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Iran-EAU : La paix par le business
Publié dans L'opinion le 07 - 12 - 2021

Un haut diplomate émirati a rencontré le Président iranien à Téhéran. Les deux pays entretiennent d'importants liens économiques, malgré les sanctions américaines.
Après la surprenante réconciliation avec la Turquie en novembre dernier, qui s'est soldée par 10 milliards de dollars de contrats, voilà que le Conseiller émirati à la Sécurité nationale, le cheikh Tahnoun ben Zayed, est arrivé ce 6 décembre à Téhéran. Le frère du prince héritier Mohammed Ben Zayed (MBZ) y rencontre plusieurs officiels iraniens, dont le Président Ebrahim Raïssi. Une première en cinq ans. Les deux voisins du Golfe étaient en froid en raison de la rupture des relations diplomatiques entre l'Iran et l'Arabie saoudite en 2016.
Depuis, les deux pays se sont affrontés sur le dossier yéménite, la Syrie et sur les rapports avec l'Etat hébreu. Abou Dhabi a normalisé ses relations avec Tel-Aviv en septembre 2020, ce qui n'avait pas manqué de provoquer l'ire de Téhéran. Mais cette «visite de Tahnoun s'inscrit dans un contexte d'une amélioration rapide des relations bilatérales Emirats-Iran», rappelle au micro de Sputnik Marc Martinez, consultant en géopolitique pour de grands groupes internationaux et spécialiste de l'Iran.
En effet, ce n'est pas la première fois que des officiels des deux pays se rencontrent pour tourner la page des tensions régionales. Le 24 novembre dernier, une délégation émiratie a reçu à Abou Dhabi le vice-ministre des Affaires étrangères de l'Iran, Ali Bakiri. Les deux parties ont confirmé «le développement de relations fondées sur le bon voisinage conformément à leurs intérêts communs».
8.000 entreprises iraniennes à Dubaï
Mais ce réchauffement des relations serait surtout profitable à l'Iran. Les Emirats arabes unis jouent un rôle central dans le commerce extérieur iranien. En 2018, ils représentaient, pour les échanges de biens non pétroliers, le troisième partenaire commercial de Téhéran en termes d'exportations et le deuxième en termes d'importations. Téhéran vend surtout des combustibles minéraux, de la fonte, de l'acier, des fruits et achète des voitures, des appareils mécaniques, des appareils électriques, des perles et métaux précieux.
Malgré les contentieux régionaux, les Emirats ont envoyé deux avions transportant 32 tonnes de fournitures médicales à l'Iran, profondément touché par l'épidémie du coronavirus. Ces liens économiques s'expliqueraient en partie par la présence d'une importante diaspora iranienne: «environ 600.000 selon les dernières estimations», indique Marc Martinez.
De plus, en 2010, on ne comptait pas moins de 8.000 entreprises iraniennes à Dubaï. Mais face aux pressions économiques de Washington, les échanges économiques bilatéraux se sont taris. Les importations de l'Iran aux Emirats sont passées de 17,4 milliards de dollars en 2011 à 5,5 en 2016.
D'ailleurs, en janvier 2021 des sanctions américaines avaient également visé des entreprises émiraties qui traitaient avec le pays des mollahs. Des restrictions qui ne seraient pas du goût de tous les Emirats. «Pour simplifier à l'extrême, longtemps, les deux grandes villes se sont divisés les rôles entre le méchant flic (Abou Dhabi) et le gentil flic (Dubaï). Abou Dhabi, partisan d'une ligne dure, était très vocal contre l'Iran, mais détournait le regard de ce qu'il se passait à Dubaï.
En effet, la ville de Dubaï et l'Iran vivent une relation discrète, mais quasi symbiotique», avance le consultant en géopolitique. Des relations qui ont perduré malgré les sanctions américaines. Pour ce faire, «les Iraniens ont été impliqués dans un système bancaire informel, le Hawala [virement en arabe, ndlr]», explique-t-il.
Dubaï, planche de salut pour Téhéran
Cet appareil financier permettrait en effet l'envoi de fonds par les travailleurs immigrés vers leur pays d'origine. Dubaï devenait de fait une véritable plaque tournante économique pour l'Iran et n'hésitait pas à aller à l'encontre d'Abou Dhabi et de l'Administration américaine.
«Alors que l'Iran n'avait pas de port en eau profonde, le port dubaïote de Jebel Ali servait à transférer les marchandises à destination de l'Iran sur des plus petits navires pouvant accoster en Iran», poursuit le spécialiste. Mais la présence iranienne dans les Emirats s'est tout de même réduite comme peau de chagrin. Il ne reste plus que deux établissements bancaires iraniens à Dubaï: Saderat et Melli. Et c'est bien là tout l'intérêt de cette récente visite en Iran, car «elle facilitera les échanges entre les deux pays en relâchant la pression sur Dubaï et en autorisant des contrats indirects», prédit Marc Martinez.
Compte tenu de la lenteur des pourparlers sur le nucléaire iranien et du maintien des sanctions américaines, les liens officieux entre les Emirats arabes unis et l'Iran ont de beaux jours devant eux.

Emirats, Iran, Turquie: une nouvelle route commerciale

Au cours de son entretien ce lundi avec Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, le diplomate émirati Tahnoun ben Zayed a vanté le désir d'Abou Dhabi de rétablir des relations fraternelles avec Téhéran. Le pays des mollahs n'est pas en reste. «Les relations amicales avec les voisins et l'échange de capacités économiques, commerciales et d'investissement sont parmi les principales priorités de l'Iran dans le domaine de la politique étrangère», a pour sa part indiqué Ali Shamkhani.
«Il y a déjà eu plusieurs réunions de coordination et puis, plus récemment, des appels téléphoniques rendus publics entre ministres des Affaires étrangères», rappelle Marc Martinez.
Alors que chaque pays du Golfe a sa propre politique à l'égard de l'Iran, pour les Emirats arabes unis, celle-ci est surtout dictée par ses intérêts économiques. Ainsi, un corridor terrestre a-t-il été officiellement lancé le mois dernier entre la Turquie et Abou Dhabi en passant par l'Iran. Cet axe relie le port émirati de Sharjah à destination du port turc de Mersin. Une route commerciale qui se parcourt en 20 jours, permettant de contourner le canal de Suez et de gagner huit jours de trajet.


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