Dans les pavillons du SIAM à Meknès, les accents venus d'Afrique subsaharienne résonnent entre les stands. Derrière les produits exposés – miel, cacao, karité, vanille ou artisanat – se dessine une ambition commune : transformer les liens diplomatiques en véritables opportunités économiques. Pour Oussou Edwige, entrepreneure au sein de la délégation de la République centrafricaine, la participation au SIAM est déjà un succès. « C'est notre deuxième édition et nous sommes venues exposer nos produits locaux. L'intérêt du public a été réel, notamment pour le miel, le cacao et le beurre de karité », explique-t-elle. Au-delà de la visibilité, les échanges ont rapidement pris une tournure plus concrète. « Nous avons eu des promesses de partenariats. Nous espérons maintenant les concrétiser », ajoute-t-elle, soulignant la volonté de bâtir « un pont économique » entre son pays et le Maroc. Des produits africains qui séduisent Même constat du côté de Madagascar, où les exposants mettent en avant la richesse de leur savoir-faire. Vanille, produits artisanaux en raphia ou objets culturels : la diversité de l'offre attire l'attention des visiteurs. « Le SIAM est une opportunité unique. C'est un espace d'échanges, aussi bien en B2B qu'en B2C, qui permet d'envisager des collaborations et de sécuriser des chaînes d'approvisionnement », explique un représentant malgache de la coopérative Ray's Vanille. Dans le cas de la vanille, dont Madagascar assure près de 80 % de la production mondiale, les perspectives sont particulièrement prometteuses, notamment sur le marché marocain déjà importateur. La délégation ghanéenne, représentée notamment par la vice-ambassadrice Janeth Abugre, affiche des ambitions claires : renforcer sa présence commerciale au Maroc. « Le SIAM est une excellente plateforme pour présenter nos produits au monde entier », souligne-t-elle. Le cacao, produit phare du Ghana, a rencontré un franc succès auprès des visiteurs. « Nous avons même été en rupture de stock », confie-t-elle, preuve de l'intérêt du marché marocain. L'objectif est désormais d'aller plus loin : « Nous souhaitons établir une présence durable au Maroc pour rendre nos produits plus accessibles », ajoute la diplomate. Au fil des stands, un même constat s'impose : le SIAM dépasse largement le cadre d'un simple salon agricole. Il s'affirme comme une plateforme de mise en relation, où se nouent des contacts, se discutent des projets et s'esquissent de futures collaborations. Pour les coopératives africaines, l'enjeu est double : valoriser leurs produits à l'international et s'inscrire dans des circuits économiques plus structurés. Le Maroc, de son côté, apparaît comme une porte d'entrée stratégique vers de nouveaux marchés.