La route tue ! C'est connu. Le Maroc, sur ce chapitre, occupe une place peu enviable. Le taux d'accidents de la circulation y est très élevé. Celui surtout des accidents meurtriers par rapport aux véhicules en circulation est exorbitant. Cette situation catastrophique à plus d'un titre ne cesse de donner du fil à retordre aux différentes instances qui restent hébétées de voir leur peine perdue en dépit de la multiplication des efforts pour contrecarrer le fléau et en diminuer les séquelles. Un code de la route, revisité de fond en comble, devait en principe limiter l'hémorragie, rien n'y fait … et on incrimine en premier lieu le comportement des usagers de la route, piétons compris…la propension de la chauffardise ne tend guère à baisser, celle du manque d'éducation demeure incorrigible. Cependant, la sensibilisation aux dangers de la circulation routière mobilise de plus en plus. Outre la très officielle commission de prévention contre les accidents de la circulation qui focalise sur nombre de vecteurs dont le non-respect du code de la route, l'état mécanique des véhicules … et diffuse, bien que sporadiquement, des spots et des brochures, une partie de la société civile se donne pour objectif de contribuer à l'effort d'éradiquer les hécatombes que sont chez-nous les conséquences des télescopages, entre autres types d'accidents qui ne pardonnent pas. Il s'agit des ECM, ces Ecoles de Conduites Marocaines qui se sont affublées également de la Sécurité Routière dans leur dénomination pour signifier qu'elles incorporent ce souci majeur dans les programmes qu'elles dispensent. Il s'agit aussi des Associations Marocaines d'Education Routière (AMER), dont le financement et la logistique sont assurées justement par les ECM. La visite guidée effectuée dernièrement à l'Institut Royal de Police de Kénitra, organisée par l'ECM et l'AMER de la même ville au profit d'enfants, âgé de 12 ans, des maisons de bienfaisance Dar Lakbira et d'élèves du lycée privé Don Bosco, s'inscrit dans cet objectif assigné de sensibilisation. En effet, les organisateurs ont pensé, à juste titre, que les préposés à la sécurité, toutes branches confondues, sont les mieux placés pour prodiguer les conseils judicieux en matière de sécurité routière. D'autant plus que les enfants sont à même de faire preuve de beaucoup de réceptivité quand les conseils émanent de professionnels, dans un cadre solennel bien approprié. Retraçant pour L'Opinion les détails d'une journée riche en enseignements, M. Khalid Shimi, vice-président du Réseau des ECM, citoyen habité par la problématique de la sécurité routière et animé par un esprit d'initiative indéniable, a focalisé sur l'accueil qui leur a été réservé par les responsables de l'Institut Royal de Police de Kénitra et à leur tête le Directeur M. Ali Amhaweche. Celui-ci a donné un aperçu sur les missions du célèbre institut, procédant en personne, pour le bonheur des enfants et des encadrants, aux explications accompagnant la visite guidée. Par ailleurs, MM. Ahmed Hamdach et Abdelhamid El Haddad, respectivement président du réseau des ECM et président de l'AMER Kénitra, ont chacun dans son domaine particulier, versant naturellement dans la sécurité routière, fait un exposé résumant activités et objectifs.