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Le Royaume se referme face à la menace Omicron
Publié dans L'opinion le 28 - 11 - 2021

Quelques jours après l'apparition d'une nouvelle mutation du Covid-19, apparue en Afrique du Sud, baptisée Omicron, et qualifiée de « préoccupante » par l'OMS, le Maroc a décidé d'interrompre le trafic aérien durant une période de deux semaines. Détails.
Alpha, Beta, Gamma et Delta, la série de la métamorphose du Covid continue et un nouveau variant, baptisé Omicron par l'OMS, a été identifié le mercredi 24 novembre. Apparu en Afrique du Sud, il inquiète la communauté scientifique, car il apparaît, selon les premières études, comme plus contagieux que le variant Delta.
Face à cette nouvelle menace, les autorités sanitaires ont décidé de ne prendre aucun risque et de « suspendre tous les vols directs de passagers à destination du Royaume du Maroc, pour une durée de 2 semaines, à compter du lundi 29 novembre 2021 à 23h59 », comme le précise le communiqué du Comité Interministériel de suivi du Covid.
Une propagation virulente du nouveau variant
Depuis le séquençage de ce nouveau variant une trentaine de cas ont été enregistrés en Afrique du Sud mais les laboratoires d'analyse confirment détecter de plus en plus de cas. Le nouveau variant a également été enregistré au Botswana et à Hong Kong sur un voyageur qui revenait d'Afrique du Sud.
Une autre personne a été infectée en Israël, ce qui a poussé le pays à fermer ses frontières de manière définitive à tous les étrangers. Des cas ont été également identifiés en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie après un premier en Belgique. Le nouveau variant s'approche à grande vitesse de la porte marocaine.
Une rapide riposte marocaine
Face à cette situation préoccupante, le comité interministériel chargé de coordonner la mise en oeuvre du dispositif sanitaire relatif aux voyages internationaux a dans un premier temps instaurer une mise à jour des mesures dudit dispositif, en vue de réduire les risques d'une reprise épidémique sur le territoire national. Les autorités ont débuté par annoncer la suspension des vols en provenance et à destination de France, d'Afrique du Sud et de plusieurs autres pays d'Afrique Australe.
Une décision qui a été suivie le vendredi 26 novembre par la mise en place d'une liste de pays C « à risque élevé », dont les voyageurs ne pourront plus accéder au territoire marocain, qu'il s'agisse de vols directs ou avec transit. Les pays concernés sont l'Afrique du Sud, le Botswana, L'Eswatini, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie et le Zimbabwe.
Autre mesure mise en place: l'obligation pour les enfants âgés de 6 à 11 ans révolus de présenter un test PCR négatif, quel que soit le pays de provenance. Là où les enfants âgés de moins de 6 ans étaient exemptés de toute condition d'accès, il n'empêche que face à la propagation de ce nouveau variant aux portes du Royaume, les autorités sanitaires ont décidé d'opter pour l'option la plus sûre, à savoir la suspension de l'ensemble des vols commerciaux directs vers le Royaume dès le lundi 29 novembre, et ce, pour deux semaines renouvelables en fonction de l'évolution de la situation épidémiologique.
Un tour de vis qui représente un nouveau coup de massue pour le secteur touristique, dont les opérateurs misaient sur la période de fin d'année pour sauver ce qui reste de la saison. Le secteur a, rappelons-le, déjà enregistré une chute d'activités très sévère estimée à plus de 42,4 milliards de dirhams (4,7 milliards $) en 2020, représentant une baisse d'environ 53,8% par rapport à 2019.
Vaccination, seule arme
Pour le Dr.Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, seul le respect des mesures barrières permet d'étouffer les cas importés et de ralentir la propagation des virus en attendant de protéger la population par plus de vaccination. Se disant en faveur de plus de vigilance, grâce à une vaccination rapide, complète et généralisée, l'expert a affirmé qu'il s'agit de la « seule arme disponible à ce jour pour réduire le risque de l'émergence de nouveaux variants » et du « chemin le plus rapide vers le retour à la vie normale et la fin de cette pandémie ».
Pour ce qui est de la résistance d'Omicron aux anticorps, l'expert a poursuivi que si le variant déjoue effectivement l'immunité, les laboratoires et les chercheurs devraient adapter leurs vaccins pour lui faire face et ça prendrait quelques mois. Concernant l'efficacité des vaccins, Dr Hamdi avance qu'aucune réponse définitive ne peut être apportée actuellement ».
« Il y a des indices que ce variant pourrait déjouer ou affaiblir l'efficacité des vaccins, et qu'il pourrait y avoir un risque plus élevé de réinfections chez les personnes déjà guéries de la Covid », a-t-il prévenu, soutenant que certaines mutations dans ce variant sont déjà connues pour leur capacité à aider le virus à échapper au système immunitaire et à résister aux anticorps.
A ce propos, l'expert a indiqué que des prélèvements ont été effectués sur le sang de personnes déjà vaccinées ou ayant guéri de la Covid, pour confronter leurs anticorps au nouveau variant dans les laboratoires, ajoutant que les premières réponses seront disponibles dans deux semaines, alors qu'un suivi de la situation en Afrique du Sud dans les conditions réelles de l'épidémie donnerait des réponses plus précises, mais avec plus de retard.
Loin de la panique, le variant est gérable
La propagation de ce nouveau variant a produit un remake de la grande couverture médiatique qui a accompagné ses prédécesseurs ( alpha, beta...). Une couverture qui sème la peur au coeur des citoyens plus qu'elle apporte de réponses et d'informations.
Selon les scientifiques, les virus mutent tout le temps et la plupart des changements sont sans conséquence. Ainsi, le Dr Hamdi a averti que si le nouveau variant s'avère légèrement plus transmissible que Delta, qui est le dominant actuellement, la situation ne devrait pas connaitre un changement notable, alors que si la transmissibilité atteint 50% ou plus que Delta, le monde fera face à de nouvelles vagues très fortes, surtout dans les pays sous vaccinés.
Côté virulence, si Omicron s'avère plus transmissible et moins virulent que Delta (peu probable mais possible), ce variant prendra la place de Delta avec des vagues moins graves et moins de décès, a-t-il argumenté.
Hiba Chaker
Effondrement de la Bourse mondiale

L'émergence de ce « variant préoccupant » aux 32 mutations a fait vivement réagir la communauté internationale. De nombreux pays, dont le Maroc, limitent les déplacements avec l'Afrique australe. Ces interdictions de voyage ont déjà influencé l'économie mondiale en faisant chuter les prix du pétrole et en entraînant de fortes baisses des Bourses mondiales. Francfort a perdu 4,15 % à la clôture, Paris enregistrant sa pire séance depuis mars 2020 (-4,75 %) et Londres depuis juin 2020 (-3,64 %). Plus tôt, Tokyo avait fermé à -2,53 %. Déstabilisée également par le variant, la Bourse de New York a elle aussi clôturé en net recul avec sa plus forte chute de l'année (-2,53 %).

Repères
Quels sont les symptômes du variant Omicron ?
Dr Angelique Coetzee, présidente de l'association médicale d'Afrique du Sud, a expliqué que les symptômes du nouveau variant sont «différents et plus légers qu'auparavant ». Elle parle même d'une maladie «bénine». La scientifique a également noté que les malades étaient très fatigués pendant un jour ou deux seulement. Mais qu'après «tout allait beaucoup mieux». Cette fois, aucune perte de goût ou d'odorat n'a été remarquée. Elle a noté une légère toux. Les patients sud-africains - une dizaine étudiés pour l'instant - disent n'avoir souffert d'aucun symptôme. Les deux passagers testés positifs au variant en Australie à leur retour d'Afrique du Sud, pleinement vaccinés, ne présentent même pas le moindre symptôme, selon les autorités du pays.

Pourquoi « Omicron » ?
Depuis fin mai, l'OMS a choisi de désigner les différentes souches du virus à l'aide de l'alphabet grec classique. Auparavant, les médias préféraient utiliser l'origine du variant (britannique, indien, etc..) plutôt que le code - comme «B.1.1.529». Après Alpha, Beta... si l'OMS avait suivi l'alphabet grec, le nouveau variant aurait dû s'appeler nu ou xi. L'organisation a communiqué samedi soir les raisons de cet évitement : «nu» se prononce comme «new» en anglais et aurait entretenu la confusion «nouveau variant» ; «xi» est un nom de famille très répandu dans le monde, dit encore l'OMS et c'est celui du leader chinois Xi Jinping. Ainsi, l'OMS a sauté à la 15ème lettre « omicron ».


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