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Lutte antiacridienne : Faut-il craindre une invasion de criquets au Maroc ? [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 03 - 04 - 2025

Des essaims de criquets pèlerins ont été repérés dans le Sud-Est du Royaume. Les autorités activent à nouveau le dispositif antiacridien pour prévenir toute invasion.
Les vidéos et les images ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux il y a quelques jours déjà. Dans certains pays voisins, les essaims de criquets pèlerins ont fait leur apparition, inquiétant les populations et les autorités sur leur passage. Le Maroc, qui fait partie des territoires potentiels de dispersion du criquet pèlerin, veille au grain en capitalisant sur son expérience et son savoir-faire avérés en matière de lutte antiacridienne. «Dans le cadre du suivi de l'évolution liée à la propagation du criquet pèlerin dans quelques pays voisins, notamment dans la région du Sahel et le Nord-Ouest de l'Afrique, et face à la possibilité que certains essaims se déplacent vers le Nord, l'ensemble des secteurs concernés et des services compétents ont renforcé leurs niveaux de vigilance, de mobilisation et de préparation pour faire face à tout défi lié à la propagation de ce type d'insectes», explique un communiqué du ministère de l'Intérieur, ajoutant que «des essaims de criquets ont été récemment détectés, de manière localisée et en nombre limité, dans certaines zones du Sud-Est du Royaume».
Mesures préventives
Cette situation a nécessité la mise en place de mesures préventives indispensables pour parer à toute éventualité. «Bien que la situation reste actuellement maîtrisée et ne suscite pas d'inquiétude, une série de mesures proactives et réactives ont été engagées, notamment la réactivation des centres de commandement dans l'ensemble des provinces concernées afin de suivre l'évolution de la situation et de prendre les mesures appropriées», poursuit le communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé le samedi 29 mars 2025, à la veille de l'Aïd. Les autorités et services concernés ont ainsi procédé à «la mobilisation de toutes les ressources disponibles, la mise en alerte des moyens d'intervention, ainsi que la formation d'équipes spécialisées chargées de la reconnaissance, de la surveillance et de la lutte antiacridienne, dotées de matériel, d'équipements et d'insecticides adaptés, en mobilisant aussi les moyens logistiques, y compris aériens».
Situation et prévision
Dans son «Bulletin sur le Criquet Pèlerin» publié le 7 mars 2025 et présentant la situation générale en février 2025 ainsi que la prévision jusqu'à mi-avril 2025, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) évoque «de nombreux groupes, reproduction et larves de premiers stades en Algérie (14.460 ha traités), groupes d'ailés et reproduction en Libye (335 ha), petits essaims dans le Nord du Tchad, groupes au Niger, ailés isolés au Maroc». Le volet prévision du bulletin explique que «des groupes persisteront dans le Sud de l'Algérie, dans le Sud et le centre de la Libye, ainsi que dans des parties du Nord-Ouest du Niger, du Nord-Est du Mali et du Nord du Tchad. Avec la montée des températures dans le Sahara, les effectifs acridiens augmenteront avec une génération de reproduction printanière, formant des groupes et des bandes». Les experts de l'Agence Onusienne prédisent «une reproduction à petite échelle aura lieu au Maroc», ajoutant que «des opérations de lutte seront nécessaires».
Traitement prévu
La FAO rappelle que dès le mois de février, des criquets solitaires ont été observés le long de la vallée du Draa ainsi que près de la vallée du Ziz-Ghris, mais précise qu'aucun développement significatif n'est attendu. Pour leur part, les autorités marocaines rassurent également : «Des stocks suffisants d'insecticides sont disponibles pour faire face à toute urgence». Face à la nécessité de contrer ce fléau potentiel, «les équipes d'intervention prennent les précautions nécessaires pour protéger les écosystèmes, préserver la biodiversité des milieux naturels et sauvegarder les ressources en eau, en végétation et en faune». Le ministère de l'Intérieur conclut son communiqué en rappelant que «l'ensemble des services et secteurs concernés restent mobilisés pour renforcer les opérations de suivi, de reconnaissance et de surveillance, en particulier dans les zones naturellement propices aux concentrations de criquets, et pour mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires visant à limiter leur propagation et à les éradiquer».

3 questions au Pr Ahmed Taheri, entomologiste : «Le criquet pèlerin est une espèce indigène au Maroc, ce qui signifie qu'il n'a pas été introduit accidentellement ou intentionnellement»
* Quels sont les éléments qui définissent le criquet pèlerin sur le plan biologique et comportemental ?
- Le criquet pèlerin, également connu sous le nom scientifique de Schistocercagregaria, est un insecte de grande taille appartenant à la famille des Acrididae. Il mesure entre 2,5 et 7 cm de longueur et pèse entre 1 et 2 grammes. Lorsque certaines conditions sont réunies, il peut former des essaims de millions d'individus qui peuvent parcourir des distances de plusieurs milliers de kilomètres. Ces essaims peuvent causer de graves dommages aux cultures et à l'environnement, menaçant ainsi la sécurité alimentaire des populations locales.

* S'agit-il d'une espèce invasive dans le contexte marocain ?
- Le criquet pèlerin est une espèce indigène au Maroc, ce qui signifie qu'il n'a pas été introduit accidentellement ou intentionnellement. Cependant, il est important de noter que ce ravageur peut causer des dommages importants aux cultures et aux pâturages, en particulier lorsqu'il se reproduit rapidement et forme des essaims.

* Dans quelles circonstances le Maroc peut-il être exposé à une invasion de criquets pèlerins ?
- La géographie du Maroc, avec ses vastes zones semi-arides et désertiques, ainsi que ses conditions climatiques favorables, font du pays un terrain propice à l'installation d'essaims de criquets pèlerins. La reproduction estivale de cette espèce se produit dans la ceinture entre le Sénégal et le Soudan. Lorsque les conditions climatiques sont favorables, le criquet pèlerin se développe rapidement et forme de vastes groupes qui remontent vers les côtes méditerranéennes, atteignant le Maroc en franchissant le désert et les chaînes montagneuses de l'Atlas. Il effectue ensuite sa reproduction printanière de février à avril avant de retourner au Sahel pour s'y reproduire à la faveur des pluies que connaît cette région en été.
Prévisions : De nouveaux essaims attendus à partir de mai et jusqu'en juin
Dans sa plus récente note d'information (datée du 24 mars 2025), l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) esquisse une vue d'ensemble dans laquelle la résurgence des criquets amorcée en décembre 2024 dans le Sahel s'est étendue à l'Afrique du Nord dans le courant des mois de février et mars 2025. Actuellement, des groupes d'adultes et des petits essaims sont arrivés dans le centre algérien, l'Ouest libyen, et au Sud de la Tunisie. Face à cette situation, la note d'information de la FAO estime que les opérations de lutte et prospection sont «nécessaires dans toutes les zones potentielles de la région occidentale afin de mieux comprendre la situation et d'éviter tout développement ultérieur». Les experts de la FAO prédisent par ailleurs que «la reproduction printanière dans le centre de l'Algérie, l'Ouest libyen et le Sud tunisien va générer des petites bandes larvaires à partir de début avril. Ces bandes pourraient former de nouveaux petits essaims à partir de mai et jusqu'en juin».



Coopération antiacridienne : Les experts africains de la lutte antiacridienne réunis à Marrakech
La Commission de Lutte contre le Criquet Pèlerin dans la Région Occidentale (CLCPRO) a récemment tenu la Réunion Conjointe de sa 11ème Session et la 17ème Réunion de son Comité Exécutif à Marrakech, réunissant les représentants des pays membres, les organisations internationales et les partenaires techniques et financiers. Cette rencontre, organisée du 10 au 14 février 2025 en collaboration avec le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, a marqué un jalon essentiel dans la consolidation des efforts régionaux de lutte préventive contre le criquet pèlerin. Durant cette session, les membres de la Commission ont dressé le bilan des actions menées depuis la précédente session, notamment l'intégration des technologies modernes (introduction opérationnelle des drones de surveillance et le développement des drones de pulvérisation) ainsi que le renforcement des capacités humaines à travers le lancement du Master en Acridologie et du cycle de Techniciens Supérieurs en Acridologie, contribuant à la formation d'une nouvelle génération d'experts africains en lutte antiacridienne. Les discussions qui ont marqué cette session ont porté sur l'amélioration continue des stratégies de lutte, l'optimisation des outils de gestion de l'information, le financement des initiatives futures ainsi que l'anticipation des menaces acridiennes et la modernisation des approches pour répondre efficacement aux défis climatiques et environnementaux.



Expertise nationale
Depuis plusieurs décennies, le Royaume a accumulé une expérience importante en matière de lutte antiacridienne, que ce soit en matière de veille, de prévention ou de traitement. Avec les moyens techniques et humains qui sont consacrés à ce domaine, le Maroc est souvent sollicité par des pays qui sont menacés par le même fléau (Cap-Vert, Sénégal, Niger, Mali ou encore Mauritanie). En 2022, le Maroc a par ailleurs fait don de 60.000 litres de pesticides au Madagascar pour appuyer la grande île dans la lutte antiacridienne.

Criquet et Histoire
Les plus anciennes informations disponibles sur les invasions acridiennes au Maroc remontent à 1780. Au 20ème siècle, la première invasion acridienne au Maroc s'est prolongée pendant 5 années (1914 à 1919). Par la suite, le Royaume a connu quatre autres épisodes d'invasion (1927-1934, 1941-1948, 1954-1961, 1987-1989). La dernière période d'invasion (1987-1989) a été l'une des plus importantes. Elle a nécessité la mobilisation de moyens humains, matériels et financiers considérables pour traiter près de 5 millions d'hectares.


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