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L'IA au Maroc : entre engouement, confusion et réalités

Le terme IA est partout : dans la presse professionnelle, sur les réseaux sociaux, à la télévision, à la radio et dans les podcasts. Il est cité sous une forme ou une autre, souvent sans réelle rigueur ni précision. Depuis la sortie de ChatGPT en novembre 2022, l'IA est devenue un sujet incontournable, suscitant une prolifération de conférences de tous genres dans diverses disciplines et secteurs d'activité. Aujourd'hui, il est impossible d'échapper aux événements consacrés à l'IA dans des domaines aussi variés que la santé, l'industrie, l'éducation, la finance, le marketing, la cybersécurité, le droit, l'agriculture, la culture, les arts, la logistique, le tourisme, les ressources humaines, la psychologie, la sociologie et même la politique. Il ne s'agit pas ici de dévaloriser ces discours, mais d'alerter sur les dérives possibles et d'inviter à une réflexion plus rigoureuse sur ce sujet.
L'IA suscite aujourd'hui un intérêt croissant dans toutes les composantes de la société, mais il ne faut pas oublier qu'elle s'inscrit dans un phénomène plus global : le phénomène numérique. Ce dernier a fait couler beaucoup d'encre bien avant novembre 2022 et continue à le faire. L'essor actuel des outils d'IA repose sur des avancées scientifiques et technologiques réalisées depuis plus d'un demi-siècle en informatique et en intelligence artificielle.
Définir l'intelligence artificielle revient à considérer un ensemble de techniques et d'approches permettant à des machines d'exécuter certaines tâches qui nécessitent normalement des capacités humaines telles que la reconnaissance d'images et de sons, la détection d'objets sur une photo, la transcription audio en texte, le traitement du langage naturel, la traduction automatique, la génération de texte, l'analyse des sentiments, la prise de décision basée sur des données, la recommandation de produits, la détection de fraudes, les prévisions économiques, l'automatisation de processus complexes, la conduite autonome, la robotique industrielle et le diagnostic médical assisté. L'IA repose principalement sur l'apprentissage automatique, où des algorithmes analysent de grandes quantités de données pour en tirer des modèles et faire des prédictions, ainsi que sur l'apprentissage profond, qui utilise des réseaux de neurones artificiels pour traiter des informations complexes. Contrairement à ce que certains laissent entendre, l'IA n'est pas une entité autonome capable de remplacer l'intelligence humaine. Elle reste une discipline scientifique s'appuyant sur des mathématiques avancées, des probabilités, des statistiques et l'informatique. Son efficacité dépend de la qualité des données et des modèles utilisés ainsi que des objectifs fixés par ceux qui la développent et l'exploitent.
L'engouement médiatique et commercial autour de l'IA a conduit à une inflation de discours où le terme est souvent utilisé à des fins marketing plus qu'à des fins techniques ou scientifiques. De nombreuses entreprises se revendiquent comme étant des « entreprises IA » et proposent des « solutions IA » sans que ces dernières reposent nécessairement sur une véritable intelligence artificielle. Parallèlement, une nouvelle tendance émerge avec la notion d'« augmentation », où l'IA est censée enrichir ou renforcer certaines activités humaines sans les remplacer totalement. C'est ainsi que l'on voit apparaître des concepts tels que « la banque augmentée », qui promet d'améliorer les services financiers grâce à l'automatisation et à l'analyse prédictive, ou encore « le commerce augmenté », où l'IA assiste les vendeurs et optimise les recommandations aux clients. Ces notions séduisantes sont souvent mises en avant pour rassurer les acteurs économiques et encourager l'adoption de solutions numériques en jouant sur l'idée d'un accompagnement intelligent plutôt que d'une automatisation totale.
Jusqu'à récemment, la transformation numérique était au cœur des stratégies des entreprises et des institutions. Cependant, avec l'essor des outils d'IA, ce concept a progressivement été remplacé par celui de transformation IA. L'IA est désormais perçue comme le moteur principal de l'évolution technologique, éclipsant parfois les autres composantes du numérique telles que la connectivité, la cybersécurité ou encore l'automatisation classique. Ce glissement sémantique reflète une volonté d'intégrer l'IA dans toutes les dimensions de l'entreprise, même lorsque son utilisation réelle reste limitée ou mal définie. Le concept de « transformation IA » est ainsi devenu un slogan utilisé de manière floue et souvent déconnecté des réalités techniques. Derrière ces usages se cachent des stratégies commerciales visant à capitaliser sur l'engouement autour de l'IA pour séduire clients, investisseurs et décideurs, même lorsque les solutions proposées n'exploitent que des algorithmes classiques ou de simples automatisations. Ce phénomène contribue à entretenir une confusion généralisée sur ce qu'est réellement l'intelligence artificielle et sur les impacts concrets qu'elle peut avoir dans les organisations et la société.
Aujourd'hui, de nombreux secteurs économiques prétendent intégrer l'IA. Victime de son succès, ce terme est devenu de plus en plus galvaudé. Il est employé à tort et à travers, souvent sans signification réelle et concrète. Cette informatique, qui s'inscrit dans le phénomène numérique et existe depuis plus d'un demi-siècle, ne risque-t-elle pas d'alimenter des illusions plutôt que de favoriser une compréhension réaliste et pragmatique des véritables enjeux de l'intelligence artificielle ?
Les efforts fournis par le gouvernement marocain pour faire du Maroc un pays de référence en numérique et en intelligence artificielle pour l'Afrique doivent être soutenus par les vrais professionnels du secteur. Pour que cette ambition se concrétise, il est essentiel que ceux et celles qui ne sont pas spécialistes s'abstiennent de raconter n'importe quoi et de propager des discours erronés qui nuisent à la crédibilité et au développement du domaine.
* Dr. Az-Eddine Bennani est ingénieur en informatique, titulaire d'un MBA de Chicago, docteur en sciences économiques de la Sorbonne, et expert en management stratégique, gouvernance digitale et intelligence artificielle. Avec plus de 40 ans d'expérience en France, au Maroc et à l'international, il a été ingénieur système, consultant et manager chez Hewlett-Packard en France, en Europe et au MEA, a été professeur-chercheur à La Sorbonne Universités/UTC et à NEOMA Business School, et est actuellement professeur associé à l'Université Al Akhawayn.


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