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Interview avec Pierre Lellouche : « La gauche se tait étrangement sur les excès et les outrances du régime algérien »
Publié dans L'opinion le 19 - 12 - 2024

Alors que la crise entre la France et l'Algérie bat son plein, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Pierre Lellouche, est convaincu que la réconciliation franco-marocaine fut le bon choix face à un régime fanatisé qui a perdu toute crédibilité aux yeux de l'Hexagone. Interview.
Aujourd'hui, la France s'est réconciliée avec le Maroc au prix d'une nouvelle fâcherie avec l'Algérie qui continue ce jeu de chantage. Comment jugez-vous cette attitude ?

- La réconciliation franco-marocaine était attendue et, à mon avis, elle aurait dû arriver bien plus tôt. Il n'y avait aucune raison de laisser les choses telles qu'elles étaient pour une raison simple. Le Maroc mérite une attention particulière. Il fallait qu'on se rapproche et qu'on travaille ensemble étroitement, notamment dans le sens du développement de l'Afrique, ce qui est très important. Nous, Français, avons besoin de reconstruire notre relation avec l'Afrique et avons évidemment besoin de partenaires pour y parvenir. On peut s'inspirer du Maroc qui prend des initiatives extrêmement positives, y compris des forums tels que Medays qui permettent de réunir les Africains.

De l'autre côté, nous en avions assez de la politique de rapprochement permanente à l'égard de l'Algérie qui nous remercie en escaladant toujours avec les outrances, les accusations et les gestes extrêmement désagréables tout simplement parce que le régime algérien vit de sa rente mémorielle et de la détestation permanente de la France. La France est responsable de tout, à ses yeux, alors même que les générations nées après l'indépendance n'ont que faire de vivre dans les ressentiments supposés de la guerre d'indépendance. Celle-ci est finie depuis longtemps et je remarque que les Algériens sont la première population à venir s'installer en France après l'indépendance. Quel aveu d'échec ! Il faut que l'Algérie se prenne en main et cesse de sacrifier sa jeunesse qui trouve toujours refuge en France. Je dis les choses comme je les pense et comme beaucoup de Français. Nous en avons un peu marre d'être insultés et, en plus, de voir une communauté algérienne pleine de ressentiment qui ne cesse de se gonfler, surtout les générations nées en France qui posent des problèmes complexes à cause de ce climat désagréable et délétère entretenu par le régime algérien.

"La réconciliation franco-marocaine était attendue et aurait dû arriver bien plus tôt"
Malheureusement, la relation avec l'Algérie est gelée. Je vois mal ce qu'on peut faire tant que le gouvernement algérien exploite le ressentiment anti-français même s'il existe des intérêts communs, notamment dans la lutte anti-terroriste, la criminalité organisée et le retour des sans-papiers. Ce sont des domaines où l'on peut travailler ensemble, mais c'est très difficile. Littéralement, nous sommes submergés par des migrants illégaux qui sont venus faute d'avenir en Algérie.

"Les Français en ont un peu marre d'être le bouc émissaire des échecs de l'Algérie"

* Aujourd'hui, l'emprisonnement de l'écrivain Boualem Sansal en Algérie scandalise les hommes politiques et beaucoup d'intellectuels en France, surtout à droite. M. Sansal a toujours été une plume respectée et perçu comme un esprit brillant par ses pairs à l'Hexagone. Quelle image le régime algérien renvoie-t-il en s'en prenant aussi violemment à un écrivain qui n'a fait qu'exprimer son avis ?


- J'ai personnellement cosigné une lettre avec des intellectuels pour demander sa libération. C'est scandaleux qu'il soit arrêté, mais, ce n'est pas surprenant. Je ne comprends pas personnellement pourquoi il s'est rendu en Algérie en sachant qu'il risquait de se faire arrêter. Il a pris un risque majeur. Les Algériens ne veulent pas entendre parler de la période noire de leur guerre civile qui a coûté la vie à 200.000 personnes. Officiellement, il n'y a pas de responsables et il est interdit d'en parler publiquement. Ceux qui osent évoquer cet épisode tragique sont mal vus et perçus comme des supports de la France et de l'extrême droite.

C'est une caricature insupportable. J'ai lu le livre de Kamel Daoud qui a remporté le Goncourt et qui décrit le supplice de ces pauvres gens pris entre l'enclume et le marteau dans la lutte entre les islamistes et l'Armée. Cela lui vaut des accusations grotesques de trahison et d'être d'extrême droite alors qu'il n'a fait que raconter sous une forme romancée ce qui est arrivé à des dizaines de milliers de personnes.

" C'est scandaleux que Boualem Sansal soit arrêté, mais, ce n'est pas surprenant"


* La gauche demeure curieusement prudente en ne réagissant pas. A-t-elle peur de mécontenter le régime avec lequel elle est extrêmement indulgente. Est-ce qu'il y une complicité intellectuelle ?

- La gauche, aujourd'hui, est perdue. Elle est prise en otage par l'extrême gauche qui s'est alliée avec des antisémites et des gens qui véhiculent l'intégrisme radical et le communautarisme. Donc, les socialistes modérés ont lié leur sort à eux et n'arrivent pas à s'en départir pour des raisons purement électoralistes. Le PS, en tout cas sa direction actuelle, pense que le salut viendra de son alliance avec les Insoumis, mais il ignore qu'il est l'idiot utile de Jean-Luc Mélenchon. C'est affligeant. Cela compromet les socialistes qui furent jadis engagés dans l'antiracisme et l'antisémitisme et en sont aujourd'hui à pactiser avec des antisémites avérés qui instrumentalisent la cause palestinienne à leur propre profit électoral au nom d'un antiracisme faux et biaisé. Leur responsabilité est énorme et on retrouve les mêmes ambiguïtés, à savoir une proximité avec l'Algérie et une sensibilité aux idées tiers-mondistes. C'est pour ça que la gauche se tait sur les excès et les outrances du régime algérien.

"La France Insoumise instrumentalise la cause palestinienne à des fins électorales"

* Vous avez parlé de l'importance de la coopération en Afrique. Le Maroc veut désenclaver le Sahel en lui accordant un accès à l'océan Atlantique. Qu'en pensez-vous ?

- Le désenclavement du Sahel avec des corridors maritimes est un choix judicieux à mon avis. C'est bien de donner une chance aux Etats de la région. Le Sahara, de par sa géographie, permet d'établir cette jonction maritime entre le Maroc et l'Afrique subsaharienne. La situation des Etats du Sahel demeure, hélas, actuellement problématique. Rien n'a été réglé après le départ des forces françaises et américaines. On voit que la terreur continue, les groupes terroristes sont toujours là face à des gouvernements locaux toujours impuissants. Il est évident que l'aide de la Russie ne donne pas les effets escomptés. C'est très regrettable ce qui se passe aujourd'hui surtout qu'il s'agit de l'une des régions d'Afrique où l'explosion démographique est la plus forte. Je rappelle que le Sahel devrait passer à 220 millions de personnes dans une terre sans perspectives de développement vu le contexte actuel. Aujourd'hui, nous pouvons espérer que la situation se calme et que l'exutoire de la crise actuelle ne soit pas l'immigration. Il est plus vital que jamais d'investir dans le développement du Sahel. Les initiatives du Maroc dans ce sens ne peuvent être que saluées.

* Les Etats du Sahel ont rompu avec la France et semblent plus tournés vers d'autres puissances comme la Russie. Comment vous, qui êtes un fin connaisseur de la politique internationale, percevez le retrait de la France dans cette région ?

- Soyons objectifs. Nous avons aussi fait des erreurs par le passé. Je fus personnellement opposé à l'opération Barkhane qui fut une erreur. Il ne fallut pas rester au Sahel après l'intervention au Mali. Les présidents Hollande et Macron se sont trompés en y restant dix ans. Ils ont créé leur propre Afghanistan. Si l'essentiel de l'argent va aux militaires et que l'aide au développement, aussi insuffisante soit-elle, n'arrive pas à la population, on est aussitôt perçus comme un pays occupant. Les Russes ont surfé sur le mécontentement des populations et les putschs qui ont eu lieu pour asseoir leur pouvoir. Nous avons fait des erreurs et il faut en prendre acte bien que nous ayons raison de combattre le terrorisme. Au final, on s'est aperçu que cette bataille fut perdue.


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