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Depuis Tétouan, Nizar Baraka souligne l'importance de lutter contre les disparités spatiales
Publié dans L'opinion le 27 - 06 - 2021

Dans le sillage de sa tournée nationale, le leader de l'Istiqlal Nizar Baraka a réitéré, samedi à Tétouan, la nécessité d'une rupture catégorique avec le libéralisme, faisant part de la capacité de l'Istiqlal à remporter les prochaines législatives. Détails.
Le Secrétaire Général du Parti de l'Istiqlal Nizar Baraka poursuit sa tournée nationale, en allant à la rencontre des citoyens de Tétouan, après avoir effectué une tournée réussie dans la région de l'Oriental, où il a tenu plusieurs meetings avec les habitants des régions frontalières.
Une occasion de se prononcer sur la situation du pays, au moment où le débat électoral semble prendre de plus en plus de place dans l'arène politique. Dans un meeting avec les militants de la Balance, venus de plusieurs régions du Nord, à la ville de la Colombe blanche, Nizar Baraka a appelé, de ses voeux, à un changement radical dans la conduite des affaires du pays, pour sortir de la crise actuelle, marquée par le retour du chômage de masse, la montée inquiétante des inégalités et la discorde entre le citoyen et les institutions.
Le Nord, une priorité absolue
Dans un discours ponctué d'acclamations des militants présents, qui scandaient à plusieurs reprises l'hymne du parti avec ferveur, le leader de l'Istiqlal a pris soin d'expliquer les raisons derrière la nécessité de la rupture dont le pays a si fortement besoin.
« Certes, le mot rupture inspire parfois méfiance et incompréhension chez les citoyens », a reconnu M. Baraka, soulignant que le grand enjeu des années prochaines est de lutter contre les inégalités sociales et les disparités spatiales, dont ont souffert des villes comme Tétouan. Celle-ci n'a pas bénéficié, selon le leader de l'Istiqlal, du développement qu'a connu la région Tanger-Al-Hoceima.
Selon lui, il est absolument vital d'investir dans cette ville historique dans des projets industriels, numériques, touristiques et sportifs afin d'y créer des emplois. Pour le reste des régions du Nord, en majorité frontalières, étouffées par la fermeture des frontières avec Sebta et Mellilia, Nizar Baraka a appelé à y investir les retombées de la légalisation du cannabis. Tout cela pour éviter, selon lui, le drame de Sebta, où des milliers de jeunes marocains se sont jetés éperdument dans la mer pour rejoindre l'enclave. « C'est le résultat des politiques catastrophiques du gouvernement actuel », a-t-il martelé.
Sauver la classe moyenne à tout prix
Le SG de l'Istiqlal a réitéré l'urgence de sortir de la crise de confiance qui secoue les institutions avec une rupture catégorique avec les politiques impopulaires qui ont tellement paupérisé les classes moyennes et populaires, que personne n'a plus confiance dans la politique. En témoignent les sondages qui indiquent à quel point les citoyens sont prêts à déserter les urnes lors des prochaines échéances électorales. Celui de MIPA fait état de deux tiers des Marocains prédisposés à ne pas voter. Le mal est évident, selon Nizar Baraka, c'est l'ultralibéralisme, où se sont réfugiés les deux derniers gouvernements pour éviter de faire face aux grandes réformes sociales, dont avait besoin le pays.
Les exemples sont nombreux : la libéralisation des prix des hydrocarbures, privatisations, augmentation de l'âge de départ à la retraite et hausse des cotisations dans la Fonction publique, baisse du budget de la Caisse de Compensation, stagnation du dialogue social, etc. Tout cela donne à penser que le gouvernement actuel a bifurqué vers une politique libérale après avoir promis l'inverse, se résignant ainsi à privilégier le capital sur le travail, de peur d'affronter les grandes entreprises qui dictent la loi économique, aux dépens des PME et TPE.
A cet égard, selon le chef des istiqlaliens, il faut absolument redonner du crédit aux petites entreprises, vu qu'elles constituent la majeure partie du tissu économique national. En effet, le fait que l'Etat batte en retraite face à la puissance du marché n'est plus acceptable pour le Parti de l'Istiqlal, d'autant que le nouveau modèle de développement a mis la pierre angulaire de l'Etat social qui doit protéger les citoyens contre les périls sociaux (maladie, retraite, chômage, etc.).
Selon Nizar Baraka, qui s'est adressé sur un ton grave aux militants, il suffit de constater à quel point les inégalités ont augmenté dans notre pays, pour se rendre compte des dégâts du libéralisme échevelé. 20% des plus fortunés raflent 54% de la richesse nationale, ne laissant que 46% du PIB à plus de 80% de la population. Ce constat est tellement grave qu'il paraît caricatural. « C'est inacceptable, c'est inacceptable », s'est évertué à répéter M. Baraka d'un ton colérique. En effet, la montée des inégalités ne peut qu'engendrer des expositions de colère et produire des scénarios semblables à celui du boycott de 2018 où les citoyens ont clairement dénoncé les pratiques oligopolistiques, encouragées par le libéralisme gouvernemental. Un signal clair pour bâtir un Etat social, auquel aspire le Parti de l'Istiqlal, qui n'est pas simplement la volonté d'un parti, mais l'aspiration de la majorité des citoyens qui vivent de la sueur de leur front.
Alors que le mandat du gouvernement approche de sa fin, M. Baraka a critiqué l'irresponsabilité de l'Exécutif qui achève son quinquennat, sans qu'il y ait de politique intégrée pour la jeunesse et un renouvellement des politiques et stratégies sectorielles (agriculture, investissement, tourisme, etc.), dont la majeure partie a pris fin. « Le gouvernement prochain devra recommencer malheureusement à zéro », a-t-il déploré. Concernant les dossiers sulfureux dont devraient hériter la prochaine équipe gouvernementale, la solution est d'ores et déjà conçue aux yeux de l'Istiqlal.
Pour le problème des enseignants contractuels qui a ébranlé le mandat de Saâd Dine El Othmani, Nizar Baraka est on ne peut plus clair : « Nous allons intégrer les enseignants recrutés par contrat dans la Fonction publique », a-t-il promis. Une promesse qui s'ajoute aux mesures « sociales » qui figurent dans le programme électoral de l'Istiqlal qui veut limiter la pression fiscale sur les ménages moyens, par une baisse de l'impôt sur le revenu, tout en s'engageant sur une exécution rapide et efficace de la généralisation de la couverture sociale d'ici 2025.
Au terme de son allocution, Nizar Baraka a fait part de la capacité du Parti de l'Istiqlal à occuper le devant de la politique lors du prochain scrutin législatif, voire même à le remporter, pour diriger la prochaine équipe gouvernementale. Cela dit, les héritiers d'Allal El Fassi comptent reprendre les commandes de l'Exécutif pour le prochain quinquennat, ou au moins y prendre part avec un bon résultat électoral pour peser dans les négociations de la formation de la prochaine majorité.

Anass Machloukh
Contre les assauts de la technocratie sur la vie politique
Nizar Baraka n'a pas laissé l'occasion s'échapper sans dénoncer la campagne de dénigrement des partis politiques qui surgit à l'approche de chaque élection. Une campagne aux allures de machination qui met en avant les technocrates comme le salut du pays, au détriment des partis politiques, dont le rôle indispensable dans l'encadrement de la société a été souligné par le rapport du nouveau modèle de développement.
« Il existe des partisans de la technocratie, qui ne croient pas encore aux choix démocratiques qu'a fait notre pays», a asséné le SG de l'Istiqlal, ajoutant que le Parti de la Balance a assez de cadres et de compétences dans tous les domaines pour diriger le pays. « C'est pour cette raison que les gens nous appellent la conscience de la Nation vu que nous sommes ouverts à tous les citoyens », a-t-il poursuivi. Selon Nizar Baraka, le Parti a fait son examen de conscience et son autocritique, et est parvenu à retrouver son âme et son image habituelle, en en finissant avec certaines pratiques et tripotages politiques ayant nui à la réputation du parti de la Balance il y a quelques années.


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