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L'OBSERVATEUR : Hatim, lemfechech
Publié dans L'opinion le 11 - 08 - 2011

LALLA Fatma ne pouvait pas laisser passer l'incident
de la télévision sans réagir et mettre
les choses au point. Elle ne tolérait pas le
fait de voir Hatim frapper sa soeur aînée Zoubida
à laquelle on doit respect, selon la tradition et les
règles de la bonne éducation.
Elle a attendu le retour de Hatim qui est allé
voir un match dans un café, mais en vain. Hatim a
tardé et n'est rentré à la maison qu'après 1 heure
du matin. En lui ouvrant la porte, Lalla Fatma lui
dit : « Aâla slamtek amoulay ! Loukane ghir bkiti
hatta lefjar ».
Hatim ne répond pas, il était dans un état second
avec des yeux hagards et il marchait à peine.
Lalla Fatma, stupéfaite, croyait qu'il était ivre.
Elle s'est approchée de lui pour voir qu'il n'avait
pas bu du vin. Mais son haleine la rassure.
« De quoi s'agit-il ? », se demande-t-elle.
Hatim s'est endormi sans changer ses vêtements.
Lalla Fatma l'observait, il était dans une
sorte de coma.
Le lendemain, Lalla Fatma se réveille de bonne
heure pour discuter avec Hatim avant de partir
au lycée et pourquoi pas lui donner une de ces
raclées dont il se souvient parfaitement. Hatim,
sachant ce qui l'attend, fait semblant d'être fatigué.
Une astuce qui lui a permis d'éviter à maintes
reprises les coups de « Lemdamma » de sa mère,
voire des « krissate » et des « aâdidate ».
Mais comme il était le cadet ou « Akhir el ounqoud
», comme on dit, il était « mfechech ». Sa
mère l'adorait et le privilégiait sur plusieurs plans.
D'ailleurs, quand il lui demandait de l'argent, elle
n'était pas exigeante de savoir ce qu'il va faire
avec.
Mais ce qui intrigue Lalla Fatma, c'est que ces
derniers temps, les demandes d'argent de Hatim
se multiplièrent et il ne s'agit plus d'un dirham ou
deux pour acheter des bonbons, des biscuits, du
chocolat ou « Laâb oukoul » et parfois des billes,
mais de grandes sommes qui atteignaient les 50
dh et parfois 100 dh.
Hatim savait comment « yakoul el mokh » de sa
mère, cette femme autoritaire qui se sent désarmée
devant les desiderata de Hatim.
En se réveillant, Hatim avait retrouvé ses forces
mais continuait à faire semblant d'être malade.
Lalla Fatma lui demande avec insistance : « Tu
dois me répondre pourquoi tu as frappé Zoubida et
qu'est-ce qui t'est arrivé hier soir ? » Hatim répond
sur un ton qui touche les points sensibles de Lalla
Fatma : « Hier, mon club préféré a perdu et j'étais
triste, incapable de parler à quiconque ».
« Et Zoubida ? », demande Lalla Fatma. Hatim
répond : « Elle m'a énervé ».
« La prochaine fois, dit Lalla Fatma, si tu
manques de respect à l'égard de ta soeur, tu auras
une « tahmila » et je ne plaisante pas ! »
Lalla Fatma reste pourtant intriguée et inquiète
de l'état de santé de son fils.


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