Les professionnels du tourisme dans la région commencent à nourrir un certain espoir après la tenue de la réunion de Midelt mercredi dernier.en présence du wali et des gouverneurs de la région, du représentant de la FNT (Fédération nationale du tourisme), des professionnels de la région et de plusieurs participants. Alors que le CRT manque de légitimité parce que les mandats du président et du bureau sont arrivés à terme, certaines voix s'élevaient déjà pour se demander si on allait encore une nouvelle fois rater l'occasion de faire élire un bureau représentatif et un président de consensus qui puisse insuffler une nouvelle dynamique à cette institution. Le dernier souvenir de Midelt n'était pas très rassurant. En effet c'est dans cette belle ville de l'Atlas, hissé depuis en province, que l'actuel président a été «désigné» faisant fi des règles élémentaires de démocratie et de respect des choix des professionnels. Cette fois-ci les choix ont le mérite d'être clairs, exprimés ouvertement et basés sur une réflexion en profondeur afin de refaire démarrer cette institution sur de nouvelles bases. Premier principe avancé par le wali de la région, repris d'ailleurs par le directeur du CRI et le délégué du tourisme, une institution représentative de tout le territoire de la région, soit la préfecture de Meknès et les cinq autres provinces (Errachidia, Khénifra, Ifrane, Midelt et El Hajeb.Pour y parvenir, le CRT sera élu sur la base des membres du CPT (Conseil préfectoral du tourisme) de chaque province. Deuxième principe déclaré, ce sont les professionnels qui auront à élire leur président, loin de toute influence et de toute intervention des autorités, une déclaration de principe saluée par tous les participants à cette rencontre. «La feuille de route est prête, le PDRT (Plan de développement régional du tourisme) a atteint sa phase finale, il faudrait donc un CRT légitime, dynamique et motivé pour le mettre en œuvre » a déclaré M.Mohamed Fouzi, wali de la région Meknès-Tafilalet. L'objectif principal que s'est assigné le Conseil Régional du Tourisme (CRT), depuis sa création, est de donner une visibilité à une région qui malgré ses atouts indéniables reste relativement méconnue et donc difficilement commercialisable. Force est de constater que cet objectif s'éloigne de plus en plus faute d'un leader capable de fédérer toutes les synergies pour le bien de la région. En l'absence d'un CRT fort et influent, c'est un autre organisme, en l'occurrence le Centre Régional d'Investissement (CRI) qui a pris en main le secteur. On lui doit une mobilisation autour de l'étude qui devrait déboucher sur la réalisation d'un PDRT pour la région. La visée stratégique de cette étude, selon le bureau d'étude à qui on a confié cette mission, est de confirmer Meknès-Tafilalet comme une destination homogène reposant sur trois pôles touristiques forts et complémentaires à savoir Meknès et ses environs (à dominante culturelle) autour de la cité impériale, le Moyen Atlas (à dominante tourisme de montagne) et le Tafilalet pour le désert et les oasis, et surtout à promouvoir un développement touristique durable et profitable à l'ensemble de la région, ses habitants tout en préservant ses ressources naturelles. Pour la mise en œuvre de ce repositionnement stratégique du produit touristique de la région, un CRT fort, visionnaire et solidaire entre toutes les provinces de la région est plus que nécessaire. La restructuration du CRT, dotée désormais d'un siège permanent et d'une structure administrative stable a été perçu comme un indice fort du réveil de cette institution mais à chaque élection, les interférences extérieures à la profession, ont saboté les choix démocratiquement exprimés pour « désigner » des personnes qui ne représentent qu'eux-mêmes. Résultat, un CRT divisé, des présidents en panne d'idées et incapables de prendre des initiatives et donc une institution paralysée par ses propres contradictions. Le hic, c'est que le CRT ne manque pas de compétences et de professionnels de qualité qui ont fait leurs preuves d'abord dans leurs établissements et ensuite dans d'autres domaines de la vie sociale mais l'institution vit une crise de leadership. L'implication du wali, des gouverneurs de la région et de certains professionnels ne peut donc qu'être salutaire. La réunion de Midelt est d'ailleurs perçue par les professionnels comme celle de la dernière chance afin de sauver un secteur prometteur dans le région. En effet, les potentialités et la vocation touristique de la région Meknès-Tafilalet constituent sans conteste, l'un des principaux vecteurs à privilégier dans tout projet de développement économique de cette belle région. La démarche à poursuivre en la matière consisterait dans un premier temps à aplanir les difficultés qui ont, jusqu'à maintenant entravé le développement de ce secteur et inhibé les retombées bénéfiques qui en seraient escomptés aussi bien au niveau de la génération des richesses qu'au niveau de la création de nouveaux emplois. Les professionnels sont clairs. La stratégie et les orientations générales nécessaires à la mise à niveau de notre produit touristique et par conséquent de la mise en valeur des potentialités énormes de notre région devraient reposer sur des actions prioritaires dont le principal objectif est d'ériger la région en pole touristique spécifique par rapport aux pôles avoisinants. Cela n'est possible qu'avec un assainissement du secteur, et la pierre angulaire de tout changement est l'élection d'institutions (CPT, CRT) représentatives, ayant un projet, une vision et capables de créer des synergies autour d'idées claires et réalisables. Maintenant que cet objectif semble à portée de main, les manipulateurs et les Cassandre vont-ils se démettre ? L'espoir est permis…