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Construction parasismique : Un chantier vital à réactualiser et à étendre [Intégral]
Publié dans L'opinion le 13 - 09 - 2023

Si les efforts du Royaume en matière d'application des normes parasismiques ont permis aux bâtiments en béton de résister au séisme, beaucoup reste à faire pour les constructions en terre.
Après le séisme qui a sévi dans la nuit du vendredi au samedi dernier, le sujet des normes parasismiques de construction est revenu au cœur de l'actualité. Plusieurs experts appellent à actualiser les règlements en vigueur à la lumière des nouvelles données sismiques. Les connaisseurs s'entendent cependant par rapport à l'application très ancienne de pratiques de construction qui garantissent la solidité des édifices. « Il faut d'abord souligner que les techniques ancestrales de construction en terre ont depuis toujours inclus plusieurs règles qui garantissent un très haut niveau de solidité et de résistance des ouvrages. En témoignent les édifices historiques qui ont traversé les siècles et qui perdurent encore en raison de l'ingéniosité de leur conception et construction », relate Ali Irizi, enseignant à l'Ecole Nationale d'Architecture d'Agadir. Avec l'arrivée des techniques modernes de construction et de génie civil, le Royaume n'a d'ailleurs pas tardé à adopter les normes de construction parasismique.

Tremblement de terre d'Agadir

Le déclencheur de cette adoption des normes sismiques a eu lieu dès 1960 suite au tremblement de terre d'Agadir. « Sous la supervision de Feu Hassan II, paix à son âme, qui était encore Prince héritier à cette époque, les instructions ont été données afin d'établir des normes parasismiques de construction et de revoir l'implantation et la réédification de la ville d'Agadir. C'est ainsi que la ville a été déplacée puis reconstruite dans le respect de nouvelles normes parasismiques », souligne pour sa part Bah Thierno Aliou, directeur de la société Sectob basée à Agadir et spécialisée dans le contrôle technique de la construction. Le Maroc s'est ainsi d'abord aligné aux normes françaises de construction parasismique en adoptant les différentes versions de ces règlements (PS69, PS80 et PS90). « Dès l'année 2000, le Royaume s'est attelé à la tâche de produire ses propres règlements parasismiques à travers la mise en œuvre du règlement de construction parasismique (RPS2000). Actuellement, au niveau national, on applique le RPS2011 qui est une version encore plus améliorée du RPS2000 », précise notre interlocuteur.

Des bureaux de contrôle

« Veiller à respecter les normes de construction parasismique était devenu une évidence dans la région d'Agadir. Mais cette rigueur nécessaire s'est peu à peu propagée à l'ensemble du Royaume, surtout que les règlements mis en œuvre assurent que des bureaux de contrôle certifient la conformité des constructions aussi bien en amont qu'en aval des travaux », explique Ali Irizi. Les normes parasismiques marocaines sont par ailleurs adossées à une carte de zonage où les territoires du Royaume sont classés selon leur potentiel de séismicité. « Jusqu'au séisme du vendredi dernier, les villes d'Agadir et d'Al-Hoceima étaient considérées comme des zones dont le niveau de séismicité est le plus élevé. Une donnée qui devra manifestement être actualisée en intégrant les derniers développements sismiques », anticipe Bah Thierno Aliou. Contacté par nos soins, le géophysicien séismologue Mohamed Kalai Tlemcani confirme l'évidence de cette mise à jour nécessaire.
Enjeux futurs

« Toutes les constructions qui se feront dans la zone récemment touchée par le tremblement de terre ou ailleurs au Maroc vont tenir compte de la magnitude de ce nouveau séisme qui sera dorénavant utilisée pour tout calcul de séismicité. Cela va changer un certain nombre de choses, notamment pour tout ce qui est étude pour la construction d'édifices publics », prédit le géophysicien séismologue. En attendant, force est de constater que les efforts de généralisation des normes parasismiques ont donné leurs fruits au niveau des constructions modernes. « On a vu que tous les bâtiments en béton armé ont en général bien résisté au séisme alors que beaucoup de bâtiments en terre se sont écroulés. L'enjeu actuel est de restaurer les savoir-faire qui garantissent la solidité et la résistance des constructions en terre. Il sera également nécessaire de trouver les moyens de renforcer les constructions actuelles afin de les rendre parasismiques sans leur ôter les avantages qu'apporte l'utilisation de la terre et des matériaux locaux, notamment en termes de confort thermique », conclut Bah Thierno Aliou.

3 questions à Bah Thierno Aliou
« Notre rôle est de veiller à l'application des normes parasismiques et des règles de l'art en matière de construction »
- Quel rôle jouent les bureaux de contrôle dans la mise en œuvre des normes parasismiques ?
- Le bureau de contrôle technique est une entité privée qui joue le rôle d'auxiliaire agréé de la société centrale de réassurance et des sociétés d'assurance. L'agrément est octroyé suite à un audit qui atteste d'un niveau confirmé de compétence et d'une longue expérience dans le domaine du contrôle des constructions. Notre rôle est de veiller à l'application des normes parasismiques et des règles de l'art en matière de construction. Dès la première étape de conception, nous accompagnons les constructeurs en procédant au contrôle des plans, puis des travaux pour établir par la suite des rapports de garantie décennale et des attestations de fin de travaux. Ces rapports servent de référence, pendant les 10 premières années après la construction, afin de permettre aux propriétaires de se faire par exemple rembourser par leurs assurances en cas de désordres pouvant nuire à la stabilité du bâtiment.
- Cette dynamique est-elle mise en œuvre de la même manière pour tout type de construction ?
- Oui, effectivement, sauf pour les petites constructions de moins de 50m2 dans lesquelles l'application de la norme n'est pas encore obligatoire. Ce genre de construction qui est souvent de plain-pied se doit cependant de se faire tout de même accompagner durant la phase de conception et de travaux par un bureau de contrôle qui veille au respect des règles de l'art, ce qui est, pour ce genre de construction, suffisant pour garantir une résistance aux aléas sismiques. Autrement, les bâtiments sont par ailleurs classés par ordre d'importance. Les maisons des particuliers sont par exemple classées en « priorité 1 » avec un calcul « normal » des forces de sismicité. Les écoles, les mosquées, etc. sont classées « priorité 2 » avec un calcul qui tient en compte les forces de séismicité multipliée de 20%. Enfin, nous avons également les centres de décision, les casernes de la Protection civile, les hôpitaux ou encore les Palais royaux, qui sont classés « zones d'importance vitale », et au niveau desquels les normes parasismiques doivent être appliquées avec encore plus de rigueur et avec une multiplication de 30% de toutes les forces sismiques auxquelles ils doivent résister.
- Qu'en est-il des constructions en terre ?
- Il existe un nouveau règlement relatif aux normes parasismiques dans les constructions en terre qui est entré également en application, mais qui, malheureusement, n'est pas systématiquement utilisé. Cela est principalement dû au fait que les personnes morales ou physiques qui procèdent à des constructions en terre n'ont le plus souvent pas recours à des bureaux d'étude ou à des bureaux de contrôle.

Règlement : Nécessité d'une approche de zonage actualisée, rigoureuse et unifiée
Le règlement de construction parasismique (RPS) actuellement en vigueur au Maroc est une version actualisée en 2011 qui s'applique exclusivement aux bâtiments et s'appuie sur un zonage qui évalue les risques sismiques selon les régions. Un autre texte officiel a par ailleurs été diffusé durant la même année pour s'appliquer aux constructions en terre (voir interview). Les ouvrages d'art (ponts, viaducs, tunnels, etc.), quant à eux, sont couverts par un autre guide de zonage sismique basé sur la réglementation européenne. Diffusé en 2007, ce guide prévoit un zonage sismique légèrement différent de celui établi par le RPS. Selon les experts de la construction parasismique, avec l'avènement du séisme violant d'Al-Haouz, les études disponibles de l'aléa sismique devraient manifestement être révisées. Les trois règlements nécessitent « une unification de l'approche et du zonage sismique qui tient par ailleurs d'aspects techniques tels que l'aléa de la liquéfaction qui peut concerner les sols sableux que l'on retrouve particulièrement à Rabat ou à Tanger ».

Gestion des effets du séisme : Programme d'urgence de réhabilitation et de reconstruction
En application des Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, données lors de la séance de travail présidée par le Souverain, samedi 9 septembre au Palais Royal de Rabat, et consacrée à l'examen de la situation à la suite du tremblement de terre douloureux survenu vendredi 8 septembre dans la province d'Al-Haouz, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé, lundi 11 septembre 2023 à Rabat, la réunion de la Commission interministérielle chargée du déploiement du programme d'urgence de réhabilitation et d'aide à la reconstruction des logements détruits au niveau des zones sinistrées dans les meilleurs délais. Au début de cette réunion, Aziz Akhannouch a affirmé que le gouvernement est mobilisé derrière SM le Roi, pour poursuivre les efforts de secours et accélérer les mesures relatives à la gestion de la crise, en plus de la mise en place du soutien et de l'accompagnement des citoyens dans les zones sinistrées, en veillant à poursuivre la prestation de services publics. La commission s'est penchée sur les Hautes Directives Royales appelant à la reconstruction des zones sinistrées et à l'indemnisation des citoyens qui ont perdu leurs logements. Dans ce sens, elle s'est attelée à élaborer une vision, qui sera détaillée, dans la perspective de l'annonce au cours des prochains jours des mesures devant être prises, sans occulter les solutions urgentes à entreprendre, en attendant le parachèvement de l'opération de reconstruction des logements détruits.


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