maritime, perturbent les échanges commerciaux, freinent le tourisme et pourraient affecter les transferts de fonds. Pour les pays de la CEMAC, fortement dépendants des importations de carburants et de gaz domestique, cette situation risque d'alourdir la facture énergétique. En revanche, elle pourrait également soutenir les recettes d'exportation des Etats producteurs de pétrole de la sous-région.