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Appel à la sauvegarde d'un patrimoine en péril
Plus que 37 salles de cinéma en activité dans tout le Maroc
Publié dans L'opinion le 22 - 09 - 2009

Parler des salles de cinéma qui ferment n'est pas nouveau. C'est l'un des thèmes qui a fait couler beaucoup d'encre avec des salles obscures fermées qui représentent souvent des joyaux d'architecture, font partie d'un mobilier urbain historique à l'abandon et qui risquent de disparaître. N'empêche que la crise n'en finit pas de s'aggraver d'année en année au point qu'il ne reste plus que 37 salles en activité dans tout le Maroc. Elles étaient 300 à l'indépendance et 250 il y a tout juste trente ans !
Les salles recevaient plus de 40 millions de spectateurs par ans et on ne prévoit plus que 2 millions pour l'année 2009. En dix ans les entrées ont chuté de 77%, 56% de distributeurs ont mis la clef sous le paillasson, 4 cinémas ont fermé en 2008 et 5 autres vont fermer en 2009...
Il s'agit là de quelques données, pas inattendues, révélées lors d'une conférence de presse tenue mardi 15 septembre à Casablanca, au siège de la Chambre des exploitants de salles de cinéma.
L'événement était organisé par l'Association « Sauvons les cinémas du Maroc » militant pour la sauvegarde des salles obscures et le groupe Archimédia avec la participation de l'association Casamémoire. Lors de cette conférence de presse des exploitants de salles étaient aussi présents pour témoigner de la « situation catastrophique » où se trouvent les salles de cinéma.
Il y avait aussi le témoignage du cinéaste Latif Lahlou qui intervient pour parler de ce qu'il appelle « un scandale » soit la situation désastreuse des salles de cinéma d'une part et l'indifférence des responsables de l'autre.
Selma Zerhouni directrice de la revue devait intervenir en premier pour préciser le contexte de la conférence de presse. Il s'agit surtout de tirer la sonnette d'alarme sur l'état des salles de cinéma victimes de la désaffection du public et qui font partie de la richesse des centres urbains en tant que patrimoine culturel et architectural, creuset de mémoire collective. Si elles disparaissent, il y a risque que la ville perde son âme.
Pour elle tout est possible, elle cite l'exemple des bâtiments historiques des anciens abattoirs désaffectés transformés en lieu d'activités culturelles en collaboration avec la ville.
Tarik Mounim, président de l'association Sauvons les cinémas du Maroc, créée en 2007, parle lui des circonstances de l'éclosion de l'idée d'une association conçue pour sensibiliser l'opinion publique sur la situation des salles de cinéma et militer pour leur sauvegarde. Lui-même, jeune acteur de cinéma, devait découvrir cette vocation de défenseur du patrimoine au cours d'un tournage à Tétouan où il a été attiré, raconte-t-il, par l'état du Téatro Espagnol, une très belle salle de cinéma en piteux état. Vite il s'est rendu compte que le mal des fleurons du cinéma n'est pas le propre de Tétouan et que toutes les villes sont concernées. A Marrakech lors du festival du film il lance avec ses compagnons leur premier projet qui est la réhabilitation du cinéma Eden situé dans la Médina de Marrakech à quelques encablures de Jama' Lfna et datant de 1926. L'association a crée récemment un partenariat avec le groupe Achimédia qui publie la revue bimestrielle AM Architecture du Maroc. Celle-ci publie aussitôt tout un dossier sur le phénomène des salles obscures en perdition.
Pour Abderrahim Kassou président de l'association Casamémoire il s'agit d'un patrimoine architectural né dans les années 20, 30 et 40 qui jouit d'un « formidable potentiel de développement culturel, touristique et économique ». Selon lui il y a un vrai paradoxe : d'un on a de très belles salles de cinéma fermées qui risquent de disparaître et d'un autre côté un réel déficit en équipements culturels.
« En attendant de résoudre le problème du piratage il faut penser quel usage faire des cinémas fermés. Pourquoi ne pas y organiser des activités culturelles... »
Abdelhamid Marrakchi opte pour l'action. Pour le président de la Chambre marocaine des exploitants de salles de cinéma, il ne fait pas de doute que le véritable problème des salles de cinéma c'est le dvd piraté. Selon lui il suffit de faire appel à la force publique en s'attaquant aux vendeurs de dvd de Derb Ghallef pour que les clients des salles de cinéma y reviennent nombreux. Tout reviendrait dans l'ordre, il suffit d'appliquer la loi et de réprimer, martèle M.Marrakchi. Comme si c'était si simple ! En plus il s'agirait de taper sur le client qui achète le dvd piraté en premier lieu! D'autant plus que des milliards sont drainés par les trafiquants de dvd piratés sans qu'on sache où tout cet argent va !
D'ailleurs le déclin des recettes des salles n'a-t-il pas commencé d'abord par l'explosion du marché de la vidéo milieu des années 80 ? De 40 à 50 millions de spectateurs on n'a plus que 2,6 millions en 2007 et ça continue à chuter aujourd'hui avec des « recettes minables ».
Le cinéma a toujours été surtaxé, 40% des recettes allaient vers les nombreuses taxes dont 20% pour les collectivités locales, on a dû faire le pied de grue pour que les taxes communales soient supprimées au moment où les salles en crise s'étaient piteusement dégradées par manque de maintenance, n'étaient plus rénovées et demandaient secours au CCM.
Aujourd'hui il faut pour la rénovation des salles une enveloppe de la même taille que le fond de soutien à la production des films, affirme Abdelhamid Marrakchi qui est contre la politique du CCM qui encourage la construction des multiplexes comme solution de la crise des salles de cinéma. Cette option est aussi mal vue par l'Association Sauvons les cinémas du Maroc car elle relègue dans l'oubli les anciennes salles.
Finalement, tout l'espoir est porté sur un contrat-programme en cours de négociation avec le ministère de la Communication, les Finances, les producteurs, les exploitants de salles et le CCM. Mais à ce contrat-programme il est reproché le peu d'importance accordée à la rénovation des anciennes salles, sans compter que le projet n'est pas pour tout de suite, il faudrait attendre jusqu'à 2015. En attendant, les salles obscures encore sous risque de ne pas faire long feu.
Latif Lahlou, réalisateur et producteur, pense qu'il y a deux moyens différents de lutter contre le piratage : d'abord celui de proposer des dvd originaux bon marché qui pousseront les clients à acheter les films pour la qualité d'image et de son et abandonner les piratés. Ensuite, il y a la manière forte comme on a fait en Egypte où en trois jours on a rasé les étalages des vendeurs de dvd.
Pour les salles qui ferment, ce sont les municipalités qui doivent les prendre en charge, « elles ont le budget pour ça, elles le donnent aux footballeur ! » Selon M.Lahlou, il faut mener une action concertée pour obliger les municipalités à prendre en charge les salles fermées.
En attendant de trouver des solutions de fond il faudrait d'abord barrer le chemin à toute idée de démolition des salles ou leur transformation en de vulgaires supermarchés et autres kissarias. Le bon sens veut que des bâtiments art déco lieu de mémoire doivent être conservé et inscrits comme monuments historiques. Le développement d'un bon cinéma marocain qualitativement et quantitativement peut constituer une partie de solution pour faire revenir le public dans ces salles aujourd'hui fermées ou sur le point de l'être.


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