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Maroc - Espagne : Une visite pour passer à un nouveau cap
Publié dans L'opinion le 07 - 04 - 2022

Sur invitation de SM le Roi Mohammed VI, le Chef du gouvernement espagnol effectue une visite officielle au Maroc à partir de ce jeudi. Ce déplacement couronne le tournant stratégique décidé dans les relations entre les deux pays sur le dossier du Sahara marocain. Sur le plan économique également, c'est un nouveau cap qui s'annonce.
« Nous mettons fin à une crise (...), le plus important est que nous posons les bases d'une relation beaucoup plus solide, beaucoup plus forte avec le Royaume du Maroc ». Ces propos, tenus il y a quelques jours à Sebta, sont du Chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, en visite officielle ce jeudi au Maroc, sur invitation de SM le Roi Mohammed VI.
Cette visite marque un nouveau tournant dans les relations entre les deux pays, suite au changement de position majeur en faveur du Maroc, opéré par Madrid sur la question du Sahara. Les sujets politiques seront donc présents en force lors des entretiens entre le Souverain et le Chef du gouvernement espagnol. Mais, ce déplacement en terre marocaine sera également synonyme de dénouement pour de nombreux dossiers d'ordre économique, en suspens depuis la brouille entre les deux parties, suite à l'hospitalisation en catimini en Espagne du chef du Polisario, il y a presque un an.
Affaires courantes
Les opérateurs économiques des deux bords, mais aussi les simples citoyens et membres de la diaspora, attendent notamment avec impatience la reprise des liaisons maritimes de transport de voyageurs entre les ports marocains et espagnols. A Tanger par exemple, c'est le branle-bas de combat chez les professionnels du transport maritime. Depuis plusieurs semaines, les transporteurs maritimes sont suspendus à l'annonce d'une reprise officielle des liaisons maritimes. A ce propos, l'exclusion des ports espagnols de la dernière opération « Marhaba » avait été mal vécue du côté ibérique, en raison surtout des pertes financières estimées à plus de 1,15 milliard d'euros pour la partie espagnole.
TIR
Dans le transport international routier (TIR), dont les opérateurs marocains se plaignent en continu des nombreux obstacles rencontrés sur le sol espagnol, on porte aussi beaucoup d'espoir sur la visite de Sanchez au Maroc, sans parler des exportateurs agricoles nationaux. Les produits de ces derniers, notamment la tomate, font apparemment rougir les agriculteurs espagnols, qui crient à la concurrence, malgré l'accord agricole liant le Maroc aux pays de l'UE, dont fait partie l'Espagne. Dans le Nord du Maroc, on attend également avec impatience la réouverture et la reprise des flux commerciaux avec Sebta, interrompus suite à la crise migratoire qui avait provoqué l'entrée de milliers de migrants dans le préside occupé.
Du gaz dans le sens inverse
Tout cela, sans oublier bien sûr l'urgence de fournir le Royaume en gaz, en inversant le flux du Gazoduc Maghreb-Europe (GME), suite à la décision algérienne d'arrêter les livraisons via ce canal, depuis fin août dernier.
D'ailleurs, à ce propos, c'est la mobilisation générale des deux côtés. Un accord final est attendu dans ce sens. « L'Espagne et le Maroc ont déjà l'habitude de se vendre de l'électricité. Donc, l'usage du GME dans le sens inverse ne viendra que donner plus de profondeur stratégique à cette coopération et ainsi solidifier les nouveaux fondements de cette relation en reconstruction », note l'économiste Driss Aïssaoui. Hormis ces « affaires courantes », qu'il faudrait vite évacuer, les économistes sont unanimes sur le potentiel immense de renforcement des relations entre les deux parties.
Nouveau cap
« L'Espagne peut énormément s'impliquer dans de nombreux projets prévus dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement et contribuer à l'établissement de relations plus globales allant dans le sens d'une sphère Nord-Sud, qui se prolongent à l'Afrique subsaharienne. C'est la seule façon d'assurer la stabilité et la sécurité totale de ces relations », théorise l'économiste Ahmed Azirar.
Dans ce nouveau partenariat économique, de nombreux secteurs pourront davantage dynamiser leur contribution : il s'agit notamment de l'automobile, avec la fourniture par l'Espagne d'intrants dans la fabrication automobile. « Dans l'industrie maritime, le Maroc peut également prioriser une coopération dans la construction et les chantiers navals, essentielle dans la montée en valeur de notre stratégie maritime », conclut Ahmed Azirar.
Abdellah MOUTAWAKIL
Repères
Investissements : le Maroc, premier partenaire en Afrique
Le Maroc est la première destination des investissements espagnols en Afrique, avec un montant cumulé de près de 4,5 milliards d'euros, soit plus de 74 milliards de DH. Réalisés par plus de 600 entreprises espagnoles présentes dans le pays, ces investissements génèrent plus de 20.000 emplois directs. Ils ont été consentis dans plusieurs secteurs, notamment l'automobile, l'infrastructure, la logistique, le textile, le tourisme, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, la gestion de l'eau, l'agriculture, la santé et l'éducation.

Détroit de Gibraltar : où en est le projet de tunnel sous-marin ?
L'idée d'un tunnel sous-marin ferroviaire sous le détroit de Gibraltar a resurgi dernièrement entre le Maroc et l'Espagne. L'année dernière, le sujet a une nouvelle fois été évoqué entre les deux gouvernements. Mais jusque-là, rien de concret, hormis les études de faisabilité. Pour rappel, le projet consiste à relier Tarifa (Espagne) et Malabata (région de Tanger) par un tunnel sous-marin ferroviaire, l'Afrotunnel, long de 38 kilomètres dont 28 sous la mer à une profondeur de 400 mètres (une profondeur plus importante que celle du tunnel sous la Manche).
L'info...Graphie
Marocains d'Espagne
Trait d'union entre Rabat et Madrid
Ils sont certainement pour quelque chose dans le réchauffement des relations entre Rabat et Madrid. Ils, ce sont les plus de 811.500 Marocains établis en Espagne. Ce qui en fait la première communauté parmi les 5,8 millions d'étrangers recensés dans le pays. Les femmes représentent 44% de la communauté marocaine établie légalement dans le pays. Une communauté dont la moyenne d'âge ne dépasse pas 33 ans.
Cela dit, un total de 264.304 Marocains étaient affiliés à la Sécurité sociale en Espagne, selon les statistiques officielles du ministère espagnol de l'Intégration, de la Sécurité sociale et des Migrations Les Marocains se maintiennent ainsi en tête du classement des travailleurs étrangers extra-communautaires cotisant à la Sécurité sociale en Espagne. Avec la pandémie, une certaine baisse de l'afflux des migrants a été notée, en raison notamment des fermetures des frontières et des restrictions sur les voyages. Mais depuis quelques mois, le rythme reprend progressivement.

Maroc – Espagne
Boom des échanges commerciaux malgré la brouille !

C'est le paradoxe dans la brouille de quasiment une année entre le Maroc et l'Espagne. Les relations commerciales n'ont aucunement souffert de la mésentente sur le plan politique. Et cela, ce sont les chiffres de l'ambassade d'Espagne au Maroc qui le confirment. En effet, selon ces statistiques, le Maroc a exporté en 2021 environ 7,3 milliards d'euros vers l'Espagne, en hausse de 14,6% par rapport à l'année précédente.
Au même moment, les importations marocaines en provenance du voisin ibérique se chiffraient à 9,5 milliards d'euros, enregistrant une croissance de 29,2%. Ce qui maintient l'Espagne parmi les tous premiers partenaires commerciaux du Royaume.
En effet, la courbe des échanges commerciaux entre les deux pays est sur une tendance haussière depuis 2016 affichant une légère baisse en 2020 avec des exportations vers l'Espagne qui ont atteint 6,37 milliards d'euros (contre 6,96 milliards d'euros en 2019) alors que les importations s'élèvent à 7,35 milliards d'euros (contre 8,45 milliards d'euros en 2019).
Globalement, les chiffres records enregistrés en 2020 représentent des quotes-parts de 3% et 2,1% de la part mondiale des exportations et des importations de l'Espagne. Sur le plan des investissements et de l'implantation des entreprises espagnoles, notez que le Maroc en compte au bas mot quelque 600 sur son sol, employant des milliers de salariés. Les secteurs immobiliers et de la construction ont été pendant longtemps privilégiés par les entreprises espagnoles. Dans le Nord du Maroc, on assiste ces dernières années à une implantation importante d'acteurs espagnols spécialisés dans l'offshoring.

3 questions à Driss Aïssaoui, économiste
« Avec le Maroc, le champ de coopération est beaucoup plus dense »

Pour l'économiste et analyste politique Driss Aïssaoui, les relations économiques entre Rabat et Madrid peuvent connaître un nouveau souffle, en misant sur les joint-ventures.
- Pensez-vous qu'une étape nouvelle s'ouvre dans les relations entre le Maroc et l'Espagne ?
- Ce réchauffement entre Rabat et Madrid est rendu possible par une volonté politique portée au plus haut niveau par SM le Roi Mohammed VI et par le Chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Cela dit, les relations entre les deux voisins que nous sommes ont toujours été compliquées, gérées avec beaucoup de difficultés. Mais là, on sent la volonté de franchir un nouveau cap. Et pour le Maroc, de bonnes relations avec l'Espagne, c'est s'assurer de bonnes relations avec l'Europe.
- Quel nouveau cap faudrait-il franchir pour davantage fructifier, mais aussi sécuriser, les relations économiques entre les deux pays ?
- L'Espagne se positionne en premier partenaire commercial du Maroc. Les investissements et les échanges commerciaux avec nos voisons ibériques sont importants et couvrent quasiment tous les secteurs. Je pense qu'il faut aller vers un nouveau cap, en créant des joint-ventures. Il faut jouer sur la complémentarité et non sur la concurrence. Je pense que les secteurs de l'agro-industrie et de l'industrie pharmaceutique sont toujours des champs de coopération fertiles.
- Avec ce nouveau réchauffement des relations avec le Maroc, peut-on dire que l'Espagne a privilégié une bonne entente avec Rabat au détriment de l'Algérie ?
- Il est difficile de dire que l'Espagne laisse tomber l'Algérie en faveur du Maroc. En réalité, l'Algérie n'a à offrir que le gaz et le pétrole. Avec le Maroc, le champ de coopération est beaucoup plus dense.
Recueillis par A. M.


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