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J.J. Rousseau, Najib Mahfoud, Vaclav Havel :
Le sens moral de l'engagement en faveur de la cité
Publié dans L'opinion le 19 - 01 - 2012

La célébration du tricentenaire de J.J. Rousseau tout au long de l'an 2012 constitue, comme je l'avais relaté à l'occasion d'une précédente chronique, un événement hautement significatif. A l'échelle du monde arabe cette célébration dépasse de loin l'aspect commémoratif et se hisse au niveau de l'illustration grandiose dont les peuples arabes ont fait preuve dans leur combat pour la liberté qu'ils continuent de mener avec courage et détermination.
Cette même année coïncide aussi avec la célébration du centenaire du grand écrivain et romancier égyptien Najib Mahfoud. L'apport et le talent incontestable de cet écrivain de génie ont porté la littérature et le roman arabes à l'universalité consacrée par la plus haute récompense littéraire, à savoir le prix Nobel de littérature.
Est-ce le fait du hasard ou bien est ce de l'ordre du mystère spirituel que la récente disparition d'un autre grand écrivain coïncide avec ces deux événements qui marqueront l'actualité culturelle et la célébration dédiée à la pensée et à la littérature tout au long de l'année en cours ? En effet, le monde de la création s'est endeuillé récemment par la disparition de Vaclav Havel l'une des grandes figures emblématiques de l'ex Tchécoslovaquie. Homme de lettres et grand dramaturge, Vaclav Havel avait symbolisé jusqu'au sacrifice le combat pour la liberté et incarné l'image de l'intellectuel engagé.
Dès lors que l'histoire se déroule à l'échelle du monde arabe à une cadence balayant sur son passage les despotismes de tout genre et ouvrant un nouvel horizon auquel l'ensemble des peuples aspirent, ces trois figures emblématiques de la pensée et de la création engagées nous interpellent à plusieurs titres.
Leurs vies aussi bien que leurs œuvres respectives témoignent du combat qu'ils ont mené avec grande conviction et détermination sans faille afin que l'idéal de la liberté triomphe et que le règne de la justice soit établi. Intellectuels de premier rang, ils ont mis, chacun à sa manière, leurs œuvres au cœur des préoccupations de la cité et au service de l'humain dans sa lutte pour l'affranchissement de toutes les formes de la servitude et de l'aliénation.
Les sacrifices qu'ils ont consentis au risque de leur vie n'ont fait que renforcer leur conviction profonde quant à l'impossibilité d'accéder à l'épanouissement de l'humain sous le joug de la tyrannie et l'emprise aveugle de l'intolérance.
Rappelons à ce titre l'itinéraire solitaire de J.J.Rousseau et le cortège de souffrance qu'il avait confronté avec courage et dignité. Rappelons aussi les sentences d'apostasie qui n'ont en aucun moment eu raison de l'extrême courage de Najib Mahfoud contre lequel la main criminelle s'est portée à la fin de sa vie l'évitant de justesse, et ce sans respect aucun ni pour son âge avancé ni pour son génie célébré mondialement.
Souvenons nous aussi et avec grande émotion du combat inlassable qu'avait mené Vaclav Havel contre le totalitarisme ayant érigé la négation de la liberté et l'aliénation de la volonté populaire en règles avilissantes du gouvernement.
Cet écrivain incontestable et dramaturge de talent, même en ayant accédé à la plus haute magistrature en tant que président de l'ex Tchécoslovaquie est resté fidele à ses convictions qui ont fait jadis sa grande notoriété de penseur engagé et de militant intransigeant.
En somme autant Rousseau avait fait l'apologie de la souveraineté populaire et le mode de gouvernement démocratique, l'engagement de Najib Mahfoud et de Vaclav Havel pour la cause de la liberté de conscience et l'exercice moral du pouvoir aussi bien que leur dévouement en faveur de la nation furent profondément partagés par ces deux écrivains engagés.
Ces grands hommes ont donné l'exemple et tracé la voie sublime permettant à l'intellectuel d'épouser la cause de la cité et d'exprimer l'esprit de son temps. Certes on ne peut évoquer le rôle de l'intellectuel et son rapport au politique sur lequel se fonde la cité humaine sans garder en mémoire les illustres penseurs des différentes époques ayant rêvé de l'avènement de la cité vertueuses et l'établissement des lois justes.
En effet depuis Platon et même bien avant l'avènement de la pensée grecque antique, et depuis l'âge d'or de la pensée arabo-islamique classique et l'émergence des conceptions médiévales relatives à l'organisation de la cité humaine jusqu'aux temps modernes, la question du bien vivre ensemble ne fut guère une simple préoccupation intellectuelle ni une compilation de vagues pensées émanant d'esprits oisifs. A l'opposé d'une telle supposition ignorante la fondation de la cité humaine et la consécration du bien vivre en commun furent de tout temps le pivot autour duquel la constellation de l'esprit humain avait gravité et brillé.
Vaclav Havel ce fabuleux rêveur qui vient de tirer sa révérence en toute discrétion, n'a cessé au cours de sa vie de rappeler que l'action politique qui s'égare de la morale et sombre dans le mensonge porte atteinte à ce qui fonde le propre de l'homme et fait honteusement reculer les lumières de la vérité.
Tout en évoquant l'exemple de ces trois écrivains de génie, rappelons qu'en ce mois de Janvier, le Maroc célèbre l'anniversaire du Manifeste de l'indépendance. Cette célébration nous fait rappeler le souvenir de ces intellectuels et hommes et femme engagés ayant posé leur sceau afin que l'ère de la liberté triomphe pour toujours. En souvenir de la mémoire de ceux parmi eux qui nous ont quitté et par fidélité à l'esprit de leurs compagnons encore vivants, rappelons que la meilleur des causes est celle qui se soucie du devenir de la patrie et que le plus bel engagement et celui qui œuvre pour l'émancipation du peuple.
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(*) Rédacteur en chef de la revue philosophique: «Al Azmina Al Hadita»


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