Deux semaines après la publication de son « droit de réponse », la société de ventes aux enchères nous en envoie un second. Suivi, bien entendu de la réaction qui s'impose. Le journal L'Opinion a publié dans sa livraison du 11 mai notre droit de réponse à votre article du 20 avril 2012. Le journaliste « culturel» en a profité pour occulter la partie centrale de notre texte, celle qui dévoile justement des collusions scandaleuses avec les commanditaires de l'opération menée contre notre société. Il a par ailleurs réaffirmé, contre toute évidence, que nous avions reconnu avoir délibérément présenté 27 faux tableaux à notre vente du 7 avril 2012. Nous n'avons pas l'intention de développer plus avant avec L'Opinion (un journal que nous respectons) une polémique stérile, mais après le sort malhonnête réservé à notre premier démenti, nous souhaitons simplement réaffirmer, en vous priant de bien vouloir publier notre mise au point: 1- Que nous réfutons et démentons de la façon la plus formelle le chiffre de 27 tableaux «faux» à notre vente d'avril. Nous avons bien expliqué, et le texte de notre droit de réponse est clair à ce sujet, que huit tableaux ont été retirés de la vente, dont cinq pour être soumis à l'artiste, qui ne les avait pas encore examinés physiquement. Il reste donc trois tableaux! Notre vigilance a été prise en défaut pour ces œuvres, certes, mais aucune n'a été présentée ni vendue, et notre bonne foi, absolument totale, a été reconnue, y compris par notre détracteur. Dont acte. 2- Que les œuvres de Abou Ali, qui ont déclenché toute cette opération de déstabilisation, sont absolument authentiques, et proviennent de source sûre. Il n'en est pas de même de certaines, accrochées sur les cimaises de Rabat ou de Casablanca, et proposées à des prix gonflés de façon déraisonnable. Il serait à cet égard intéressant à plus d'un titre de suivre tout le parcours de certaines successions de peintres décédés et, puisqu'on s'apitoie sur leur sort, de se soucier de l'état de misère dans lequel croupissent certains héritiers. Voilà un vrai sujet « culturel» et une noble cause à défendre. 3- L'évocation des « experts» démontre de la part du journaliste une profonde méconnaissance du problème. Que le sieur Raïs nous donne quelques adresses de bons experts qui ne soient pas contestés, et nous lui en serions reconnaissants. Il ignore (ou feint d'ignorer ?) que des dizaines de contestations sont nées autour d'œuvres dûment «expertisées» et « certifiés », que des affaires traînent devant la justice, que le mélange des genres tient le haut du pavé. Pendant ce temps, l'inculte se pique d'Art, à l'instar de Monsieur Jourdain ... Il y en a même qui, bien qu'en délicatesse avec la langue de Molière, se mettent hardiment à rédiger des monographies d'artistes... Juste pour instaurer un monopole, et jamais pour faire avancer la cause de l'art ou des artistes. 4· Nous nous mettons résolument du côté de tous ceux qu'évoque M. Raïs, et qui veulent lutter contre ce qu'il appelle « cette vague noire» qui touche le secteur. En six années d'existence, nous n'avons jamais eu de conflit avec notre clientèle, essayant en permanence de préserver une réputation et un ancrage culturel que l'environnement nous a toujours reconnus. Nous n'avons jamais cherché ni ostentation ni gloires futiles, respectant les démarches de nos concurrents, et nous contentant du créneau combien exigeant des Arts Traditionnels du Maroc. Nous continuerons à creuser ce sillon, car il nous semble porteur d'avenir. 5- La « bulle spéculative» commence à se dégonfler, et les cotes déraisonnables s'effondrent d'ores et déjà. Le moment nous semble donc opportun, sans en tirer aucune vanité, de rappeler que nous avions mis largement en garde contre cette situation prévisible, et ce dès 2006. Que ceux que cela intéresse se reportent à nos analyses du marché de l'art, parues à cette époque sur notre site http://www.marocantics.com. Nous évoquions déjà alors la problématique de l'expertise. Les termes n'ont pas changé depuis. Au lieu de jeter l'anathème, ou de servir des opérations douteuses, que l'on prenne donc l'initiative de demander à l'autorité de tutelle, le Ministère de la Culture, d'être l'initiateur de tables rondes réunissant les représentants du secteur, et où seraient débattus les problèmes et les blocages, et peut-être esquissées des solutions fécondes pour l'avenir. Il y aurait là de quoi noircir quelques bonnes et utiles pages, pour tout journaliste vraiment sérieux, et soucieux de relever le niveau de ses lecteurs. C'est tout le mal que nous souhaitons à L'Opinion et à M. Khalil Raïs.