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Congrès de l'OEC : l'intelligence artificielle, nouveau socle stratégique de la profession comptable
Publié dans L'opinion le 15 - 11 - 2025

Réuni à Rabat pour sa 10e édition, le Congrès de l'Ordre des Experts-Comptables du Maroc a placé l'intelligence artificielle, la durabilité et les talents au cœur d'une transformation professionnelle majeure. Durant deux jours, les experts-comptables ont exploré les contours d'un métier désormais façonné par l'innovation, les exigences ESG et l'émergence de nouvelles compétences.
Le 10e Congrès de l'Ordre des Experts-Comptables (OEC), organisé les 13 et 14 novembre 2025 à Rabat, s'inscrit dans une séquence stratégique où le Maroc accélère sa transition numérique, affirme son leadership en intelligence artificielle et place la durabilité au centre de ses politiques publiques. Pour les professionnels du chiffre, ces mutations ne constituent plus une toile de fond, mais un tournant fondamental.

En ouvrant les travaux, Faïçal Mekouar, président de l'OEC, a donné le ton d'un rendez-vous qui ambitionne moins de suivre le mouvement que de le devancer. « Nous entrons dans une nouvelle ère où l'intelligence artificielle, la durabilité et les talents redéfinissent nos métiers et notre économie », a-t-il affirmé, rappelant que la technologie ne doit jamais supplanter l'humain. L'essor de l'IA, rendu visible par le développement du réseau 5G, la multiplication des usages numériques et l'émergence de nouvelles plateformes de données, annonce une automatisation massive des tâches administratives et une transformation en profondeur du rôle de l'expert-comptable.

De la production des chiffres à leur interprétation

Pour Faïçal Mekouar, la réalité s'impose : demain, l'information financière sera générée en temps réel et traitée automatiquement. Dans ce contexte, « notre rôle et notre mission changent ». L'expert-comptable ne sera plus seulement un producteur de données, mais un analyste, un accompagnateur stratégique, un garant d'éthique et de performance. L'enjeu, selon lui, est d'anticiper plutôt que de subir l'évolution technologique : repenser les process, adapter les méthodes d'accompagnement, renforcer l'expertise dans un environnement où la rapidité de l'information bouleverse les pratiques.

Cette transformation concerne l'ensemble de l'économie nationale. L'IA n'est plus une option : elle irrigue la finance, la fiscalité, l'audit, le conseil et impose au secteur comptable une montée en compétence accélérée. Les ateliers du congrès ont illustré cette mutation : démonstrations d'agents autonomes capables d'automatiser des missions complexes, débats sur la confidentialité des données, focus sur la cybersécurité et la souveraineté numérique. La donnée, rappelée comme « actif stratégique », se révèle à la fois ressource et vulnérabilité, nécessitant des garde-fous robustes et une gouvernance scrupuleuse.

Durabilité : une exigence devenue incontournable

Autre pilier de cette édition : la durabilité, désormais indissociable de la compétitivité. « On ne peut plus être compétitif si on n'intègre pas l'ESG », a insisté le président de l'OEC. Pour les entreprises marocaines, l'intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance n'est plus uniquement dictée par les marchés internationaux : elle devient une condition de pérennité, de financement et d'accès aux chaînes de valeur globales.

L'expert-comptable est appelé à jouer un rôle central dans cette transition, en accompagnant les organisations dans la mesure de leur impact, la production d'indicateurs ESG fiables, la mise en conformité réglementaire et l'intégration des pratiques durables dans leur stratégie de croissance. La durabilité, présentée comme un impératif, apparaît aussi comme une opportunité de réinventer la valeur ajoutée du métier.
Les talents : un capital humain à reconstruire

Le troisième axe du congrès, celui des talents, concentre de multiples interrogations. Comment préparer les professionnels et les jeunes diplômés à un métier radicalement différent ? Comment former à l'IA, aux risques cyber, aux standards ESG ? Comment adapter un enseignement encore basé sur des référentiels qui ne correspondent plus aux réalités ?

« La formation que nous recevons aujourd'hui n'est plus d'actualité », insiste Faïçal Mekouar, appelant à une refonte complète des cursus et des parcours de formation continue. Les nouvelles compétences devront conjuguer maîtrise technologique, intelligence critique, compréhension des enjeux durables et capacité d'adaptation.

Cette nécessité est également au cœur de la vision d'Ahmed Chahbi, vice-président du Conseil national et président du comité d'organisation du congrès. Pour lui, cette 10e édition « marque un changement important dans la profession ». Le choix du thème IA–durabilité–talents n'est pas anodin : il répond aux mutations de l'économie mondiale mais aussi aux orientations du nouveau modèle de développement du Maroc, où l'expert-comptable est perçu comme un acteur clé de la transformation.

Un dispositif pensé pour la montée en puissance des compétences

Le programme du congrès reflète cette ambition. Quatre plénières structurent les débats : une session institutionnelle, suivie de panels dédiés à l'intelligence artificielle, à la durabilité et aux talents. Des ateliers thématiques approfondissent les enjeux opérationnels : exploitation des données, audit augmenté, gestion des risques cyber, évaluation ESG, nouveaux outils numériques.

Innovation marquante de cette édition, l'OEC introduit également des masterclasses, véritables formations ciblées destinées aux experts-comptables souhaitant accélérer leur montée en compétence. Elles couvrent notamment l'IA, l'ESG et les nouvelles compétences du métier, dans une logique d'apprentissage pratique et de mise à niveau continue.

Un moment charnière pour la profession

À travers ce congrès placé sous le Haut Patronage Royal, la profession des experts-comptables prend position dans un Maroc qui ambitionne de devenir un hub régional de l'IA et de l'innovation. Comme l'a rappelé la ministre de la Transition numérique, le Royaume multiplie les initiatives : hubs digitaux, programmes en IA et data science, Assises de l'IA, création d'une Direction générale de l'IA, partenariats académiques et lancement d'un hub digital arabo-africain.

L'enjeu dépasse largement la technique comptable. Il s'agit de préparer un écosystème économique – entreprises, institutions, talents – à évoluer dans un monde où l'automatisation accélère, où la donnée devient le premier capital, et où la durabilité conditionne les marchés de demain.


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